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Concerne la Laïcité et l'unité du camp progressiste Dans un article de 2004 sur " Marie-George Buffet et la laïcité ", j'essayais d'approfondir ma réflexion sur les concepts qui font l'unité du camp progressiste, au stade de l'unification du prolétariat et de l'extension des droits. Issus pour leur immense majorité du républicanisme conséquent, ils présentent des limites qui ne peuvent être ignorées pour qui cherche la voie de la disparition des classes sociales et l'extinction de l'Etat. Des contradictions à surmonter pour parvenir à ouvrir une unité de représentation de la voie qui conduit au communisme. Le concept de Laïcité fait naturellement partie de ceux-ci. Je sais et j'assume le fait que mon point de vue, ne sera pas partagé et qu'il déclenchera j'en suis sûr une tempête d'indignations dans un certain nombre de milieux, au premier rang desquels celui des enseignants " communistes " dont beaucoup aujourd'hui syndicalistes à travers une F.S.U en recherche de sens, se raccrochent aux concepts Républicains comme ultime rempart pour faire face aux coup portés par l'Etat capitaliste, c'est pourquoi ils sont aux avant-postes de l'opération " Jaurès ", d'un pédagogisme humaniste s'adressant à " chaque " enfant et d'un retour posthume du garaudisme " L'humain d'abord ", dont la plupart ignore sa présence historique dans le P..C.F et l'existence de ses thèses comme l'une des causes de son affaiblissement historique. Marx et Lénine ont eu à l'égard de la question religieuse des attitudes très contradictoires. Quelle position politique peut-on tirer d'une formule comme " la religion c'est l'opium du peuple " et d'une assertion politique affirmant que "l'école confessionnelle doit rester privée parce que la religion est d'ordre privée et qu'elle n'a rien à voir avec la politique " (Position défendue à un moment par Engels à la question qui lui était posée " Que faire de l'école confessionnelle ? ").Une chose est sûr, ce n'est pas en tant que " Laïcs " que les penseurs révolutionnaires communistes, ont conçu leur rapport à la question religieuse, mais en tant que matérialistes athées. Ce n'est donc pas fondamentalement à travers les catégories qui fondent le républicanisme, même s'ils ne nient pas que le communisme soit le produit, la suite logique, du républicanisme conséquent et du socialisme qui lui ont succédé. Seul Jaurès, pense la dialectique de son rapport et celui du mouvement ouvrier à travers ces catégories. Et c'est pourquoi, la pensée jauressiste est pour nous une pensée qui correspond à une phase du mouvement ouvrier qui est dépassée. Elle l'est depuis 1914, depuis l'avènement du capitalisme de monopole et de l'ère de l'impérialisme. Vouloir réssussité Jaurès, ce n'est pas développé un positionnement d'avenir, c'est vivre la réalité actuelle dans une représentation du monde désuète, même si nous ne nions pas qu'en son temps elle fut progressiste. Voici donc le texte de 2004 revu et corrigé. Marie-George Buffet et la laïcité La Secrétaire nationale de notre parti a présenté le 19 septembre 2003, devant la Commission sur la laïcité [1], le point de vue du groupe dirigeant actuel du parti sur cette question. Son intervention nous semble intéressante à plus d'un titre. Elle témoigne en effet du degré d'abandon total de toute référence au marxisme pour traiter d'un sujet de société aussi important que la laïcité, son rôle et de ses effets à l'école. Qu'on en juge : dès les quatre premières phrases, on assiste à un florilège de lieux communs et de poncifs, dignes de la meilleure tradition du " socialisme " utopique, chrétien ou pré- marxiste. 1ère phrase, premier paragraphe : " La laïcité est le principe social et politique qui permet à notre peuple la cohésion dans la pluralité. " Autrement dit, elle est un tuteur sur lequel s'appuie et se reproduit l'hégémonie de l'idéologie dominante. Comment une marxiste peut-elle prétendre défendre tout concept, toute représentation du monde, qui ne met pas en avant que notre société est au contraire divisée, profondément clivée, y compris quand ces faits sont masqués derrière une idéologie qui prétend affirmer une unité de point de vue, une unicité de représentation dans l'unique but d' assurer la stabilité du régime. Le républicanisme bourgeois est certes reconnaissance de droits, pour tout sujet de droit pour tout citoyen, mais il est tout autant masque de la réalité vécue, c'est pourquoi une révolutionnaire digne de ce nom doit au-delà des apparences faire surgir la réalité comme contradiction en acte, et non pas tenir des discours lénifiants à bases de concepts issus de l'humanisme mou, pour assurer une prétendue cohésion nationale. Cela ne semble choquer nullement notre Marie-George, qui ne voit là aucune contradiction. Comment une personne qui prétend vouloir " dépasser " le capitalisme, peut-elle se réclamer d'une valeur qu'elle reconnaît elle-même comme étant placée au cœur de l'idéologie bourgeoise, puisque nous le rappelons pour ceux qui l'auraient oublié (et ils semblent nombreux à la direction du P.C.F) nous vivons sous la dictature de la bourgeoisie. Certains répondront : quelle question absurde ! Car enfin, depuis quand le Pcf se préoccupe-t-il de combattre l'idéologie dominante ? Depuis quand le Pcf se préoccupe-t-il de savoir pourquoi " L'École capitaliste en France "[2], celle de Jules Ferry, chantre du colonialisme et de l'impérialisme, a-t-elle inscrite sur ses frontons " Liberté, Égalité, Fraternité ", qui sont comme le concept de " Laïcité " de purs produits de l'idéologie bourgeoise radicale [3] ? " Liberté ", pour qui ? Pas pour les milliers de mômes des milieux populaires qui se retrouvent sur le trottoir sans diplôme et sans formation. " Égalité ", la seule que nous connaissions est celle des taux de profit après péréquation. " Fraternité ", en dehors des partisans des Petits Frères des Pauvres, qui y croit encore ? 2ème phrase; premier paragraphe : " Elle découle directement de l'affirmation fondamentale des droits universels de l'être humain ". Si ce n'est pas un bel impératif catégorique, ça ! Certes, pour un retour à Kant, ça a de la gueule, c'est généreux en diable. Nous voilà affublés de l'idéologie des Droits de l'Homme Universel comme moderne conception du monde du projet révolutionnaire à construire. Notre Rosa Luxemburg peut se réjouir, l'utopisme humaniste bourgeois et ses impératifs catégoriques ont encore de beaux jours devant eux [4]. Quant aux autres, nous les renvoyons au bilan historique des organismes de secours mutuels créés par l'ONU pour amuser la galerie, comme L'UNESCO, L'UNICEF ou la CNUCED, véritables maisons de retraites du show-biz en mal de reconversion, usines à produire des fonctionnaires et du budget. Alors que la misère et le chômage ne cessent d'augmenter dans la majeure partie du monde. Il y a fort à parier que quand elle était petite, le rêve secret de notre Marie-George n'était pas de prendre la tête d'un parti révolutionnaire, non, son rêve secret était de remplacer le secrétaire général de l'ONU. Depuis, elle essaie en vain de transformer notre organisation en Croix Rouge du capital. 3ème phrase, premier paragraphe : " Ces droits ne sont pas liés à l'appartenance à tel ou tel groupe social, ils ne sont pas non plus liés à telle ou telle opinion qu'elle soit politique ou religieuse ". Oui camarades, vous ne rêvez pas, vous l'avez bien lu, le fond du fond, le renoncement total à tout point de vue de classe, a été atteint. Un droit idéaliste surgit de nulle part tient lieu de socle idéologique, de valeur suprême à l'actuelle Secrétaire nationale du PCF. Marie-George communique directement avec des valeurs (Droit Naturel) qui sont au-delà de la société. Nous dirions dans un vocabulaire un peu compliqué que notre Marie-George transcende, elle est au-dessus des classes, son " Dieu " s'appelle " Khofhi ", son église " l'ONU ", son message " le droit de l'hommisme ". Impérialisme est un mot que Marie-George ne connaît pas, exploitation, non plus. 4ème phrase, premier paragraphe : " Ces droits sont assortis de façon inaliénable à la condition de l'être humain ". Nous connaissons maintenant les références idéologiques de notre Marie-George, elles ont pour noms Sartre et Camus. Son " credo " doit lui être fourni par une lecture régulière de la revue Esprit, ou par les revues d'Educations Populaires du christianisme social (Sangnier et ses continuateurs). Arrivé à ce stade de lecture du document - quatre phrases, quatre perles d'opportunisme et d'idéologie social-libérale -digne d'une vraie démocrate chrétienne, tout militant communiste digne de ce nom peut légitimement se demander s'il est bien utile de continuer. Cela n'aurait qu'un intérêt anecdotique et symptomatique, s'il n'y avait ces jours-ci la possibilité de se souvenir, qu'il y a trente ans, un même débat avait déjà eu lieu alors que se mettait en place toutes les conditions qui allaient conduire à la destruction orchestrée du Parti communiste, faisant passer le parti de 20 % de l'électorat à moins de 6 %, divisant par six le nombre d'adhérents. On se souviendra que sévissait alors à la tête du parti le " camarade " Marchais (Celui là même qui a fait Roi le " camarade Hue ") En ce temps-là, un certain Louis Althusser répliquait à un frère en humanisme bourgeois de Marie-George, le philosophe " communiste " anglais John Lewis, (l'un de ceux sans doute, dont la brillante présence au sein de ce parti a conduit à le faire pratiquement disparaître à l'époque) : " Le bonhomme de J. Lewis est un petit dieu laïc qui est comme tout le monde, je veux dire comme tous les êtres vivants, dans le bain, mais qui est doté d'un formidable pouvoir de liberté de sortir à chaque instant la tête hors de l'eau et de changer le niveau de l'eau, un petit dieu sartrien en situation dans l'histoire, doté du pouvoir inouï de dépasser toute situation et de dominer toute situation toute servitude de résoudre toutes les difficultés de l'histoire et d'aller vers les surlendemains qui chantent de la révolution humaine et socialiste… "[5] Mais Marie George n'en est même plus au niveau de J. Lewis. Pour elle, il s'agit de faire des enfants des milieux populaires des enfants dociles parce que mieux intégrés aux " valeurs de la République ". On pourra toujours lui demander : quelles " valeurs " et quelle " République " ? Mais c'est une question qui doit dépasser son niveau de compréhension. On peut, par contre, soupçonner le véritable auteur de cette prose de savoir, lui, ce qu'il veut exactement. Si Marie-George l'avait écrite directement, elle aurait sûrement fait plus attention à ne pas oublier la dimension " sociale " car nos brillants dirigeants, quand ils ne savent plus quoi dire, n'oublient jamais d'entonner le refrain du " social ", sans doute pour mieux cacher leur reniement d'un processus conduisant à une révolution socialiste. Louis Althusser poursuit : " L'homme (de J. Lewis) est par essence un animal révolutionnaire parce qu'il est un animal libre ". Une thèse voisine est présente dans le texte de Marie-George, par son incessant recours au terme " d'individu ". C'est un concept dont nous avions l'innocence de croire qu'il avait disparu du vocabulaire des militants communistes. En effet, depuis 1966 (le Comité central d'Argenteuil), après la victoire du courant centriste représenté à l'époque par Lucien Sève et son concept de " personnalité ", l'accord des centristes et des droitiers de la direction (le tristement célèbre Roger Garaudy, partisan à cette époque de " l'humanisme total ", le véritable maître à penser des actuels nègres du Secrétariat national avec la reprise à peine transformé de ses concepts " l'Humain d'abord ! "), se fit aux dépens de la gauche du parti. La gauche soutenait la thèse althussérienne de " l'assujettissement ". Pour rappeler rapidement les enjeux, nous dirions que cette thèse nie que dans une société capitaliste, même constituée d'individus " s'interpellant " en sujets libres, ils aient la moindre chance de l'être vraiment (ce que sont venues confirmer les études sociologiques de Pierre Bourdieu et de son équipe sur des thématiques aussi variées que le choix des couleurs, le choix du conjoint etc. (Revue Acte de la Recherche en Sciences Sociales). A l'opposé la thèse de " l'individu ", issue du comportementalisme et du biopsychologique, était à l'époque encore très marquée de " ses récupérations " par les systèmes policiers russes et américains (notamment le darwinisme eugéniste américain et le pavlovisme). Le Philosophe G. Canguilhem disait de la psychologie de cette époque, qu'elle fleurait bon la préfecture de police. (En effet, la systématisation des études de psychologie individuelle a été en partie le fait des commandes des services de police avec les fiches anthropométriques et psycho-morphologiques, la police c'est bien connu, n'interpelant jamais que des " individus ", et celles des psychiatres des hôpitaux cherchant à la demande des pouvoirs publics à prévenir la société des débordements " d'individus " jugés dangereux). Apparemment, cette histoire là, notre Marie-George l'ignore : pas de passé = pas d'histoire. C'est pratiquement tout le livre d'Althusser qu'il faudrait reproduire pour répondre à notre Marie-George. Mais je ne peux résister au plaisir de vous citer encore quelques perles : " L'affirmation d'une laïcité ouverte est la condition d'une république vivante et dont les citoyennes et citoyens se sentent partie prenante et propriétaires. " (p. 4) L'idéal de notre profonde philosophe est l'idéal bourgeois du citoyen - propriétaire. " La laïcité fait de la république un espace accueillant toutes les représentations du monde dès lors qu'elles ne contestent pas son principe " Vive donc la laïcité garante de l'ordre et de la stabilité bourgeois. " La Laïcité, légitime l'existence (par sa reconnaissance) des corps intermédiaires " Autrement dit : vive la société civile libérale bourgeoise, l'institutionnalisme et ses corps constitués ! Etc., etc. Face à un tel déferlement de valeurs, sans doute inspirées des meilleures intentions du monde, mais recopiées d'une conception idéologique qui ne correspond plus à la réalité, un peu d'histoire et de pédagogie s'imposent. La Laïcité, comme tous les impératifs catégoriques humanistes bourgeois (Liberté, Égalité, Fraternité, Citoyenneté etc.), a eu ses heures de gloire durant la Révolution française ainsi que dans toutes les révolutions bourgeoises depuis 89, en1830 comme en 1848. Nous ne ferons pas l'injure de rappeler à nos brillants dirigeants que, depuis la commune de Paris de 1871, pour tout militant marxiste conséquent, nous avons changé de période ! Nous n'en sommes plus à assumer les tâches libérales bourgeoises, mais au contraire à montrer que derrières chacun de ses mots d'ordre se dissimule la réalité de la dictature de la bourgeoisie. Voilà pourquoi, un certain Karl Marx décida dans sa préface célèbre de (1872), de rectifier son texte, Le Manifeste du Parti Communiste. Avec la commune de Paris, qui démontra, au nom de la liberté d'entreprendre et la liberté de posséder (inscrites dans la constitution de 91), la férocité du capital, il n'existe, depuis cette période, qu'une seule réponse qui vaille, celle de la liberté du prolétariat d'exercer sa dictature. Toute l'œuvre de Lénine est basée sur cette rectification, et sur le fait que le passage du capitalisme libéral concurrentiel, au monopolisme impérialiste, change fondamentalement la nature du système et donc la nature du combat à mener dans les métropoles impérialistes, car elle change totalement la personnalité du sujet économique en en faisant pour la classe ouvrière un sujet pluriel : le travailleur collectif. Les tâches démocratiques sont derrières nous, combattre pour restaurer les valeurs du 18e siècle (le fameux siècle des Lumières), c'est développer une idéologie tournée vers le passé, jouer un rôle à tout le moins conservateur. Et quand la remise en selle de ces valeurs sert à nier la nécessité de la révolution, c'est jouer un rôle réactionnaire ! C'est ce que dit très clairement Lénine dans son ouvrage : La Révolution prolétarienne et le renégat Kautsky. Il réaffirme son choix, à propos de deux autres impératifs catégoriques, " la Dictature " et " la Démocratie ". Pour lui, il faut toujours se poser la question : pour qui ? Et non opposer de façon idéaliste des valeurs entre elles comme le fait Karl Kautsky, dans son ouvrage " La dictature du prolétariat ", qui constitue la véritable source d'inspiration des tenants du 22ième Congrès de notre parti. Nous sommes donc habilités à traiter Marie-George de " renégate-révisionniste ", C'est le terme utilisé par Lénine pour désigner Kautsky, qui pourtant produit là un texte d'une tout autre qualité que la bouillie idéologique que nous ont servi les dirigeants du parti de l'époque. Pour notre malheur, un certain Staline a utilisé cette invective à toutes les sauces, mais avouons qu'il n'y a, parfois, pas de mal à se faire du bien. P.S : Nous traiterons ultérieurement du procès de décomposition du Marxisme-Léninisme, dans les années 70 et du fait que la sensibilité antistalinienne (althussérienne) ait échoué dans son projet de tentative de redressement de ce courant en essayant de séparer définitivement le léninisme du stalinisme. D'où une dérive des anciens militants de cette mouvance vers l'altermondialisme, la Nouvelle Citoyenneté Mondiale (Balibar), idéologie de survie des intellectuels de gauche, issue de la décomposition du mouvement ouvrier. Comme le disait Trotski : " La crise de la civilisation est la crise de la direction ouvrière. ", ________________________________________ [1] Disponible sur le site officiel du Pcf. [2] L'École capitaliste en France de Baudelot et Establet (coll. Maspéro, 1971) : un ouvrage qui garde encore toute son importance pour qui veut comprendre le mode de fonctionnement du premier appareil idéologique d'État, celui qui joue un rôle central dans l'inculcation des valeurs bourgeoises, " l'école ". [3] L'idéologie radicale - socialiste est un courant extrêmement intéressant à analyser. Elle a joué et joue encore un rôle important dans l'histoire de notre pays. Elle survit aujourd'hui et connaît même un second souffle dans le courant dit " souverainiste ". Diabolisée par Trotski, au moment du Front Populaire, qui y voit l'idéologie de toutes les trahisons (" pas d'alliance entre mouvement ouvrier et courant démocratique bourgeois "), elle est aujourd'hui portée par un courant au sein de la mouvance trotskiste, Le PT(aujourd'hui P.O.I), qui 20 ans auparavant s'était spécialisé dans la chasse aux radicaux de gauche, comme symboles de toutes les turpitudes et de toutes les trahisons de l'union de la gauche. Encore l'un des nombreux exemples du parcours pour le moins sinueux de " l'étrange " monsieur Lambert, qui n'hésitait pas à faire entrer ses militants au sein de la franc-maçonnerie ou encore de La Libre Pensée. Nous rappellerons pour mémoire aux camarades " laïcs " que les militants communistes appliquent les 21 conditions définies par Lénine, " pas de francs-maçons chez nous ", pas de Laïcité, mais soutien total au matérialisme athée. L'idéologie du " citoyen " Robespierre, assassin de l'aile gauche de la révolution, combattant acharné des philosophes matérialistes, partisan d'un dieu sans " Dieu " (le culte de l'être suprême) et de son triangle déiste des francs-macs. Cette idéologie petite bourgeoise, a joué au stade du développement concurrentiel du capital, un rôle révolutionnaire progressiste, reconnu comme tel par Lénine. Depuis 1848 et l'opposition entre le drapeau bleu-blanc-rouge et le drapeau rouge (refusé par Lamartine comme drapeau national), tel n'est plus le cas. [4] Nous ne pouvons que renvoyer ceux que cela intéresse à sa critique dans L'autonomie et la question nationale (Temps des Cerises éditeur), qui contient de bonnes références sur les pseudo- courants socialistes et ce que tout marxiste doit penser des impératifs catégoriques. [5] Voir l'extrait joint de Louis Althusser, " Réponse à John Lewis " coll. Théorie Maspéro, 1973 Pierre Martin (5) Louis Althusser p26 - extraits de " Réponse à John Lewis " " J.Lewis " L'Homme fait l'histoire en " transcendant " l'Histoire " Le Marxiste - Léniniste " La Lutte des classes est le moteur de l'histoire " (Thèse du Manifeste communiste " 1847).Ici les choses deviennent extrêmement intéressante. Car le M.L met en pièces le système philosophique de J. Lewis. Comment ? J. Lewis disait " C'est l'homme qui fait l'histoire " le M.L vient de répondre " ce sont les masses. " Mais si on en reste là, on à l'impression que le M.L donne une réponse différente, mais à une même question. Cette question c'est qui fait l'histoire ? Cette question présuppose donc que l'histoire est le résultat de l'action (faire) d'un sujet (qui ?) Pour J. Lewis, ce sujet c'est " l'Homme ".Pour le M-L ce sujet ce sont les masses. Oui et non…. Un sujet, c'est un être dont on peut dire " c'est lui ! ". Le " sujet " masses comme faire pour dire " c'est lui " ? Justement la Thèse du Manifeste : " la lutte des classes est le moteur de l'histoire " déplace la question, elle nous met face à un problème (et du principe de sa position juste, donc de sa solution). Ce sont les masses qui " font " l'histoire, mais c'est la lutte des classes qui est le moteur de l'histoire. A la question de J. Lewis : comment l'homme fait pour faire l'histoire ? Le M-L répond en faisant disparaître les catégories philosophiques idéalistes de J. Lewis pour en faire apparaître d'autres. Plus question de l'homme on le sait, mais dans " la lutte des classes est le moteur de l'histoire " plus question de " faire " l'histoire. C'est-à-dire plus question du sujet de l'histoire, qu'est- ce qui " fait " l'histoire ? (Autrement dit, Althusser nous dit que, le marxisme n'est pas un psychologisme, ce n'est pas l'individu qui fait l'histoire - Pierre Martin -) Le M.L nous dit autre chose : c'est la lutte des classes (nouveau concept) qui est le moteur (nouveau concept) de l'histoire - qui meut, qui fait avancer, " bouger " l'histoire : et accomplit les révolutions. Cette thèse est d'une très grande importance : parce qu'elle met au premier rang : la lutte des classes Dans la thèse précédente : " ce sont les masses qui font l'histoire " on met l'accent 1) sur les classes exploitées groupées autour de la classe. 2) sur leur puissance de transformation révolutionnaire des rapports sociaux. C'était donc les masses qui étaient au premier rang. Dans la thèse du Manifeste ce qui vient au premier rang, ce ne sont plus seulement les classes exploitées etc. mais la lutte des classes. Il faut bien voir que cette thèse est décisive pour le marxisme-léninisme. Car elle trace une ligne de démarcation radicale entre révolutionnaires et réformistes. Je vais simplifier les choses à l'extrême, mais je ne trahis pas l'essentiel. Pour les réformistes (même s'ils se déclarent marxistes) ce n'est pas la lutte des classes qui est au premier rang : ce sont les classes. Prenons un exemple simple supposons qu'il n'existe que deux classes en présence. Pour le réformiste, les classes existent avant la lutte des classes, (Autrement dit, le fait de chercher à représenter les classes sociales avant de s'intéresser à leur éventuelle conflictualité, nourrit le réformisme. Ceci signifie que le sociologisme est le produit du réformisme, que le sociologisme a bien pour fonction de traiter d'un point de vue bourgeois de la lutte des classes. Emile Durkheim, Père de la sociologie ne s'en cachait d'ailleurs pas, Il voulait que cette " science " soit une réponse au marxisme - Le marxisme n'est pas un sociologisme - Pierre Martin) Un peu comme deux équipes de rugby existent avant la lutte des classes, un peu comme deux équipes de rugby existent, chacune de son côté, avant le match. Chaque classe existe dans son propre camp, elle vit dans ses propres conditions d'existence : une classe peut même exploiter l'autre, mais ce n'est pas encore la lutte des classes. Un jour, les deux classes se rencontrent et s'affrontent, et alors seulement la lutte de classe commence. Elles en viennent aux mains, le combat devient aigu et finalement la classe exploitée l'emporte sur l'autre : c'est la révolution - ou succombe dans la lutte : c'est la contre-révolution. Qu'on retourne la chose comme on voudra, on trouvera toujours la même idée : les classes existent avant la lutte des classes, indépendamment de la lutte des classes et la lutte des classes existe seulement après. Pour les révolutionnaires au contraire, on ne peut séparer les classes de la lutte des classes. La lutte des classes et l'existence des classes sont une seule et même chose. Pour qu'il y ait des classes dans une " société ", il faut que la société soit divisée en classes : cette division ne se fait pas après coup, c'est l'exploitation d'une classe par une autre, c'est donc la lutte des classes, qui constitue la division en classes. Car l'exploitation est déjà lutte de classe. Il faut donc partir de la lutte des classes, pour comprendre l'existence et la nature des classes. Il faut donc mettre la lutte des classes au premier rang. [La thèse de la reconnaissance de l'existence des classes sociales et la lutte des classes qui s'ensuit n'est pas le propre du marxisme-léninisme : car elle met les classes au premier rang. Philosophiquement, cela veut dire : elle affirme le primat de la contradiction sur les contraires qui s'affrontent, qui s'opposent]. La lutte des classes n'est pas l'effet dérivé de l'existence des classes qui existeraient antérieurement (en droit et en fait) à leur lutte : la lutte des classes est la forme historique de la contradiction (interne à un mode de production) qui divise les classes en classes.
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