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Marx, Lénine, Staline
L'histoire du mouvement ouvrier, ses erreurs, sa réorganisation
son avenir
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" Se transformer en son contraire, aboutir finalement à un point diamétralement opposé au point de départ, c'est le sort fatal de tous les mouvements historiques qui ignorent leur genèse et leurs conditions d'existence, qui pour cette raison même, s'orientent vers des buts illusoires… " F.Engels
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Cette citation de F.Engels illustre parfaitement l'évolution du mouvement populaire dans le monde et en France. Après le congrès de Tours ; en effet combien de changements d'orientations politiques se sont produits ! De la formation du parti communiste (section de l'Internationale Communiste) en passant par la politique du " classes contre classes " de la fin des années 20 ; puis par un changement du tout au tout pendant le Front Populaire avec une politique de main tendue vers les radicaux et les catholiques ; pour revenir à un isolement au soir du pacte germano-soviétique, aux hésitations de l'appareil du parti au début de la guerre; suivies par le grand rassemblement patriotique pendant celle-ci, ces combats de la résistance qui ont faits du parti communiste le parti des fusillés qui aboutit a la collaboration avec le régime gaulliste en accord avec le partage du monde " Yalta " stoppant ainsi le mouvement populaire orienté pour plus de socialisme dans notre pays ! Pour ces objectifs inavoués nous avons exclu, Sali, condamné de grands militants et dirigeants, (la liste est longue, elle débute avec la stalinisation dès les années 20)
Que dire encore de la suite, la recherche d'accords sur le programme commun, pour ensuite le saboter (sur ordre des soviétiques) conjointement avec la social-démocratie. Enfin, la longue dégénérescence de l'idéologie et des pratiques dans nos instances, jusqu'à ce jour, et la chute vertigineuse de notre électorat !
Que dire du centralisme " démocratique " qui a permis toutes ces voltes face sous les ordres (directs ou indirects) des dirigeants de l'URSS qui n'ont fait qu'imposer leur propre politique russophone de capitalisme d'Etat mis en place à la mort de Lénine. cette déviation de la grande révolution ouvrière de 1917 organisée avec l'aide de Lénine, qui a engendré sous Staline cette société dénaturée ou l'arbitraire, les crimes, l'exploitation scandaleuse des travailleurs n'ont jamais cessé et ceci au profit d'une caste, d'une nouvelle bourgeoisie vivant aux dépends de la révolution et des révolutionnaires soviétiques .
Que restait-il en 1991 des conquêtes de 17 ?
Les poubelles de l'histoire ne peuvent être qu'immenses pour contenir tous les exécutés, les morts, en camps de concentration ou de rééducation pendant ce " 20° siècle dément ", certes certains ont été réhabilités ! Mais qui dans notre parti français ; de toutes les purges de types staliniennes, le furent ? Avons-nous fait l'autocritique sur les affaires Marty/Tillon, Servin/Lecoeur, Casanova et autres ? Et surtout avons-nous étudié les " vraies " raisons politiques qui ont engendré ces affaires, qui la plus part sont dues à notre allégeance à la politique de la période stalinienne
Devons nous être fiers du bilan globalement positif de G.Marchais ? Pouvons nous oublier son passé douteux et ses pantalonnades à la télévision ?
Et pourtant Marx et Engels ont démontré pour la première fois dans l'histoire humaine, les mécanismes du capitalisme et les mécanismes de la dictature de ce régime économique basé sur l'exploitation du travail de l'homme, démontrant avec brio les structures et superstructures de ce régime.
La théorie marxiste si souvent malmenée dans tous les sens (vers le gauchisme ou vers le révisionnisme de droite) enfin ce marxisme qui a donné naissance aux interprétations et dégénérescence stalinienne ou au réformisme de Kautski jusqu'au PS puis a l'aile droitière de notre organisation " dite " communiste. Pourtant toute l'œuvre de Marx et d'Engels est une richesse d'analyses dont la finalité est toujours actuelle. L'évolution du capitalisme au cours des 150 ans écoulés démontre par là même la justesse de la théorie marxiste. Sur le fond rien n'est changé, il s'agit toujours d'une exploitation à outrance de l'homme. Certes les formes d'exploitations du travail humain ont évoluées mais le résultat de cette exploitation est toujours le même " faire de l'argent avec l'argent " et pour parvenir a ces buts tous les moyens sont employés par le capital (néo colonialisme, délocalisations, concentrations dans des zones impérialistes de libres échanges. Tout ceci accompagné de guerres, toujours la guerre ! Afin de préserver l'hégémonie sur les ressources naturelles, (sources de profits gigantesques pour les fabricants de canons et les reconstructeurs des régions dévastées par ces guerres).
Lénine a montré le chemin aux ouvriers russes pour se débarrasser du tsarisme et tenter la construction d'une société socialiste. Il nous faut aujourd'hui comprendre les causes du recul et la contre révolution, il est donc primordial d'étudier les erreurs, les faux pas et ne pas se contenter d'arrêter notre analyse en déclarant que “cela ne peut pas marcher” comme le fait la direction actuelle!
Il nous faut approfondir la critique historique du socialisme, dans en sens de libération des classes et des peuples, dans une critique communiste.
Pour ces recherches nous disposons d'un socle important de critiques historiques: Rosa Luxembourg, Alexandra Kollontaï, La Gauche Communiste " historique ", Trotski, Gramsci, Boukharine.
Mais aussi des auteurs modernes philosophes ou historiens restés sur des bases d'analyses de classes.
Lénine qui fut a la tête du parti bolchevique acceptait d'être durement critiqué, étrillé par les contestataires du parti et parfois mit en minorité. Cette notion du droit à la parole, à la démocratie, ce droit d'existence de minorités dans les débats a été une des forces du mouvement révolutionnaire, mais par la suite le centralisme stalinien l'a totalement détruit.
Dans les derniers instants de vie, Lénine exprimait ses doutes sur la bureaucratisation de la révolution, sur la dureté de Staline et donc s'alarmait des risques d'échecs de cette révolution. Témoignant ainsi d'une vue juste des risques qui furent démontrés par la suite.
Le PCF actuel englué dans son post- stalinisme (maintient une organisation en cercles fermés où les décisions sont prises ailleurs que dans les organismes élus ; où les sources de financement ne sont pas intégralement connues ; où les revenus réels des dirigeants sont opaques sans commune mesure avec les petits salaires des permanents techniques ; où le nombre des adhérents réels est sans cesse truqué etc).
Notre parti se trouve toujours dans la configuration d'un parti de pouvoir unique dont l'organisation ressemble à celle d'une secte où les dirigeants se reproduisent par une forme de cooptation, la base étant toujours appelée à approuver les décisions prises en haut.
Le marxisme comme phénomène scientifique, explique et démontre les formes d'exploitation du capitalisme. Il appelle les travailleurs à se rassembler pour détruire ce mode de production. Jamais Marx n'à dit ou écrit que les goulags devaient exister. Les goulags et toutes les formes d'oppression dans le pays des soviets n'ont été engendrés que par un dictateur sanguinaire un " Caligula du socialisme " mais Staline n'était pas seul pour perpétrer les crimes, il était entouré par une armée de bureaucrates embourgeoisés se disant " communistes " qui ont vécu et se sont reproduits, sur le dos des travailleurs dont la pauvreté était restée extrême.
Le léninisme, marxisme du stade de l'impérialisme mondialisé, n'est devenu dogme ou " marxiste-léniniste " que par la mise en catéchèse, d'une pensée " saucisson " à débiter. Ce travail fut l'œuvre d'un ancien séminariste, qui avait très bien compris comment se construit l'idéologie d'un instrument d'encadrement et de répression " Le Parti - Etat ". Staline a profité des écrits de Lénine, pour asseoir son pouvoir dictatorial, comme les jésuites espagnols ont profité de la bible, et de leur main mise sur l'éducation, pour mettre en place l'Inquisition. Au demeurant nous savons maintenant toutes les hésitations que Lénine a rencontré dès le début de la révolution et ces hésitations (entre autre) qui l'ont emmené a organiser la NEP (qui fut un des premiers reculs de la révolution ouvrière).
Le stalinisme, est pour nous la déviation dramatique qui dans la Russie d'alors : pays arriéré, analphabète, en proie aux famines endémiques, ne possédant pas un potentiel industriel important. Ce système le tsarisme, régime autocratique ou l'exercice des pouvoirs était réservés à une infime minorité de hobereaux et de grand bourgeois (d'où l'absence d'un corps d'Etat conséquent) à laissé un vide lors de sa chute dans l'inorganisation de cet Etat qui a donc obligé les révolutionnaires a tout construire et cette construction de l'Etat se faisant sous la coupe du parti unique (parti-Etat) ne pouvait que donner naissance a une nouvelle bourgeoisie, donc une nouvelle classe sociale préoccupée à dominer les masses.
(Rappelons également que la population de l'URSS était composée de plus de150 Ethnies et langues ou dialectes différents) ce qui ne simplifiait rien !
Le glissement vers le réformisme, s'opère avec la Nep, nous assistons d'une part au partage de l'industrie entre un capitalisme d'Etat en gestation et le retour à un capitalisme privé encouragé par l'ouverture aux investissements étrangers privés.
Nous voyons d'autre part dans la période stalinienne la transformation du rôle des syndicats (non plus organisation de défense des travailleurs, mais cantonnés à la gestion de la force de travail, santé, formation, congés payés) En niant le rôle revendicatif ou de contre pouvoir à ces syndicats et en final en transformant les soviets en chambres d'enregistrement, le pouvoir stalinien a privé la classe ouvrière de sa révolution.
L'autre thèse, affirme que si la révolution était vouée à l'échec, pourquoi avoir tenté cette aventure ! Ne fallait-il pas s'en tenir à une démocratie bourgeoise avec forte influence de la jeune classe ouvrière, cela jusqu'au moment où la nation Russe, sortant du servage, aurait organisé et développé son industrie, permettant ensuite la prise de pouvoir par le peuple. Cette thèse celle des sociaux démocrates a été soutenue par le parti bolchevique avant le retour de Lénine à Petrograd. Pour tous les sociaux démocrates, même ceux " déguisés " en communistes, il est toujours trop tôt pour faire la révolution (Tout comme il est d'ailleurs toujours trop tôt pour participer à une lutte d'indépendance nationale).
En réduisant la classe ouvrière à son statut de groupe sociologique, dont la quantité est le facteur déterminant pour engendrer son caractère révolutionnaire. Le social-démocrate, réduit le moment politique, au déterminisme économique. En plaçant le moment politique comme pur effet mécanique des contradictions économiques, le social-démocrate soumet les rapports de production à la toute puissance des forces productives.
En réalité, l'histoire a montré que la submersion d'une société capitaliste développée par une classe ouvrière majoritaire est un mythe qui a été habillement exploité, par une social-démocratie petite bourgeoise,.
Jamais la bourgeoisie n'a eu l'intention de laisser une classe ouvrière sociologiquement majoritaire se développer dans les métropoles impérialistes. Tout au contraire dès qu'elle a pu, elle a favorisé l'externalisation des processus de fabrications, pour la ressegmenter à l'échelle internationale.
La bourgeoisie contrôle totalement, les bases existentielles de la classe ouvrière. C'est elle qui décide des processus de fabrication, c'est donc elle qui contrôle la vie et la mort de cette classe. (voir les délocalisations actuelles)
Les sociaux démocrates qu'ils se cachent ou non sous des habits " communistes ", quand ils appellent à un rassemblement " majoritaire ", savent donc parfaitement ce qu'ils font. Ils constituent un mythe " inatteignable " qui justifie l'adage " avant l'heure c'est pas l'heure, après l'heure s'est trop tard ! ".
En réalité à quoi a abouti " l'attente " d'une classe ouvrière enfin majorité, pour engendrer l'expression démocratique d'un changement de classe. A la création et au développement d'une petite et d'une moyenne bourgeoisie, comme classes " soutien " au grand capital en remplacement d'une paysannerie qui par sa place dans le processus de production ne pouvait que voir son poids sociologique diminuer. C'est cette stratégie " masquée " que défendait la social-démocratie et on peut dire qu'elle a parfaitement réussi. La direction social-démocratisée du P.C.F peut désormais dire avec les démocrates italiens de Veltroni tout comme le P.G.E- alternatifs : " il est maintenant trop tard ! "
Les animateurs du site UnitéCommuniste.org, le rappellent à chacune de leurs interventions : Le socialisme est une société qui vit toujours sous le règne de la lutte des classes puisque dans une telle société les classes subsistent. Elle subsistent par la division du travail et par le fait que le socialisme existent sous forme d'Etats -Nation. En URSS comme ailleurs, une classe a pris un grand pouvoir : la bourgeoisie d'Etat. Ceci représente le problème essentiel des socialismes ayant existé jusqu'à maintenant.
D'où la nécessité de multiples contre pouvoirs dans ce type de société en évolution constante , ( Les apports d'Antonio Gramsci, dans sa théorie du dépérissement de l'Etat sont à considérer).
Que faire ? au 21° siècle
Certainement réorganiser le mouvement communiste à l'aide des dures leçons du passé Nous avons le devoir de replacer le combat des communistes sur des chemins qui passent inévitablement par la relecture de Marx, d'adapter le marxisme aux conditions nouvelles des luttes de classes, en étudiant bien entendu les transformations qui se sont faites dans la vie des travailleurs, les transformations de toute notre société en faisant front contre la désertification industrielle, en combattant la mondialisation qui tend a détruire les tissus nationaux ; aussi en reconstruisant une " plate forme " pour une nouvelle sociétié.
Il devient urgent d' agir avec d'autres pour une transformation radicale de la société capitaliste, vers le socialisme et le communisme.
Pour parvenir à cet objectif il est indispensable de posséder un outil de combat. Cet outil ne peut pas être autre chose qu'un grand parti communiste, (appel de Marx, Engels dans le " manifeste "), libéré de ses tentations réformistes. Pour prévenir les dérives ce parti doit devenir réellement le parti des communistes de France dont la légitimité sera rendue à la base militante et non pas à l'appareil (dans sa conception actuelle); en effet il nous faut des décisions prises de la base et appliquées par des représentants élus comme des porte paroles , ces représentants expédiant les affaires courantes d'organisation du travail
Les débats d'idées doivent être permanents, ouverts, l'existence des tendances doit être reconnue mais de plus ces tendances doivent pouvoir s'exprimer à tous les niveaux et dans toutes nos publications la censure doit être bannie de nos pratiques. Cependant une fois les orientations débattues, fixées démocratiquement, elles doivent devenir la loi dans l'ensemble du parti
Notre journal l'Humanité doit redevenir un journal de combat communiste nous devons le libérer des pressions des capitalistes qui aujourd'hui participent à son financement, il faut avoir une vue étriquée pour ne pas comprendre qu'un " Lagardère " ne donne pas son argent s'il n'a rien en compensation ! cette compensation est visible dans l'affaiblissement du contenu idéologique de notre presse.
Notre huma doit redevenir le journal qui donne largement les échos des luttes des salariés, qu’il devienne un lieu de débats, qu'il renoue avec l'internationalisme etc. Enfin que notre journal redevienne un outil pour les militants avec une nouvelle diffusion faite par eux sur les lieux du travail et dans les quartiers populaires
Vaste entreprise camarades nous devons débuter cette transformation, cette élaboration dès maintenant pour que nul ne puisse l'ignorer au prochain congrès du PCF.
Ce prochain congrès devrait comporter comme orientation
-Une analyse de l'ensemble de notre politique comportant ses faux pas, (une auto critique sans complaisance) en remontant très loin dans notre passé.
-Une analyse de nos apports pour le monde du travail (les conquêtes sociales, nos actions pour la démocratie etc.)
-Le rôle que doit jouer le marxisme dans nos analyses, conceptions et décisions.
-L'ébauche des grandes lignes d'un nouveau programme de société
-La décision d'une réorganisation complète de notre orga, pour plus de démocratie en cédant la parole réelle à la base.
Michel Mélinand (Avril 2008)
En Mémoire ces quelques lignes de Nicolas Boukharine à la veille de son exécution
Je suis accablé par l'impuissance ressentie face à la machine infernale qui, avec des méthodes moyenâgeuses, déploie une force titanesque, produit des mensonges à la chaîne selon un plan soigneusement concerté et dont l'audace rivalise avec l'assurance……..
Ces organes aux pouvoirs " extraordinaires " ont les moyens de réduire à néant n'importe quel membre du CC ou du parti, d'en faire un traître, un saboteur et un espion……
Je me suis plus d'une fois trompé sur les voies de la construction du socialisme, je demande seulement que la postérité ne me juge pas plus sévèrement que Vladimir Ilitch .ne l'a fait. ….Les premiers nous nous sommes engagés vers un but unique, empruntant un chemin que personne n'avait pris….
Dans la Pravda, une colonne était réservée à la discussion, tout le monde y participait, les uns comme les autres nous nous efforcions de trouver les voies nouvelles, nous nous disputions, pour nous réconcilier ensuite et avancer ensemble..
Je m'adresse a tous les membres du parti. Dans ces jours qui sont peut être mes derniers jours…..JE demande a la génération future des dirigeants du parti, hommes jeunes et intègres, de lire ma lettre…..Sachez camarades, que sur le drapeau que vous portez, en marche vers le communisme, il y a aussi une goutte de mon sang.
Mars 1938
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