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Les grandes recompositions à gauche et au PCF par Danielle Bleitrach
Voilà ce que j'en pense et vous ?
Publié 7 novembre 2008 La France
Le communiqué de J-L MELENCHON et M DOLEZ ainsi que les videos qui suivent nous paraîssent assez clairs, le contexte celui d'un Congrès du PS, mais aussi celui du PCF, la tentative du NPA, les grandes recompositions qui sont à l'oeuvre dès aujourd'hui. Il ne s'agit pas seulement du PS mais bel et bien du dépeçage du PCF, nous en jetons quelques élements et chacun me semble-t-il doit clairement percevoir les enjeux réels du congrès du PCF. Personne ne peut aujourd'hui se raconter qu'il sauve le PCF en étant derrière une direction, alors il vaut mieux être franc et dire clairement que l'on accepte la liquidation, que tout se met en place pour les Européennes.
Commençons donc par le communiqué de J.L. Melenchon et Dolez
Le résultat du vote au parti socialiste est connu. Les trois motions issues de la majorité sortante du Parti arrivent en tête. Elles obtiennent 80% des suffrages. Et la motion de Ségolène Royal l'emporte avec sa proposition d'alliance au centre. Ainsi, les orientations qui dominent la social-démocratie européenne l'ont emporté alors qu'elles conduisent partout à l'échec. Elles avalisent l'Europe du traité de Lisbonne, les alliances changeantes, l'abstention face à la droite, et refusent de mettre en cause le capitalisme. Ce résultat est sans ambiguïté. Le score respectable de la gauche du parti n'y change rien malheureusement.
Pour nous, ça suffit comme ça !
Nous refusons de nous renier en participant à des complots et des combinaisons tactiques. Car quelles que soient les arrangements qui sortiront du Congrès de Reims, la future direction du PS appliquera l'orientation majoritaire en particulier quand viendront les prochaines élections européennes. Il faudrait alors accepter ce que nous refusons depuis toujours : le traité de Lisbonne et le Manifeste commun avec les partis sociaux démocrates qui gouvernent avec la droite dans leur pays. Non ! Pour nous, ça suffit comme ça !
Nous prenons nos responsabilités. Dans la crise du capitalisme, notre pays a besoin d'une autre voix à gauche. Nous voulons lui être utiles. Nous voulons reprendre l'initiative, formuler une alternative, faire reculer et battre Sarkozy. Par fidélité à nos engagements, nous prenons donc notre indépendance d'action. Nous quittons le Parti socialiste. Nous allons porter publiquement notre conception du combat républicain et socialiste, sans concession face à la droite, au capitalisme et leur irresponsabilité destructrice contre la société humaine et l'écosystème. Nous allons la proposer au suffrage universel. Ainsi que nous l'a montré en Allemagne Oskar Lafontaine avec Die Linke, nous décidons d'engager avec tous ceux qui partagent ces orientations la construction d'un nouveau parti de gauche et nous appelons à la constitution d'un front de forces de gauche pour les élections européennes. Nous savons qu'une énergie immense dans notre peuple est disponible pour le changement. Il faut aller de l'avant.
Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne
Marc Dolez, député du Nord
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Je crois qu'il faut bien voir ce qui est en préparation, une liste aux Européennes dirigée par J.L.Melenchon et une ré-orientation interne avec Didier le Reste. Ce qui manque incontestablement à J.L.Melenchon et qu'a Oskar lafontaine en Allemagne c'est un ancrage dans le monde syndical. Didier Le Reste apporterait cette dimension.Mais il est clair que l'opération link parti est suffisamment avancée et la direction nationale du PCF, comme la fausse opposition de droite ont donné assez de gages pour que chacun se lance et largue les amarres.
En attendant on comprend mieux le positionnement trés offensif de Nikonoff et du parti qu'il tente de créer lui aussi sur des bases assez comparables, il mesure bien que la grande faiblesse de Melenchon c'est sur l'Europe. Melenchon a des positionements courageux sur bien des points, mais sur l'Europe il reste marqué par sa double origine, le trotskisme et ses errances face à la nation qui les empêche de voir que la nation est aujourd'hui le point d'appui aux luttes des classes populaire, levier de la transformation. Sa seconde origine c'est le PS. Il voit bien que ce parti a abandonné y compris la social démocratie pour rejoindre le blairisme, pour devenir un parti démocrate comme aux etats-unis. Le PS n'a donc plus qu'un horizon qui lui tient lieu à la fois de perspective et de moyen de faire passer la pillule, c'est l'Europe. Ils vont tenter de construire les Etats-unis d'Europe en tentant d'utiliser la vague Obama. Et ce n'est pas un hasard si l'inenarrable Marie Georges buffet a fait une déclaration sans la moindre dénonciation des forces réelles derrière le nouveau président. elle roule pour le PS. Mélenchon dénonce l'opération mais conserve le cadre à savoir une Union européenne que l'on pourrait transformer. Donc il nuance, complète l'opération PS mais en fait c'est toujours du ratissage large. Et s'il a pris le risque de larguer les amarres c'est qu'il a une entente avec la direction du PCF, pour les échéances européennes.
Tout le monde perçoit bien qu'il y a un espace qui demeure inoccupé, c'est celui qui devrait être justement celui du PCF. Donc Nikonoff pense que le PCF va éclater comme le PS, et il prend position sur l'échiquier pour les prochaines échéances, en déclarant qu'il faut sortir de l'Europe et en tout cas de la zone euro. Il sait que ce qui se prépare c'est une liste centriste sur la question européenne, pourquoi pas dirigée par Mélenchon et avec les restes du parti conduit malgré lui et dont ceux qui restent encore sont prêts à tout accepter, les autres étant contraints à partir, une nouvelle vague jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien et chacun tend ses roses tabliers pour recueillir les troupes en déroute. Mais ce qu'il n'avait pas prévu ce sont les résultats de la consultation à l'intérieur du PCF, les 40% d'opposition avec lesquels il faut compter.
Il faut encore ajouter deux élements au puzzle : le premier c'est la contribution de la garde rapprochée de Marie georges Buffet. Cette contribution est stupéfiante de "légéreté" politique au meilleur des cas. nous sommes dans une crise du capitalisme d'une trés grande ampleur, où la question de la démocratie est centrale effectivement, la véritable démocratie, celle de l'organisation de l'intiative populaire contre les mauvais coups. Tout le parti devrait se poser les questions du contenu, des priorités et de l'organisation du parti, et cette bande incroyable donne dans le gadget. L'autre aspect qu'il faut souligner, c'est la manière dont Marie-georges buffet laisse agir en son lieu et place, pour récupérer en cas d'échec. Voici donc cette "exemplaire" contribution:
Une contribution soumise au congrès du PCF sur le nom du Parti (Extrait )
Contribution destinée à nourrir le débat signée par : François
Auguste, Nicole Borvo, Joël Canapa, Sophie Celton, Patrice Cohen-Séat,Jean-Marc Coppola, Marie-Claire Culié, Pierre Dharréville, MichelDuffour, Elisabeth Gauthier, Brigitte Gonthier-Maurin, Joëlle Greder,Fabienne Haloui, Alain Hayot, Gérard Mazet, Gérard Piel, Marjolaine
Rauze, Gilles Ravache, Jean-Claude Sandrier, Richard Sheehan.
…Là aussi se pose la question de nommer ce que nous voulons faire, et devenir. Oui, nous voulons rassembler tout à la fois celles et ceux qui s'engagent en mettant le communisme au cœur de leurs références, et bien d'autres qui sont prêts à partager les mêmes combats politiques en y venant par d'autres références ou d'autres chemins. Nous devons
produire un acte public qui donne ce signal. N'est-il pas nécessaire, pour qu'existe ce Parti ainsi métamorphosé, et d'abord pour manifester notre volonté de le construire, de lui donner un nom qui lui corresponde ? Un nom qui, inséparablement, assume notre histoire et montre de façon visible que nous en tirons les leçons, un nom qui dise le communisme qui est aujourd'hui le nôtre, démocratique, écologiste, féministe, solidaire, libertaire. Un nom qui, du même coup, contribuera à nous libérer des fausses images de nous-mêmes qui nous renvoient,
dans l'esprit de tant de femmes et d'hommes, à une conception du communisme qui n'est depuis très longtemps plus la nôtre. A nous libérer d'une image qui ne correspond pas à ce que nous sommes. A tourner symboliquement une page, pour ne plus apparaître comme un parti du passé mais tourné vers l'avenir, résolument. N'est-ce pas en faisant ce signe, porteur de sens, que nous donnerons corps à la métamorphose -assumons-la pleinement- que nous devons accomplir ? Tout en y gardant notre référence communiste, ne pouvons-nous pas chercher et trouver ensemble ce nom ? Ne pourrions-nous pas accoler au beau nom de communiste, qui dit notre refus du capitalisme et notre idéal de solidarité et d'émancipation, celui de la démocratie, ce qui dirait notre rupture totale et définitive avec le stalinisme et notre passion de la liberté et de la citoyenneté ? Cette question du nom, nous en sommes tout à fait conscients, est difficile puisque nous voulons continuer notre parti, et le métamorphoser réellement. S'il est possible d'imaginer un autre type d'acte public qui dise cela aussi
fortement, énonçons-le. La question mérite débat…
Le deuxième élement du puzzle est donc le contexte des Européennes. Est-ce que vous croyez que c'est vraiment un hasard si se préparent des listes multinationales regroupant en France des candidats de la gauche Européenne, et si l'on propose de supprimer le sigle PCF, pour introduire démocratique, enlever français et ultérieurement communiste.
ce qui est frappant c'est l'urgence, il faut être trés rapidement disposé pour les dites élections européennes, quitte à se dévoiler avant le congrès. Ce qui donne cette impression de désordre généralisé.
face à cette situation , j'ai envie d'interroger les militants et les cadres du PCF: Jusqu'où accepterez-vous du moins certains d'être aveugles? N'est-il pas temps de prendre vos responsabilités, de choisir réellement ce que vous voulez au lieu de ne cesser de vous faire conduire pour devenir l'aile gauche d'un PS atlantiste et pro-européen, un parti qui ayant choisi clairement le social libéralisme a besoin d'une aile gauche protestataire mais "unitaire pour dix" ? …
est-ce que vous vous rendez-compte à quel point ils sont pressés, ce congrès les gêne ils veulent accélérer la mise en place du dispositif.
Personnellement j'ai déjà demissionné du Comité national parce qu'il avait été refusé de discuter de la participation gouvernementale qui se préparait, c'était en 1996. Un congrès avait lieu, le thème en était "l'intervention citoyenne", mais on refusait comme je le réclamais à la tribune de lancer le débat dans le parti sur "la participation future des communistes au gouvernement". Moi j'étais contre et je l'ai dit, mais je n'étais pas sûre d'avoir raison, j'avais besoin de cette discussion. Parce que ce dont j'étais sûre c'est qu'il fallait que les communistes s'ils allaient au gouvernement aient une stratégie, sachent les difficultés, donc nous avions besoin de ce débat sur le fond, et pas d'un gadget "d'intervention cioyenne" qui évacuerait les problèmes.
Aujourd'hui je ne peux que renouveller cet appel. La base commune est un galimatias, elle a été conçue pour brouiller les cartes. pour ne pas avoir à se prononcer sur des questions essentielles comme la sortie de l'euro, de l'union européenne, de l'OTAN, les nationalisations, les solidarités internationales, etc… Si vous voulez réellement agir il faut la transformer en profondeur, dépasser les divisions et les clivages, chercher l'unité.
Donc il faut absolument que le débat ait lieu sur le fond, assez de manoeuvres de diversion, il est peut-être encore temps?
Danielle Bleitrach
1. Pascal Brula 8 novembre 2008 à 1:34
Je pense que, dans le marais de la recomposition politique sur le dos du PCF, la messe n'est pas encore dite, même si en coulisse il a du y avoir des tractations en tous genres. Entre les "refondateurs" qui se sont déjà grillés car s'étant clairement prononcés pour la liquidation et pour un machin à "gauche" et la garde rapprochée de MGB qui s'essaye à faire un pas en avant officiel timide vers la liquidation avec leur contribution collective, il n'y a pas forcément de connivence organisée, mais bel et bien une convergence objective. La seule qui se garde bien de dire quoi que ce soit, c'est la "reine-mère" qui fait celle qui se tient au-dessus de tout cela, afin de conserver la direction au cas où cela tournerait mal. D'ailleurs le scrutin interne les a mis mal à l'aise : ils ne savent plus trop comment faire, alors que parallèlement, on a l'impression que selon une démarche plus ou moins concertée, leur scénario continue de se dérouler et que Mélenchon se prépare pour mener les listes… du PCF aux prochaines européennes. Je pense qu'ils marchent sur des oeufs car ils sont obligés de mettre en oeuvre leur stratégie suicidaire pour le PCF pendant que les communistes (au sens large) commencent à en prendre conscience et à s'opposer à leur dessein. Quant à Nikonoff, il a lui aussi signé l'appel de Politis pour un autre parti (l'autre soir, il m'a dit qu'il avait encore sa carte au PCF !), mais il n'est pas du tout sur les positions des autres vis-à-vis de l'Europe. Je trouve son positionnement assez isolé au sein de cette mouvance. Encore une démarche qui prouve que la recomposition est mal organisée et peu homogène… Je pense que tout cela se passe dans une extrême confusion, malgré une convergence objective de tout ces courants : en finir avec le PCF.
2. socio13 8 novembre 2008 à 7:42
je suis d'accord avec toi Pascal à quelques nuances près:
1) Nikonoff est effectivement au PCF, il m'a précisé que c'était jusqu'en décembre 2008, "pour terminer l'année civile". Il a fondé avec les anciens d'Attac du monde diplo, un groupement qui effectivement sur l'Europe, et sur des tas de questions, nationalisation, internationale, se situe d'une manière intéressante qui n'a rien à voir avec ce marais ou plutôt ce marigot.
2) je ne suis pas convaincue sur les caractère non coordonné de la chose, je ne crois pas que Melenchon et Dolez auraient officiellement largué les amarres sans avoir obtenu des assurances de la part de la direction du PCF, en l'occurence MGB et Francis Wurtz.
3) Le fond de ma pensée est que j'ai de la sympathie pour bien des positionnements de Melenchon, c'est un homme plus courageux sur nombre de points que notre direction, le seul point mais il est de taille sur lequel je suis en total désaccord est justement l'Europe. L'Europe a remplacé pour les socialistes toute perspective de changement, ils ont même abandonné la stratégie social démocrate, ils sont en plein blairisme alors que celui-ci en Angleterre est en pleine déconfiture. Donc il ne leur reste plus que la "perspective européenne". Et Melenchon partage cette vision illusoire d'une Europe des luttes, où le parti de gauche qui regrouperait les débris du PCF, son PRS irait rejoindre la Gauche Européenne et le link parti, attirant la gauche du PS et pourquoi pas les trotskistes en son sein, c'est une alternative pour l'Europe qu'il tente de construire, pas pour la France.
4) Enfin, il ne faut pas oublier l'origine de tous ces gens, y compris ceux de la Riposte, la plupart sont trotskistes et ont fait un stage infructueux au PS. Ce qui là encore les différencie de Nikonoff.
5) Ce que je voudrais et c'est pour cela que j'expose ces cartes c'est que l'on arrête de duper le militant communiste lambda, ses fidelités, et que l'on pose clairement ce qui est recherché. Mais cela ne ferait pas l'affaire de MGB qui joue "l'observatrice" ne serait-ce comme d'habitude pour récupérer la direction et offrir l'opportunité d'une autre manoeuvre en temps utiles jusqu'à la liquidation totale, saignée après saignée. Je crois qu'il faut avoir le courage de regarder en face ce fait là, Marie-georges Buffet n'est pas une dirigeante communiste, elle est depuis bien longtemps un membre actif du PS et agit en tant que telle.
6) Ceux parmi les communistes qui continueront à appuyer l'opération sont responsables de l'achévement du PCF, ils ne peuvent plus dire qu'ils ne savaient pas, qu'ils voulaient maintenir l'unité.
7) Ce que je partage totalement avec toi pascal c'est le fondamental c'est-à-dire la manière dont ils agissent tous dans le désordre, l'urgence, multipliant des initiatives pour le moins malencontreuses, le texte par exemple de la garde rapprochée est ridicule dans le contexte actuel. Nous sommes devant la plus formidable crise du capitalisme et c'est tout ce qu'ils trouvent à dire, quand on pense que c'est à des gens aussi "légers" qu'a été confiée la direction du PCF. Le fond est que notre pays comme bien d'autres vont affronter une situation trés dure dans lequel ce que représente le communisme sera essentiel, ce lien avec les classes populaires, cette véritable démocratie qui est de développer l'intiative des classes populaires, cette histoire qui mêle lutte des classes et souveraineté nationale. Et cette bande de crétins, je pèse mes mots, donnent dans le gadget.
Danielle bleitrach
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