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Dans le cadre de notre rubrique sur l’histoire du mouvement populaire, Voici un texte précisant l’attitude des communistes qui n’ont pas attendu 1941 pour manifester et s’organiser contre l’envahisseur
Souvenez vous, camarades... l'appel du 17 juin 1940.
Un appel méconnu, même de nombreux communistes, tant anciens que récents, et que le parti n'a jamais utilisé pour fermer le bec à tous ces pseudo historiens qui font démarrer la résistance communiste avec l'entrée en guerre de l'URSS, le 22 juin 41. Il est légitime de se poser la question, pourquoi ce silence interne et externe, dans une période où les communistes, avec ou sans carte, s'interrogent et tentent de reconstituer une force politique et marxiste au service des travailleurs et de tous les exploités par le système capitaliste rebaptisé à nouveau de ¨libéral¨.
L'auteur de cet appel ? Charles Tillon. Auguste Havez en lancera un, de Nantes, le 22 juin 40 et Georges Guingoin à Limoges, en août, tous tenus secrets.
Tillon, réfugié clandestin après les décrets de dissolution du parti et de chasse aux camarades, signés par Daladier le 27 septembre 1939, qui était herbégé à Bordeaux où le gouvernement français, fuyant devant l'ennemi, arriva le vendredi 14 juin au soir.
Dès le 15, Tillon, en tant que ¨responsable du parti à Bordeaux, et face à la débâcle de tous les autres, tenta sans succès de joindre Edouard Herriot pour " prendre la tête d'une opposition à la capitulation ".
Le 17, entendant Pétain déclarer qu' " il faut cesser le combat " il lance un appel à la nation
“ Les gouvernements bourgeois ont abandonné à Hitler et à Mussolini l'Espagne, l'Autriche, l'Albanie et la Tchécoslovaquie...
Et maintenant, ils livrent la France. Ils ont tout trahi. "
Il préconise la formation d'un gouvernement de résistance ¨luttant contre le fascisme histlerien et les 200 familles, s'entendant avec l'URSS pour une paix équitable, luttant pour l'indépendance nationale et prenant des mesures contre les organisations fascistes.
Le 18 juillet 40, Tillon développe son projet dans un ¨manifeste de Bordeaux¨ pour ¨élargir la grande espérance du Front Populaire à une sorte de Front de Résistance Nationale, “ Notre devoir à tous est de nous unir pour reconquérir notre patrie, de nous unir pour libérer le territoire de tous les oppresseurs et exploiteurs, pour en chasser à la fois les capitalistes, leur tourbe de valets et de traîtres et les envahisseurs ".
A la fin de l'été 40, cet ancien des brigades internationales entre en contact avec des communistes Espagnols, renouant les solidarités internationales qui engendreront la M.O.I. Début septembre, il refuse à un envoyé de la direction nationale du PCF de lui remettre la liste des principaux militants de la région, précisant " Croire à la légalité avec l'hitlérisme ? est un suicide "
Et combien de ¨suicides¨ politiques depuis lors ? Et combien s'en perpètrent t'ils encore ?
Un moment d'histoire qui donne à réfléchir sur celle du Parti, du congrès de Tours à demain et au delà.
Les citations de Tillon sont extraites de son livre : On chantait rouge, Robert Laffont, 1977.
J.Claude Lanvin (Juin 2008)
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