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Préparer les élections présidentielles
et le futur congrès du parti
Avec l'échéance de 2012 se repose au sein du parti la question des présidentielles et celle du meilleur candidat pour porter à la fois les attentes de notre peuple, le besoin d'unité de la gauche de transformation, et l'avancé du projet communiste en France. Je tiens ici à faire part de ma réflexion sur ces sujets et à marquer ma différence dans le concert de ceux qui jugent qu'il est indispensable qu'il y ait aujourd'hui un programme communiste porté par un candidat communiste.
Si ces 2 conditions me paraissent indispensables à être posées, elles le sont pour moi, d'abord et avant tout, dans le cadre de la conflictualité de lignes qui s'opposent au sein du PCF et moins comme un absolu incontournable dans nos relations avec nos partenaires au sein du Front de Gauche. Ce qui constitue pour moi, la cause première de la crise dans laquelle se débat le PCF, tient essentiellement à son orientation social-démocrate, une orientation inconsciemment assumée, qui fait qu'au sein même de sa direction des tendances centrifuges travaillent à sa désagrégation. La cause de cette déviation est donc d'abord et principalement une crise interne, liée à dichotomie entre une affirmation existentielle celle de la forme parti (P.C.F), et l'absence de finalisation du projet communiste pour la France, nécessitant une stratégie d'alliance.
La question de savoir si un candidat de la gauche social-démocrate peut être porteur de la représentativité de l'ensemble du Front de Gauche, tient essentiellement d'un point de vue communiste, à la capacité du PCF de contrôler les tendances profondes de cet enjeu politique, donc à sa capacité d'affirmer une ligne ferme, capable à la fois d'assurer un rassemblement démocratique et progressiste mais aussi et surtout d'ouvrir une perspective de transformation révolutionnaire à orientation communiste. C'est parce que le P.C.F est en crise, que la candidature Mélenchon devient un problème, bien plus, que parce que Jean-Luc Mélenchon serait quelque peu fantasque, parfois un peu incontrôlable, ou que l'on peut discuter légitiment tel ou tel point du programme du P.G.
Sans parler de cette pseudo analyse qui adresse des reproches infondés à J.L Mélenchon et va jusqu'à scander cette tautologie : Le P.G est socialiste ! Donc il n'est pas communiste !
Effectivement camarades, le P.G est socialiste et si nous ne sommes pas au P.G, c'est qu'il existe une différence de nature entre un programme socialiste, même de gauche, et un programme communiste. Je ne peux donc pas lui reprocher d'être ce qu'il est (Dans mon milieu d'origine on a une expression pour désigner cela : si ma tante en avait, on l'appellerait mon oncle !).
Cependant à d'autres périodes (je pense ici à la résistance) nous avons su très bien nous intégrer dans des fronts infiniment plus larges qu'un simple front de gauche, avec des forces infiniment plus faibles, et pour un avenir qui était loin d'être écrit d'avance, simplement parce que sur la question des principes comme sur celle de la stratégie, nous avions pu dégager un consensus fort et des valeurs qui dans leur affirmation de transformation révolutionnaire, étaient stables. Aujourd'hui nous en sommes très loin, aujourd'hui, malgré le léger mieux électoral et militant, le P.C.F est loin d'être sortie de sa crise de perspectives, de sa crise des valeurs. C'est pourquoi il est fondamentale que la remontée de l'influence de son aile révolutionnaire de son aile gauche se poursuive, il faut qu'elle devienne majoritaire pour impulser le tournant que nous attendons tous, l'impulsion d'un nouveau rapport à la politique et d'un nouveau rapport aux objectifs de transformation révolutionnaire. Cependant cette attente, qui semble désormais correspondre à une volonté majoritaire des adhérents, ne doit pas masquer les vertiges du succès et le danger de substituer à l'opportunisme réformiste présent au sein de la direction, un sectarisme et une étroitesse partisane qui risque de désagréger un rassemblement qui commence aujourd'hui à trouver une certaine cohérence et un certain succès d'estime.
A propos de quelques contre-vérités :
Je tiens à dénoncer ici, les mauvais procès portés par un certain sectarisme.
Il est faux d'affirmer que le Front de Gauche ne fédère qu'une aile réformiste incapable de dépasser les objectifs de la social-démocratie, le Front de Gauche fédère aujourd'hui un arc de transformation qui va de l'extrême-gauche (toutes tendances confondues, aussi bien des Marxistes-Léninistes (R.C.C, P.C.O.F) que des Marxistes-Révolutionnaires (Militant, La Riposte, G.U, la FASE etc.) aux alternatifs et altermondialistes en passant par la Gauche Social -Démocrate. Jamais un tel arc, dans la gauche de transformation et de rupture, n'avait réussi à se rassembler et nous devons essayer autant que possible de préserver cette unité. La question véritable qui se pose est à mes yeux, celle de notre rapport à ce regroupement, à la fois dans nos valeurs et nos objectifs, et conséquemment dans notre rapport à sa dynamique interne. La question essentielle du parti majoritaire au sein de ce rassemblement (le PCF) porte donc sur sa capacité à introduire une perspective révolutionnaire, sa capacité à la faire partager et surtout à l'impulser.
C'est pourquoi il est essentiel de poser la question au sein du parti, de l'affirmation d'un programme communiste en lien avec une candidature " communiste ". Quand nous posons la question du programme et du candidat " Communiste " nous allons bien au-delà de la simple affirmation de savoir si c'est uniquement un militant du P.C.F qui peut porter une telle exigence.
Programme communiste, programme du Parti Communiste Français, et Programme démocratique :
La crise du PCF se nourrit d'une double absence : celle de la réaffirmation de principaux doctrinaux constituant le socle de notre représentation du monde, de son appropriation par l'ensemble des militants communistes, mais aussi celle de son incarnation, le programme du Parti Communiste Français, qui doit en être l'expression nationale. Aujourd'hui n'est plus proposé à l'ensemble des militants qu'un programme démocratique, d'autant plus flottant dans sa cohérence et son étendu qu'il vit au rythme de nos alliances et au bon vouloir de nos partenaires.
Depuis des dizaines d'années, aucun combat idéologique n'est venu réaffirmer l'exigence ontologique de la défense d'un programme communiste, issu de la doctrine du même nom, au sein du P.C. F ; c'est-à-dire la nécessité d'un programme réaffirmant clairement les finalités de la société à laquelle nous voulons aboutir, un programme réaffirmant clairement les fondements du communisme. Il y a encore 40 ans tout militant communiste savait, ou était sensé savoir, qu'il combattait pour la disparition de l'exploitation de l'homme par l'homme, pour l'abolition du salariat, pour la disparition de la propriété privée des moyens de production, pour la mise de œuvre de la propriété commune, pour la construction d'un Etat socialiste ouvrant la voie au communisme etc., etc.,
Aujourd'hui après la grave crise de droitisation traversée par le parti, il n'existe plus de tactiques liées à une stratégie de conquête du pouvoir économique et sociale en vue de cette finalité : faire advenir une société communiste. Ce qui existe " au mieux ", c'est un programme émanant du P. " C ". F. dont le moins que l'on puisse dire est que les quelques ruptures qui nous sont proposées sont très loin d'ouvrir à une telle perspective, et n'offrent aucune cohérence d'ensemble avec la réalisation d'une quelconque société communiste. On n'en est même plus au " Changer de Cap " ou au " Programme Commun " des années 70, qui avaient quand même comme volonté affichée d'ouvrir à une " démocratie avancée " qui elle même serait l'antichambre du socialisme qui lui même annoncerait la réalisation d'une hypothétique société communiste.
Aujourd'hui après l'échec de l'étapisme, nous en sommes au grand " Vide ", au programme " Démocratique " qui tourne en rond dans le démocratisme, nous combattons principalement pour ne plus nous faire enfoncer, perdre nos avantages sociaux, ou pour ce qui est représenté comme notre " fer de lance " stratégique : élaborer un vague programme démocratique autour de la défense de certains services publics (sans d'ailleurs affirmer la nécessité de la propriété publique, ce qui facilite l'opération européenne de délégation de service, de subsidiarité et de missions d'intérêt général que le privé pourrait, selon eux, tout aussi bien assumé), tout cela avec" le plus de monde possible", ce qui consiste à confondre stratégie et tactique, puisque la tactique du " tous ensemble " transformée en stratégie, consiste à passer notre temps à attendre ce que nos voisins " idéologiques ", nos partenaires de " gauche ", peuvent bien proposer, et donc veulent bien vouloir construire de " commun " avec nous, plutôt que d'affirmer ce que nous, nous voulons.
Pas de programme du PCF sans substrat idéologique d'un programme communiste mondial.
Un vrai programme communiste, qui n'est envisageable qu'à l'échelle internationale, devrait décliner ses objectifs sur la base des valeurs constituant l'idéal communiste. Des valeurs qui se réalisent en liant le signifié " communiste " au signifiant " Une société sans classes et sans Etats ". La question d'un authentique programme communiste devrait donc répondre à la contradiction suivante : comment construire dans le cadre d'une formation sociale donnée (ici : la France), un programme qui ait la particularité d'être à la fois national et international. Un tel programme est-il possible sans programme partagé à l'échelle internationale à l'échelle d'une Internationale- et dans ce cadre par exemple- le PGE actuel répond il au niveau européen à cette mission- sinon- que devrait être ou pourrait être, le lien entre les communistes européens et le reste du mouvement communiste et révolutionnaire mondial ?
On voit bien que si vraiment on est communiste, l'absence d'une internationale devient aujourd'hui intenable, et on voit bien également que l'actuel P.G.E répond peu et mal, à une telle exigence. Le PGE répond peut être aux attentes d'une " vraie " " gauche " européenne, mais sûrement pas à l'attente d'une vraie rupture avec le capitalisme, dans le cadre d'une perspective communiste (et encore une fois, pour ceux qui font semblant de ne pas comprendre, nous ne disons pas ici : Pour la satisfaction du seul cadre étroit d'un programme défendu par l'actuel PCF! Car constatons- le, il faudrait bien d'autres qualités et infiniment plus de ruptures pour affirmer qu'un tel programme se dirige dans le sens du communisme. D'autre part jamais, jamais, nous n'avons nier le fait qu'il y ait ailleurs des communistes, présents individuellement dans la vie politique et sociale voir dans d'autres organisations ou partis qui peuvent d'ailleurs ne pas s'afficher ouvertement comme " communistes ".
La question du communisme exige bien un rassemblement majoritaire et est donc d'une toute autre nature et d'une tout autre ampleur que ce qu'est capable de proposer et de résoudre le seul PCF, nous ne sommes ni sectaire, ni dupe, mais, on ne nous empêchera pas d'affirmer que : voir la principale force organisée se réclamant de cette filiation historique, incapable de poser ne serait-ce que les présupposés programmatiques d'une telle stratégie, à de quoi désespérer n'importe quel néophyte de la politique.
Quand nous posons ou abordons ces simples questions, combien de dirigeants nous regardent comme si nous parlions le martien " qu'est-ce que qu'il nous raconte avec ses histoires de communisme et de programme communiste ? On n'y comprend rien ! " Il n'est donc pas étonnant que le mot " communiste " ne désigne plus pour eux, qu'un problème de boutique ou de marque déposé, qu'il s'agit dans un cas comme dans l'autre, soit de supprimer soit de conserver, mais pour de toutes aussi mauvaises raisons l'une que l'autre (opportunisme ou/et sectarisme).
Aujourd'hui dans l'esprit de nombreux militants une confusion existe non seulement entre programme communiste et programme du PCF, mais aussi entre programme du PCF et programme démocratique. Le programme communiste nous venons de le voir, tous ceux qui s'intéressent aux questions de doctrine, le connaissent. Savoir si nous pouvons nous passer de l'Etat, abolir directement le salariat, mettre en place une phase de transition, etc., est ce qui faisait traditionnellement la différence entre le PCF et l'extrême-gauche, ceci renvoyait donc à un débat entre communistes et s'illustrait à travers le programme des partis, malheureusement on n'en est absolument plus là. Le seul programme capable d'être aujourd'hui proposé par notre direction est celui que nous pouvons proposer " électoralement ", le programme partagé, celui de l'union de la gauche, que cela soit dans la gauche " plurielle " ou dans le " Front de Gauche ". Mais ce qui est plus grave pour nous, sans qu'il ne soit jamais relié à l'avancé de nos objectifs, en vue de nos fins.
Car ce que l'on oublie sciemment de dire, c'est que l'absence de perspective communiste est aussi un objectif, et que cet objectif satisfait ceux qui veulent en rester à une simple société " démocratique " à caractère plus ou moins sociale. Le fait que notre combat au sein de l'union ne soit pas conduit sur des bases claires, contribue à nous affaiblir, nous stagnons, voir régressons au profit d'autres, c'est cela le véritable programme de liquidation masquée qui est conduit par une fraction de notre direction, et le débat que nous avons entre nous, qui porte sur la question de l'existence ou non de la forme parti pour porter le projet du même nom, n'est fondamental qu'au regard de la société que nous entendons construire et pas pour savoir s'il faut sauver un parti pour sauver un parti.
Quel candidat pour porter ce programme
La tâche de l'heure et compte tenu de l'état du PCF est donc aujourd'hui d'affirmer la nécessité de proposer un programme communiste " idéalement " défendu par un candidat " communiste ". Nous voulons que le programme communiste, programme mondial s'incarne dans un programme national porté par la fraction communiste présente sur notre sol. Nous combattons pour le communisme, et pas seulement pour le socialisme, ou, comme une majorité de nos dirigeants, simplement pour quelques réformes modestes d'aménagement du système, qui ne remettent rien de fondamental en cause.
La reconquête sur la base de nos idées et de nos valeurs passe donc par l'ouverture d'un véritable bilan de l'histoire passée sur des bases non réformistes, et sur ce socle, la construction d'une stratégie pour l'objectif que nous nous fixons : le Communisme.
Le communisme n'a jamais existé, il n'y a donc jamais eu de crise des sociétés communistes voir de crise des " Etats " communistes (oxymore) (sommes nous tous d'accord sur ce constat de base ? Je suis certain que non, mais comme jamais nous ne discutons des sujets fondamentaux dans ce parti, nous passons notre temps à nous envoyer des représentations du monde à la tête sans comprendre que derrière les mots nous ne mettons absolument pas les mêmes choses), ce qui a existé et continue d'exister, parce que le problème n'est absolument pas réglé, c'est la crise du socialisme.
Le socialisme a été et continue d'être en crise, partageons nous tous cette assertion ?
(Je ne le crois pas, sinon personne au sein du P.C.F ne s'essaierait à fonder ou refonder un parti socialiste de " gauche ", avec la mise en place du P.G.E, et la tentative de mise sur pied d'un " Front de Gauche " auquel on va pouvoir directement adhérer. Le véritable problème est là, et malheureusement des véritables problèmes dans le PC on n'en parle pas, on en reste à la surface des choses, à l'immédiateté, au " Tous ensemble, Tous ensemble ! " qui certes rassure, mais qui sur le fond ne règle absolument rien)
Un candidat de la gauche socialiste peut-il porter nos valeurs ? Cela dépend, cela dépend du programme qu'il énonce et de sa volonté d'ouvrir une sortie à la crise du capitalisme. Il n'y a aucune fatalité dans un sens ou dans un autre.
Dans la mesure, où rien n'est venu, ni ne vient, nous convaincre que nous puissions nous passer d'une phase de transition entre le mode de production capitaliste et le mode de production communiste, alors oui, nous considérons que le socialisme est bien le type de société dans laquelle nous allons devoir vivre jusqu'à ce qu'advienne la fin des classes sociales et la disparition des Etats. Dans ce cadre, s'il existe une gauche socialiste conséquence pour marcher à nos cotés nous ne pourrons que nous en réjouir. Mais comment pouvons nous orienter cette phase de transition ou s'affronte l'ancien et le nouveau, si nous ne sommes pas les porteurs du nouveau, les porteurs du communisme.
Est-ce qu'une gauche socialiste radicale peut conduire le projet d'ouvrir la perspective d'une possible transition ? Rien ne l'interdit, sinon il faut être cohérent et exiger par exemple à l'échelle internationale, que Chavez s'en aille pour que le P.C.V prenne le pouvoir. Ce n'est pas ce que demandent, et ce que font nos camarades vénézuéliens. Ils combattent au contraire pour que l'orientation progressiste du Venezuela trouve sa voie et que l'ensemble des forces progressistes soient gagnées au socialisme, puis, à la nécessité du communisme. C'est pourquoi en tant qu'organisation ils luttent pour maintenir leur indépendance et ont refusé jusqu'à maintenant de fusionner avec le Parti Socialiste Unifié de Chavez. Chavez leur à dit " venez chez nous, vous pourrez maintenir votre point de vue, je soutien le socialisme, je soutiens Cuba, il ne doit y avoir qu'un parti ouvrier et un seul leader, par pays ! " Mais eux répondent qu'en maintenant leur indépendance, ils maintiennent la nécessité de bien marquer que le socialisme ce n'est pas le communisme.
Le socialisme c'est une auberge espagnole progressiste. Quand est-on dans le socialisme ? Personne n'est capable de le dire avec certitude. Le Venezuela est socialiste, Cuba est socialiste, la Chine est socialiste, la Corée du Nord est socialiste et la Suède, de la grande période redistributive, l'était (sans doute ?) un peu aussi.
Parce qu'elle est lutte de contraires, la phase de transition " le socialisme ", offre une grande variété de modèles et de sociétés, où capitalisme privé, capitalisme d'Etat, modèles coopératifs et alternatifs, sont plus ou moins divers et riches, tout cela constitue des sociétés qu'y peuvent être dites " socialistes ". Seul comme mode de production le communisme est mode de production antagoniste du capitalisme. Le socialisme c'est l'entre deux.
Forger un parti qui prétend se fixer pour objectif ultime " l'entre deux " : le " socialisme ", c'est prendre le risque de maintenir les classes sociales et l'exploitation. Seuls ceux qui combattent pour le communisme, peuvent prétendre avoir un point de vue clair.
Peuvent " prétendre " et rien de plus, car on sait trop bien que beaucoup de gens qui se disent, " communistes " ne font rien pour que celui-ci advienne. Les dirigeants du parti communiste chinois, sont-ils " communistes " et réciproquement, tout ce qu'ils font a t'il pour seul objet de s'opposer à l'avènement du communisme ? Suffit-il d'avoir une carte du parti communiste dans sa poche pour " être " communiste, etc., etc.
Cela interroge aussi au sein même du parti ceux qui prétendent que le PCF à vocation à tout incarner et tout absorber. Si le P.C.F absorbait le Front de Gauche, la situation serait-elle plus claire que dans le cas qui nous est proposé de figure inverse, celle que conduit la tendance liquidatrice du parti, qui veut que nous disparaissions dans le Front de Gauche. Même avec une étiquette P. " C ".F, quelles tendances sociales et quels intérêts politiques exprimeraient vraiment une organisation patchwork qui couvrirait toutes les couleurs politiques du Front-Unique, voir du Front Populaire. Quelle est la chance qu'un tel parti (parti unique, voir parti totalitaire) puisse un jour trouver la route du communisme réel ?
Ce n'est pas dans le fait qu'un candidat porte l'étiquette " P.C.F " que je reconnais la dimension communiste ou non de son programme, c'est par son contenu et l'action qu'il suscite. Des militants qui se battent pour un contenu, il y en a partout, dans les syndicats, dans les associations, dans d'autres partis révolutionnaires. Des communistes, il y en a ailleurs. Mais si je choisis tel ou tel parti, tels ou tels associations ou syndicats, c'est que je pense que du point de vue de mes valeurs et de mes finalités, il a par son action plus de chance de me conduire dans ce sens. C'est pourquoi un programme, même juste, ne suffit pas. Des organisations aux programmes " plus révolutionnaire que moi tu meurs ", j'en ai connu beaucoup et pourtant je n'y ai jamais adhéré, il faut bien d'autres qualités qu'un discours pour forger une organisation de transformation. Cependant tous les militants un peu conscient du parti aujourd'hui le disent, quelque chose ne va plus dans le Parti Communiste Français, mais quoi ? Je pense que ce n'est pas son manque d'actions, le P.C agit et il agit même de façon ouverte pour chercher le rassemblement le plus large. Pourtant souvent celles-ci nous donnent l'impression d'un inachèvement, d'un manque, et donc d'un aspect plus où moins utile. C'est que le sentiment partagé par plus ou moins de camarades, que le P.C a perdu ses valeurs, est entrain d'apparaître au grand jour.
" Le parti ne sait plus où il va, le parti n'est pas à la hauteur, la stratégie du parti nous déçoit " voilà ce que disent les camarades. Cela nous en sommes sûr provient de la désarticulation profonde entre les fins, le but, et les moyens mis en œuvres. Le P.C.F, n'agit plus non seulement en vue du communisme (mais là il y aurait beaucoup à dire sur son histoire, il y a sans doute bien longtemps qu'il n'agit plus pour le communisme), mais il n'agit plus non plus, pour le socialisme, ni même pour une avant société démocratique " jugée " suffisamment crédible pour qu'elle nous ouvre la porte d'une telle perspective. Aujourd'hui, il se cantonne aux actions de défenses des droits et de la démocratie et à l'élaboration plus ou moins sociale d'un programme qui est très loin de s'attaquer à la propriété privée des moyens de production, à l'abolition de l'exploitation et du salariat, à la fin de la division du travail etc. il faudrait désormais se battre pour réorienter " socialement " l'activité du capital. Un capital que nous pourrions par l'action " démocratique " contraindre à faire ce qu'en 300 ans il a toujours refusé d'effectuer. C'est cette illusion que les militants remettent aujourd'hui en cause. Que le chemin qui mène au communisme ne soit plus du tout évident, que le mouvement révolutionnaire et les forces qui le portent soient aujourd'hui en crise, tous les militants le savent. Mais qu'au lieu de s'attaquer à ces problèmes, on nous propose des solutions illusoires, des constructions " chimériques " basées sur la bonne volonté pour l'appliqué d'un Capital qui n'en veut d'ailleurs pas, on ne voit plus où cela mène.
Prenons le cas de la monnaie européenne, celle-ci est aujourd'hui en crise, elle a toutes les chances d'éclater, des pays vont en être chassés. Que nous propose- t'on ? Pendant des années nous avons été contre la construction capitaliste européenne, il n'y avait rien à en attendre. Contre le traité de Rome, contre les traités européens, contre l'abandon des souverainetés nationales, contre la création de l'Euro et de la monnaie unique etc. Pour aboutir à quoi ? A reconnaître et défendre aujourd'hui tout ce que nous avons combattu hier, tout cela au nom du " réalisme " (en fait au nom de l'adaptation au capitalisme), nous finissons par adorer tout ce que nous avions brûlé hier, et nous laissons aux seuls fascistes le soin d'incarner l'esprit national.
Ce n'est d'ailleurs pas la première fois, qu'une telle situation nous arrive, souvenez vous de l'histoire de l'arme atomique, nous étions contre jusqu'à ce qu'au nom de l'entente avec les socialistes, nous devenions pour, sans qu'aucune discussion n'est été ouverte sur la question (aujourd'hui d'ailleurs, plus personne ne sait où on en est, est-on encore pour, ou suivons nous le Mouvement de la Paix qui lui est contre y compris pour la France ?).
Nous passons notre temps avec 10 ans de retard par admettre, puis courir après, ce que nous combattions la veille. Ce n'est plus un parti d'avant-garde, c'est la soumission totale à l'esprit défaitiste d'une arrière garde en déroute. On veut faire le changement et l'alternative sans nationalisations, on veut mettre en sécurité les salariés sans abolir le marché du travail et le chômage, on veut règlementer la finance internationale, avec une fiscalité qui n'arrive même pas à faire rentrer les impôts courants dégagés par la production de biens et de services, etc. etc.
Manque plus que le retour du petit jésus sur terre et on aura le paradis d'une société enfin pacifiée et réconciliée avec elle-même. C'est beau l'utopie ! Ca ne mange pas de pain et ça n'engage que les imbéciles qui y croient. En attendant nous ne pouvons même pas bénéficier politiquement de l'arrivée de la catastrophe " la crise de la C.E .E " que nous n'avons pourtant cessée d'annoncer !
Dans toute cette histoire quel est véritablement le responsable de cette déroute idéologique ?
Mélenchon ?
Mélenchon est responsable du marasme idéologique dans lequel se débat le parti, Vous le croyez vraiment ?
Ne serait-ce pas plutôt le parti qui se sert de l'alibi Mélenchon, pour s'enfoncer dans un cours catastrophique qui ne mène nulle part. Oui cette idéologie est bien social-démocrate, oui elle nous conduit à la catastrophe, mais nous n'avons eu besoin de personne pour la produire. Elle est le fruit de notre propre dérive opportuniste, de notre propre soumission au réformisme.
Il faut reconstruire un Parti Communiste Révolutionnaire, mais ce n'est ni par l'opportunisme, ni par le sectarisme qu'on y arrivera. C'est par la mobilisation dans les luttes et la reconquête et l'extension des droits sociaux et sociétaux, c'est par l'augmentation des salaires et la rupture avec le système. De ce point de vue le programme partagé nous parait très insuffisant, c'est pourquoi, nous comptons plus sur les mobilisations sociales que sur les élections pour parvenir à inverser les rapports de force. Il apparait de plus en plus que c'est par la rue et par la grève que les chances de conquêtes et de reconquêtes peuvent s'imposer. C'est pourquoi Mélenchon ou pas Mélenchon, nous devrons nous battre pour avoir satisfaction.
Pierre Martin
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Une position claire est nécessaire
Dans ce texte de mon camarade et ami Pierre Martin dont je partage 99% de l'analyse il me semble utile de préciser concernant Mélenchon 3 Points critiques:
1/ Les positions politiques de Mélenchon concernant son accord sur la guerre coloniale faite en Lybie
2/ Son adhésion constante à l'Europe actuelle, alors que les peuples souffrent de la dictature des capitalistes (qui tentent aujourd'hui à reprendre toutes les avancées sociales). Cette position commune avec maints dirigeants de droite à la tête du PCF nourrit l'illusion qu'il serait possible d'amender socialement le capitalisme. Ce sont des positions inacceptables, largement combattues par les travailleurs, se manifestant, entre autres, dans les abstentions massives aux élections et lors de manifestations organisées par le " haut "
Soyons clairs la politique communiste ne peux pas occulter la lutte contre l'Europe capitaliste et ne peut mettre au rancard notre volonté de construire une société de partage des richesses produites par le travail
3/ Le mépris de ce politicien pour le parti, (qu'accepte la droite dirigeante), ne peut être admis par les camarades ; à titre d'exemple cette dernière preuve lors de notre fête de l'huma ou il a montré sa volonté de faire plier les communistes a ses propres volontés en les priant de " dégager ". Il emploie donc la même politique que Mitterrand pour la destruction de ce qui reste du PCF mais il est beaucoup moins finaud et se montre sous un jour dictatorial.
Pour au moins ces 3 raisons je ne pourrai pas appeler à voter pour ce candidat ni lui apporter mon vote personnel.
Michel Mélinand
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