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Reconstruire le Parti Révolutionnaire Pour la classe ouvrière et les salariés A l'heure où le débat s'engage sur l'avenir du Parti Communiste Français, il me paraît important de revenir sur quelques concepts et pratiques fondamentaux qui définissent le point de vue communiste révolutionnaire. Premier principe, le marxisme n'est pas une épistémologie ou une gnoséologie " révolutionnaires " des sciences humaines et sociales : Autrement dit : - Le marxisme n'est pas un sociologisme, - Le marxisme n'est pas un psychologisme, - Le marxisme n'est pas un économisme, Les sciences économiques et sociales sont utilisées par Marx pour développer son projet de critique des sciences politiques qui ne sont elles mêmes que la manifestation à un moment donné de l'Histoire. Elles en sont le principal sous - continent. Pour Marx il n'existe pas de Sciences Economiques, mais une Economie Politique. Le seul continent scientifique que Marx reconnaisse c'est l'Histoire, qui n'est elle-même que le développé de la lutte séculaire des classes sociales. La lutte des classes, comme lutte politique, est le moteur de l'Histoire, mais " les classes sociales " n'en sont que le résultat, et non le " Sujet ", c'est pourquoi quand on traite de la lutte des classes d'un point de vue marxiste, ne commence -t'on jamais par définir (i.e. : assujettir en délimitant) les classes sociales (ce que fait tout point de vue sociologique), mais toujours par poser et s'intéresser aux mécanismes qui projettent les individus d'un côté ou de l'autre de la barricade historique. De même en est-il de la psychologie, qui en construisant une théorie du sujet, fait de l'individu comme genre, le point de départ de l'activité humaine, en oubliant que l'activité elle-même détermine tout autant la nature de sujet qu'elle produit. Karl Marx ou " ce n'est pas à moi…. " - Ce n'est pas à moi que revient la découverte des classes sociales et leurs luttes, mais à des historiens et des sociologues tel Alexis de Tocqville, Augustin Thierry etc. - Ce n'est pas à moi que revient le fait d'avoir découvert le matérialisme dialectique, celui-ci a été découvert en même temps que moi par un philosophe ouvrier Joseph Dietzgen, dans son " Essence du travail Intellectuel ". ( Joseph Dietzgen :" L'essence du travail Intellectuel "- présenté par Jean Pierre Osier coll. : Théorie - Maspéro dirigée par L. Althusser, 1973) - Ce n'est pas à moi que revient la découverte de la théorie de la plus-value, celle-ci a été découverte par un autre économiste Thomas Hodgskin dans son ouvrage " La Défense du travail ". (Thomas Hodgskin : " Une critique prolétarienne de l'économie politique "- Présenté par jean Pierre Osier Coll. : Théorie-Maspéro dirigée par L. Althusser, 1976) Qu'est-ce que le marxisme ? : " En ce qui me concerne, ce n'est pas à moi que revient le mérite d'avoir découvert ni l'existence des classes dans la société moderne, ni leur lutte entre elles. Longtemps avant moi, des historiens bourgeois avaient décrit le développement historique de cette lutte des classes et des économistes bourgeois en avait exprimé l'anatomie économique. Ce que je fis de nouveau, ce fut : 1 de démonter que l'existence des classes n'est liée qu'à des phases de développement historique déterminé de la production ; 2 que la lutte des classes conduit nécessairement à la dictature du prolétariat ; que cette dictature elle même ne constitue que la transition à l'abolition de toutes les classes et à une société sans classes. " Karl Marx lettre à Weydemeyer de 1852. Et si on n'est pas marxiste, il n'y a aucune chance que l'on puisse devenir communiste ! : " L'essentiel dans la doctrine de Marx, c'est la lutte des classes. C'est ce qu'on dit et c'est ce que l'on écrit très souvent, mais c'est inexact. Et de cette inexactitude, résultent couramment des déformations opportunistes du marxisme, des falsifications tendant à le rendre acceptable pour la bourgeoisie. Car la doctrine de la lutte des classes a été crée non par Marx, mais par la bourgeoisie avant Marx ; et elle est d'une façon générale, acceptable pour la bourgeoisie, quiconque reconnaît uniquement la lutte des classes n'est pas pour autant un marxiste ; il peut se faire qu'il ne sorte pas encore du cadre de la pensée bourgeoise. Limiter le marxisme à la doctrine de la lutte des classes, c'est le tronquer, le déformer, le réduire à ce qui est acceptable pour la bourgeoisie. Celui-là seul est un marxiste qui étend la reconnaissance de la lutte des classes jusqu'à la reconnaissance de la dictature du prolétariat. " Lénine " L'Etat et la Révolution " p 51, Editions Sociales 1972 Qu'est-ce que la " Dictature du Prolétariat " ? " L'opportunisme contemporain, en la personne de son principal représentant l'ex-marxiste K. Kautsky. (et ses épigones modernes : les Sève, Martelli, Buffet, Hue et autres Braouezec ou Gayssot etc., tous les thuriféraires du 22ième congrès !) … répond entièrement à la caractéristique, donné par Marx, de l'attitude bourgeoise, car il circonscrit le cadre de la lutte des classes, à la sphère des rapports bourgeois. (Il n'est pas un seul libéral instruit qui, dans ses limites, ne consente à admettre " en principe " la lutte des classes !) L'opportunisme n'étend pas la reconnaissance jusqu'à ce qui est précisément l'essentiel, jusqu'à la période de transition du capitalisme au communisme, jusqu'à la période de renversement et de suppression complète de la bourgeoisie. En réalité, cette période est nécessairement marquée par une lutte des classes d'un acharnement sans précédent, revêtant des formes d'une extrême acuité. L'Etat de cette période -là doit donc être démocratique d'une manière nouvelle (pour les prolétaires et les non - possédants en général) et dictatorial d'une manière nouvelle (contre la bourgeoisie). Poursuivons. Ceux-là seuls ont assimilé l'essence de la doctrine de Marx sur l'Etat, qui ont compris que la dictature d'une classe est nécessaire non seulement pour toute société de classes en général, non seulement pour le prolétariat qui aura renversé la bourgeoisie, mais encore pour toute la période historique qui sépare le capitalisme de la société " sans classes "le communisme. Les formes d'Etats bourgeois sont extrêmement variées, mais leur essence est une : en dernière analyse, tous ces Etats sont, d'une manière ou d'une autre, mais nécessairement, une dictature de la bourgeoisie. Le passage du capitalisme au communisme ne peut évidemment manquer de fournir une grande abondance et une large diversité de formes politiques, mais leur essence est une : la dictature du prolétariat. " Lénine " L'Etat et la Révolution " p 52 et 53. Ce qui nous conduit à affirmer en pleine acceptation du léninisme que : 1- L'Etat de transition du capitalisme au communisme, c'est le socialisme. 2- Pas de communisme, sans transition. 3- Pas de transition, sans dictature du prolétariat. 4- Une dictature car la transition s'opère au moyen d'un Etat 5- mais s'il y a " Etat ", il y a classes et luttes de classes. 6- Il y a donc forcement au minimum 2 classes : une dominante et une dominée.(la question de savoir s'il en existe plus, par exemple la classe foncière ou autre, n'a jamais été clairement tranché par Marx). Problème : - Quelle est la classe dominante et qu'elle est la dominée ? - La bourgeoisie ou la classe ouvrière ? Sachant que la doctrine marxiste affirme d'autre part clairement : 1- Que c'est dans l'économique que naît et croit la domination politique. 2- Qu'il ne peut y avoir de société sans classes, tant qu'existe l'Etat. 3- Que les activités développées par les agents de l'Etat : - Armée, justice, police, enseignement, santé, fonction publique etc. ne sont pas productives au sens strict du marxisme et donc qu'objectivement ces agents font partis de la bourgeoisie ( de la petite voir moyenne bourgeoisie, mais de la bourgeoisie quand même). De la D.D.P à La H.C.O Constatation, cela revient à reconnaître que : Dictature Du Prolétariat (i.e. : dictature des non-propriétaires) ne veut pas dire : Hégémonie De la Classe Ouvrière (i.e. : domination des productifs, nous préférons parler d'Hégémonie, car une Dictature implique toujours le recours à des structures étatiques) C.Q.F.D. C'est pourquoi prétendre que le prolétariat exerce sa dictature au moyen de L'appareil d'Etat, ne veut pas dire que c'est la classe ouvrière qui l'exerce. C'est là que gît la faiblesse congénitale de la doctrine communiste, telle que nous l'ont laissée Marx et Lénine. En effet, Lénine souligne fort justement (dans le texte ci-dessus) que la dictature du prolétariat est : " une démocratie nouvelle pour les prolétaires et les non-possédants ". Autrement dit, que les propriétaires, les possédants, ayant été dépossédés, il y a donc bien fin des capitalistes, par conséquent dominations des prolétaires (les non possédants), il y a donc bien : Dictature du Prolétariat, processus majoritaire au moyen d'un Etat qui représente leur intérêt commun, le " peuple " est propriétaire des moyens de production par " nationalisations " à travers son Etat, qui joue le rôle d'employeur et assume la fonction de " capitaliste privé exproprié ". Il affirme aussi que le prolétariat exerce un pouvoir : " dictatorial d'une manière nouvelle contre la bourgeoisie " : Ce qui revient fort justement à reconnaître que sous la phase de transition, qui n'est rien d'autre que le socialisme, il y a donc maintien de la bourgeoisie. Ce que ne voit pas Lénine, c'est que la bourgeoisie si elle est présente dans la société civile contre qui sa thèse est développée, l'est également et congénitalement (par essence) dans l'appareil d'Etat, tant que celui-ci perdure. Dès lors la dictature du prolétariat (la forme d'exercice du pouvoir étatique par les non -propriétaires) peut devenir un frein à la " dictature " de la classe ouvrière (les productifs). En faisant stagner la phase de transition, sous sa forme de domination étatique, car pour que les improductifs non naturels (naturels - i.e : femmes, enfants, scolarisés, vieillards, malades, etc.) disparaissent, il faut que se généralise le statut de membre de la classe ouvrière, c'est à dire que tous les actifs deviennent productifs. C'est seulement à cette condition, fin de l'Etat et fin de la bourgeoisie, que le communisme comme stade supérieur mondial achevé peut être instauré. Pour en finir avec la bourgeoisie, Il faut donc universaliser la fonction d'actif productif, ou exprimé en langage marxiste, de membre de la classe ouvrière. Mais pour que la dimension d'actif productif ne soit pas réduite au seul statut ( métier) d'ouvrier (ce que fait l'I.N.S.E.E quand elle nous parle des ouvriers dans ses statistiques et quand des sociologues construisent le concept de " classe ouvrière " en partant de ces statistiques, ce qui revient à confondre " mathesis " du classement et mécanismes de l'exploitation). Il faut procéder à un bouleversement complet du procès de production et en son sein de procès de travail. Pour cela il faut cesser d'accorder une toute puissance idéaliste aux forces productives, et rétablir le lien qu'elles entretiennent avec les rapports de production et l'Histoire, histoire des technologies, histoire des sciences, histoire de la Division du Travail, histoire des classes sociales. Et par exemple pour ne parler que du statut de la science et ce qui fait le plus débat entre nous, sa naturalisation, qui a pour objectif d'en neutraliser les enjeux politiques ; Ce n'est pas parce que Lyssenko cette sombre crapule, a obligé toute une génération de chercheurs soviétiques, à le suivre dans ses délires, qu'il est faux d'affirmer qu'il n'existe pas un rapport prolétarien (il faudrait dire " ouvriériste ", c'est à dire d'actif productif, plus exactement d'Homo-faber, d' Homo- scientificus, c'est-à-dire de produit de la division du travail) aux sciences, à leurs utilisations, leurs finalités sociales, ainsi qu'à leur mode de constitution, de diffusion, d'appropriation par le plus grand nombre. Dans ce cadre, il nous parait plus qu'urgent de rappeler qu'il n'y a crise de l'acquisition des connaissances que parce qu'il y a transfert à une forme institutionnelle étatique " L'Ecole Républicaine et Laïque " d'une mission éducative qui dans le cadre de la lutte des classes ne relève pas de ses fonctions. Les valeurs, les " croyances ", les identifications à un devenir social possible autre, que celui du capitalisme, relèvent d'abord et avant tout de L'éducation populaire révolutionnaire. C'est au parti communiste de mener ce combat et pas aux instituteurs et autres enseignants. Ces derniers ne peuvent atteindre à un modèle de " sujet " sociétal, que comme vecteur de l'état de chose existant, que comme sujet " conforme " réussissant son " intégration ", (et pour tout enseignant la meilleure conformité intégrative n'est-elle pas de se dupliquer lui-même, la meilleure réussite d'un enseignant n'est-elle pas de produire d'autres enseignants). Le défaussement de la direction réformiste dans ses tâches éducatives révolutionnaires par la " dégénérescence " de ses organisations de jeunesses (Pionniers, J.C., U.E.C etc., même si ces deux dernières organisations semble aujourd'hui réagir, sans soutien d'ailleurs de la direction nationale) alors même que la bourgeoisie n'a jamais été aussi présente au sein du scoutisme, pour fixer à sa jeunesse un sens existentiel, traduit de la part de cette même direction, l'abandon total des tâches collectivistes au républicanisme laïc, bourgeois, dont la visée progressiste ultime ne peut atteindre qu'à la formation d'une conscience individuelle petite bourgeoise. La conscience collective, miroir du travailleur collectif, ne peut être produite que par un parti communiste révolutionnairement régénéré. C'est la tâche que l'aile Gauche doit mener. P. Martin -
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