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La crise idéologique en URSS et ses effets sur la dérive réformiste du P.C.F Toute société porte en elle une culture ou idéologie dominante, liée aux rapports de productions existants. Sous régime capitaliste, l'idéologie dominante est l'idéologie bourgeoise liée au système de production capitaliste ; sous le régime soviétique développé après la grande révolution ouvrière de 1917est apparu une nouvelle idéologie, celle du socialisme d'état, liée à la production centralisée. La conséquence en fut l'apparition d'une nouvelle bourgeoisie, au caractère bureaucratique. Les animateurs du site UnitéCommuniste se sont donnés pour tâche d’aider à l’analayse des causes théoriques et pratiques de son développement. Nous avons souhaité illustrer et étudier un exemple symptomatique de cette idéologie soviétique au travers d’un ouvrage de vulgarisation des éditions de Moscou. “Le Mode de Production Socialiste " : Extrait de l'ouvrage de Lev Leontiev " Précis d'Economie Politique " édition de Moscou 1972. Chapitre X, p166 et suivantes du précis : “ Propriété sociale des moyens de production. Caractère du travail en régime Communiste Suprématie de la propriété socialiste : A chaque mode de production correspond une forme déterminée de propriété des moyens de production. Dans le régime socialiste domine sans partage la propriété sociale des moyens de production La propriété sociale des moyens de production peut-être réalisée par deux voies différentes : Premièrement, L'Etat socialiste procède à l'expropriation des expropriateurs, déjà prévue par les fondateurs du communisme scientifique. Il enlève, le sol aux propriétaires terriens, les fabriques, les usines, les chemins de fer, les banques aux capitalistes, pour en faire le bien du peuple entier. Deuxièmement, grâce à la fusion librement consentie des exploitations paysannes, la propriété socialiste des Kolkhozes apparaît au village En conséquence il existe deux formes de propriété sociale : Comme Le montre, l'expérience historique de l'Union Soviétique et des autres pays socialistes, la propriété socialiste des moyens de production peut donc revêtir deux formes : La propriété d'Etat, nationale, et la propriété coopérative et Kolkhozienne. La différence entre ces 2 formes de propriété est avant tout une différence dans le degré de socialisation. - La propriété d'Etat est la propriété du peuple entier en la personne de l'Etat socialiste. - La propriété coopérative et Kolkhozienne est la propriété des collectivités formées par les travailleurs. Dans les entreprises d'Etat, tous les moyens de productions sont socialisés. Tandis que dans les Kolkhozes, si les principaux moyens de productions sont socialisés, une certaines partie de ces moyens (le bétail dans une proportion arrêtée par les statuts du Kolkhoze, l'outillage destiné à la culture de l'enclos de leur maison) restent propriété privée des Kolkhoziens. La propriété d'Etat est la forme supérieure de la propriété socialiste, celle qui joue le rôle dominant dans la construction du socialisme et du communisme. C'est seulement sur la base de la propriété d 'Etat que peut se constituer la propriété coopérative et Kolkhozienne. Ces deux formes de propriété socialiste se développent en étroit rapport.” ______________________________________________ Analyse du texte : 1) Il n'existe que 2 formes de propriété sociale sous régime socialiste : L'Etatisation et les coopératives. N'en déplaise aux dirigeants actuels du P.C.F, il n'y en pas d'autre. A moins qu'ils ne soient partisans de l'actionnariat ouvrier de masse proposés par les trusts capitalistes ? 2) Mais force est de constater que l'étatisation des moyens de production comme mode d'appropriation sociale pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. - L'Etat ? = L'Etat est à tout le " monde ", L'Etat est l'émanation de tout " le monde ", La nature de l'Etat est le calque des relations qui existent entre " tout le monde ". 1) Pour que l'Etat soit à tout le " monde , il faut qu'il soit l'Etat du " peuple tout entier ", c'est ce que dit Staline, c'est ce que dit cet économiste (Lev Leontiev), prouvant ainsi qu'en 1972, la majorité des penseurs russes se servaient encore des concepts économiques staliniens. Problème : Cette thèse est antagoniste à celle de Marx, l'Etat émane des sociétés de classes, avant dans le (communisme primitif) il n'existe pas, après dans le (communisme développé) il doit disparaître ou " s'éteindre ". 2) Pour admettre la thèse d'un Etat comme émanation de tout " le monde " - Il faut soit admettre que cet Etat est la somme des volontés individuelles, thèse de la théorie libérale bourgeoise (et sa justification économique : la macro-économie est la somme des microdécisions économiques), -Soit admettre qu'il est un instrument au service de " tout le monde ", autrement dit, il faut neutraliser l'Etat pour en faire un simple instrument de régulation. Thèse défendue par Jaurès et Kautsky. (En économie par Keynes) Nous sommes des militants magnanimes, nous sommes sûrs que Staline n'est pas un libéral bourgeois. - Alors ? Nous vous laissons chers lecteurs conclure. Conclusion possible: Staline pioche dans l'arsenal social-démocrate son idée d'Etat social bénéfique pour tous, état social appelé à durer puisqu'il s'agit ni plus ni moins que de construire un " mode " de production socialiste. 3)-La nature de l'Etat tiendrait d'un calque des relations qui existe entre " tout le monde ". Autrement dit de la société civile ou prédomine les rapports économiques. Les échanges économiques au sein de la société civile ont pour but de dégager un surproduit appelé rente à l'époque du servage, appelé plus-value à l'époque du capitalisme. Pour que l'appareil d'Etat dégage un surproduit, il faudrait que son fonctionnement soit productif. L'Etat est-il productif ? Nullement, ni les petits fonctionnaires encore moins les hauts fonctionnaires. Au contraire, l'Etat s'accapare une partie du surproduit en échange des services qu'il rend dans la reproduction générale du système. Dès lors peut-il exister un " Etat Ouvrier ", c'est à dire un Etat des productifs ? Non, tant que survit l'Etat, survit un groupe qui est improductif au sens marxiste du terme. Il fait donc partie de la bourgeoisie. Et ce n'est pas en couplant dix mille fois le mot ouvrier avec le mot Etat que la contradiction pourra être résolue. Pas plus sous sa version trotskiste : L'Etat Ouvrier est un Etat bureaucratique parce qu'il a dégénéré ! Comment cela camarade Trotski, il a dégénéré ? Par l'attitude de ses occupants ? Psychologisme Par le gonflement de ses fonctions ? Sociologisme Tout cela est en partie vraie, mais plus fondamentalement camarade Trotski, il a dégénéré parce qu'il existe ! Tout simplement. L'Etat est le produit de la division du travail autant que de la propriété privée, source de la division de la société en classes sociales. Si on ne détruit pas l'Etat, on maintien l'existence des classes sociales, par simple effet mécanique. Conséquence : L'appropriation sociale par Etatisation (voir par nationalisation) masque au révolutionnaire qu'en attribuant à l'Etat une fonction économique qui relevait avant de la société civile, la classe ouvrière au " pouvoir " au moyen de ses dirigeants se rend " aveugle " du fait que toute une partie du fonctionnement de l'Etat continue de n'être pas productif (c'est à dire à engendrer une bourgeoisie) et est donc contraire aux intérêt des travailleurs, ceci au plus haut sommet de l'Etat. C'est pourquoi il ne peut exister d'Etat socialiste ouvrier, encore moins d'Etat communiste, comme le répètent les journalistes, c'est un non sens. Il y a une petite, voir une moyenne, bourgeoisie, salarié par l'Etat " socialiste " qui gère au nom de la classe ouvrière, celle-ci peut être composée d'anciens ouvriers, cela ne change rien au problème. Cette petite bourgeoise peut être composée du groupe dirigeant du parti, avoir une conscience plus ou moins forte, avoir un passé révolutionnaire glorieux. Ni Marx, ni Engels (qui fut carrément un cadre dirigeant d'entreprise), Ni Lénine, Ni Rosa, Ni Trotski, Ni Staline, Ni Mao, Ni Castro n'ont jamais été des ouvriers et surtout et plus que tout, ne sont partis de ce statut pour fonder une représentation communiste de leur libération, ce qui à notre sens pose problème. Comment le mouvement communiste issu de la troisième internationale envisage la résolution des contradictions ? - A l'aide du parti. Le parti tel qu'il vit et tel qu'il est construit, a t'il les moyens de résoudre les contradictions qui le minent ? - Non, car la résolution des contradictions qui mènent au communisme dépend d'abord d'une mise en œuvre économique, même si cette mise en œuvre à été réfléchi au niveau politique. Le parti ne peut être que le lieu de la juste résolution des contradictions au sein du peuple au sens " cognitif " du terme. Mais c'est dans l'entreprise que doit s'appliquer la ligne communiste, qu'elle doit être mise en œuvre. Par quel moyen ? Les salariés doivent agir sur les forces productives et non plus seulement en être les " jouets " passifs ou être réduit comme l'actuel P.C.F le propose, à des acteurs à la marge, ne s'exprimant qu'à travers leur C.E ou leurs syndicats comme force corporatives. Il s'agit donc d'entreprendre une véritable “révolution culturelle”. (Précis d'économie politique de Lev Leontiev) Citons-le : La révolution culturelle : “ La transformation socialiste de la société suppose non seulement la création d'une puissante industrie mécanique et de la grande production socialiste agricole mais encore une profonde révolution dans le domaine culturel. La construction du socialisme exige l'élévation générale du niveau culturel. La grande production socialiste, appliquant les dernières acquisitions scientifiques et techniques, a besoin de cadres qualifiés. L'essor rapide de l'industrie et de l'agriculture, le progrès technique général sont inconcevables sans une puissante impulsion des sciences. Ces conditions indispensables à l'épanouissement économique socialiste sont créées par la révolution culturelle, qui transforme les hommes, forces productives principales de la société. L'accomplissement de la révolution culturelle, l'élévation du niveau d'instruction générale, de culture et de formation technique des masses crée le contexte le plus favorable à la participation active des travailleurs à la direction de la vie sociale. La transformation socialiste de la société à pour résultat de conférer le rôle dominant à l'unique conception scientifique du monde, à l'idéologie la plus avancée, au marxiste-léniniste, l'idéologie marxiste - léniniste ouvre un champ illimité aux conquêtes toujours nouvelles de la science, à la découverte des secret de la nature, à la maîtrise toujours plus marquée de ses forces inépuisables. Le socialisme impulse l'épanouissement de la science et élargie son rôle. Tous les peuples des pays socialistes prennent part au développement de la nouvelle culture, nationale par la forme et socialiste par le contenu. Le socialisme assure aux masses laborieuses la sécurité matérielle, l'élévation constante de leur niveau de vie, la réduction du temps de travail. Grâce à la révolution culturelle, des millions d'hommes qui jadis n'avaient pas accès à l'instruction, contribuent aujourd'hui activement au développement culturel. Tout ceci offre des perspectives inconnues jusqu'alors dans tous les secteurs culturels, à l'épanouissement de la science, de la technique, des arts, à la révélation des talents et des dons. Ainsi le socialisme élimine l'opposition entre le travail manuel et intellectuel, crée les conditions indispensables à leur rapprochement. _________________________________________________ Commentaires : Texte intéressant à plus d'un titre, car il était le corpus théorique du communisme soviétique dans les années 70. Il l'est encore en ce qui concerne la direction actuelle du P.C.F, mais sans sa base logique, à savoir la nationalisation des moyens de production et d'échange, la construction du socialisme. En effet que reste- t'il aujourd'hui, de ce passé dans le corpus idéologique de l’actuel P.C.F? La conception soviétique de la rupture Le " scientisme " productiviste issu de cette 'représentation' de la révolution culturelle. Pour eux : La quantité conduit la qualité. Cette approche stalinienne, la quantité de connaissances, de forces productives (sciences et techniques) est le moyen décisif, voir l'unique moyen, d'ouvrir la voie du changement, voilà ce que nous dit ce théoricien. Dans un texte qui est miné par les contradictions et les envolées lyriques sans démonstrations. Premier moment : A côté de la grande industrie moderne, il faut une élévation générale des connaissances, pour produire du socialisme. Jusqu'ici, rien à redire. Premier problème : La grande production socialiste " applique " les sciences. C'est cela le caractère " socialiste " de cette révolution culturelle ? On se contente d' " appliquer ", pas de questions, par d'interrogations, pas de doutes, pas d' " appropriation " par ceux chargés de les mettre en œuvres ? De plus il est évident que dans de nombreuses entreprises, " l'application " ne s'opère pas de façons mécaniques, sous quelles formes et sous la responsabilité de qui sont-elles mises en œuvres ? Ce n'est pas en lisant ce texte qu'on l'apprendra, ici on reste dans le lyrisme, le socialisme tout puissant " applique " les sciences ! Pourtant on perçoit le début de l'évocation du problème. La révolution culturelle chargée d'élevée le niveau générale de la culture, produit des " cadres qualifiés " chargés de mettre en œuvre cette même " révolution " scientifiques et techniques. Première réflexion : La révolution culturelle, qui est chargée d'élever le niveau générale des connaissances ne touche donc pas tout le monde de la même façon. Elle " produit " des cadres. Donc s'il existe des " cadres " s'est qu'il existe des gens qui ont besoin d'être " encadrés ". Mais pourquoi des gens (appelons les pour les besoins de notre démonstration " les ouvriers " sic !) ont-ils besoins d'être encadrés ? Tout simplement parce que se sont les " cadres qualifiés " qui " appliquent " les dernières " découvertes " scientifiques et techniques. Donc, chers camarades soviétiques, ou chers post- staliniens buffeto-hutistes, dans votre " socialisme " tout le monde n'est pas à la même enseigne pour bénéficier des retombés de la " grande révolution culturelle " que vous réduisez à la révolution scientifique et technique ? Pourquoi ? Sans doute " camarades " parce que ce n'est pas contrairement à ce qu'affirme ce texte et l'actuelle direction du P.C.F, la pure application des sciences et des techniques, mais une application particulière qui parvient jusqu'aux entreprises. Mais de cela il n'est pas question dans ce texte, ni dans sa bouillie social-démocratisée que nous sert l'actuel P.C.F. Suit, ensuite, une digression sur les biens faits de la révolution scientifique et technique qui grâce au socialisme bénéficierait à "l'homme ", tout cela est entouré d'un vocabulaire grandiloquent sur la toute puissance du marxisme-léninisme, qui masque mal, la faiblesse théorique profonde de ce texte. L'homme est effectivement comme le rappelait Staline le " capital le plus précieux ", c'est pourquoi, comme chacun le sait, il en a fait le plus grand cas en en " congelant " des millions au moyen des camps de déportation en Sibérie, sans doute pour mieux les " conserver ". Là ils ont pu juger des biens fait de la révolution scientifique et technique aux moyens d'un encadrement compétent. Mais ce que ne savent peut-être plus les militants communistes actuels c'est que Staline a aussi écrit : " Les cadres décident de tout " et c'est cette partie qui a profondément influencée le P.C.F. Cette idéologie de l'encadrement tout puissant couplé à une manne scientifique et technique répandant de façon indifférenciée ses bienfaits sur toute la société est le produit de l'idéologie des lumières. La science est progressiste en soi, moyennant quoi se sont bien des scientifiques de gauche qui ont créé la bombe atomique. La maîtrise de l'atome est un immense progrès, surtout quand on ne s'interroge pas sur son utilisation, son entretien (dont Günter Walraff dans son livre " Tête de Turc " nous à montré que ceux qui supportent le contact réel " au plus près " de la matière fossile ont des couleurs et des origines, qui n'ont rien a voir avec nos brillants techniciens, qui se contentent de " concevoir " pour la faire " appliquer " par d'autres) ses effets à long terme, sa production de déchets etc. etc. Tchernobyl ça ne concerne que le ciel des autres, car ça s'arrête, esbaudi, au dessus de la patrie des lumières. Et une fois encore, le couplet des biens faits du socialisme se traduit par la réduction du temps de travail Autrement dit l'objectif est d'augmenter la productivité. Comment ? En accroissant les forces productives aux moyens de grandes entreprises qui accentuent la substitution du capital au travail, par la mécanisation toujours plus poussée, la robotisation, la révolution informatique (ou " informationnelle " selon Boccara et consort) etc.… Où est la différence avec le système de révolution industrielle actuelle engendré par le système capitaliste ? Y en a pas ! La seule chose que l'on puisse attendre, c'est une redistribution, plus " sociale " des fruits de cette croissance. D'où l'augmentation si " possible " du pouvoir d'achat, d'où la diminution " si possible " du temps de travail. Mais l'épanouissement du travailleur par son travail professionnel, par son travail social (et non son hors temps de travail) passe à la trappe. Tous n'ont pas heureusement la mémoire courte, voyons maintenant comment le marxisme-léninisme déstalinisé (i.e. : désocial-démocratisé) envisage le rapport des sciences et des techniques aux masses. Citons Marta Harnecker : Les principes élémentaires du Matérialisme Historique Contradiction et l'Harmattan éditeurs. Le Rôle de la science dans le développement des Forces Productives p65 Mais si les connaissances scientifiques jouent un rôle très important dans le développement des forces productives, il est erroné de chercher en elles la cause fondamentale et déterminante du développement des forces productives .Le développement de la science dépend de la façon dont une société donnée produit ses biens matériels. Dans une lettre à B.Borgius du 25 janvier 1894, Engels écrivait : " Si comme vous dites, la technique dépend pour une grande partie de l'état de la science, celle-ci dépend encore beaucoup plus de l'état et des besoins de la technique. Lorsque la société a des besoins techniques, elle impulse plus de science que ne le font dix universités. Toute l'hydrostatique (Torricelli, etc.) est sortie du besoin vital de réguler les torrents de montagne en Italie au XVI et au XVII siècles. Nous ne savons quelque chose de rationnel sur l'électricité que depuis que l'on a découvert son utilisation technique. Mais malheureusement en Allemagne, on à pris l'habitude d'écrire l'histoire des sciences comme si elles étaient tombées du ciel " (F.Engels) Nos commentaires Il n'y a pas que dans l'Allemagne du 19 ème siècle que l'histoire des sciences semble " tombée du ciel ". Une telle représentation a surtout été présente en France. Elle est la formation sociale qui est à l'origine de ce sentiment et qui a " éclairée " l'Europe de sa révolution philosophique et industrielle en produisant des philosophes vulgarisateurs des sciences et des techniques au moyen d'une Encyclopédie. La " connaissance " devait révolutionner le monde et étendre ses biens faits à tous, aux moyens d'une révolution, définissant le sujet par ses facultés objectales à s'approprier les biens et les idées. Pour cela il fallait qu'elle puisse " circuler ". "La libre circulation ", permet la diffusion de la " lumière " devenue désormais terrestre et qui étend ses biens faits à tous. Le ciel n'est désormais plus seul à éclairer, et l'homme prométhéen a arraché le feu, source de lumière, à la forge de Vulcain. Enfin " libre " l'homme tout puissant, peut développer ses facultés auxquelles ne s'opposent plus que les forces de la nature. C'est pourquoi il est important de la domestiquer, la dominer, la soumettre à la toute puissance de " l'Homme " agissant. L'idéologie du progrès scientifique est née de cette volonté et de cette histoire là. Constatons cependant que cette histoire là, n'est pas l'histoire de la classe ouvrière, C'est celle de la bourgeoisie révolutionnaire au moment où elle émerge du ventre du féodalisme. Pourquoi est-elle devenue l'idéologie du P.C.F ? Qui s'en souvient encore ? Qui se souvient que nous avions une autre vision du monde, avant 1936 ? Qui se souvient pourquoi Thorez nous a fait adopter cette représentation avec l'aide de Georges Politzer (La philosophie et les mythes). ? L'antifascisme, la lutte contre les ténèbres, toute cette représentation " humaniste "si elle a joué un rôle progressiste indéniable durant la résistance, ne s'est pas faite sans dégâts pour notre classe ouvrière, qu'avons nous laissé en route ? Certainement l'indépendance idéologique de classe, mais encore ? Ce que nous constatons se sont simplement les effets aujourd’hui des dérives d’une telle représentation du monde. La direction actuelle du P.C.F, n'a pas vu venir la restauration du capitalisme en U.R.S.S, pas plus qu'en Chine. Si elle n'a pas pu l'anticiper c'est qu'elle n'a pas vu les dégâts idéologiques, d'une collusion de représentation du monde commune avec les valeurs bourgeoises, l'abandon du modèle bolchevik après la disparition de Lénine. l’abandon de l'ouvrier “masse”, l'ouvrier taylorisé, produit du Craonne libérateur de 17 de toutes les idéologies humanistes bourgeoises, au premier des rangs desquels le pacifisme bêlant, qui oblige et valide le rapport de Lénine à la guerre impérialiste " on ne rend pas les armes, on les retourne contre ses officiers " Lénine ou Jaurès, il faut choisir et cette clique de capitulards a choisi Jaurès ! En continuant à soutenir cette idéologie, ils se sont donc faits les idéologues inconscients de la petite bourgeoisie " techniciste ", de l'aristocratie ouvrière, autrement dit de la social-démocratie. Le stalinisme et son avatar le post-stalinisme, n'est qu'une variante de social-démocratisme. C'est à dire et in fine, le moyen par lequel, la bourgeoisie essaie de s'opposer au passage au socialisme, en constituant un rempart qui empêche les travailleurs exploités d'accéder réellement au contrôle de leurs moyens de production. Ceci en les rendant incapable de concevoir et de réaliser les biens et les services, au nom de la division du travail qui en ferait des incompétents par " nature ". Car c'est précisément ce qui manque au texte de cet économiste soviétique. (Lev Leontiev) Comment passe -t'on de l'étatisation des moyens de production à leur socialisation effective ? On ne le saura jamais. Comment mettons nous fin à de la division du travail ? On ne le saura pas plus. D'ailleurs, cette dernière idée se présente à la fin de l’article comme une évidence, sans qu'elle soit articulée à aucune démonstration conduisant à sa mise en œuvre. Autrement dit, Leontiev colle ça dans son texte pour ne pas se faire accuser de ne pas avoir abordé le problème. L'élévation du niveau général des connaissances va résoudre d'elle même le problème ! Sans blague ! L'élévation du niveau générale des connaissances dans un système inégalitaire accentue l'inégalitarisme ! L'écart entre un scientifique d'aujourd'hui et un péquin lambda est encore plus important que celui qui existait entre un paysan du XVIII et Diderot ! C'est pourquoi le volontarisme, n'est pas, contrairement à ce qu'affirment les idéologues de l'aristocratie ouvrière, " gauchiste " en soi. Tout dépend de la volonté et de la connaissance que l'on a de résoudre cette question. Malheureusement pour les membres du parti communiste, l'arme essentielle de cette volonté a été abandonnée au 22ième congrès du P.C.F. La Dictature du prolétariat, après avoir été travestie, après avoir été vidée de sa substance par l'expérience russe, a été jetée aux poubelles de l'histoire par des idéologues qui aujourd'hui demandent à conduire le parti au Père Lachaise, (Sève et Martelli. Etc.) Ce en quoi nous ne cesserons de le marteler toute cette opération, cette déstalinisation : " La liquidation du parti " est stalinienne Dans son idéologie : ne retenir que la partie conservatrice et petite bourgeoise de la pensée soviétique et abandonner toute la partie révolutionnaire basée sur l'expropriation des exploiteurs Dans ses méthodes : empêcher la gauche du parti d'accéder au congrès et aux responsabilités. Pierre Martin (Juillet 2008) -
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