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La Gauche Communiste (Historique), La Gauche Communiste du P.C.F Et Le Capitalisme d'Etat. Nous souhaitons aborder dans cet article consacré au capitalisme d'Etat, notre rapport à la Gauche Communiste (Historique), plus exactement aux Gauches Communistes (Historiques).On peut en effet les ramener pour l'essentiel à trois grandes familles : La Gauche Communiste Conseilliste ou Gauche Germano-Hollandaise, la Gauche Communiste Syndicaliste ( L' A.A.U.D.E allemande, l'Opposition Ouvrière russe ) assez proche du communisme libertaire, enfin la fraction Bordigiste ultra-partidaire, qui comme les précédentes se décline aujourd'hui en une myriade de petites organisations s'opposant les unes aux autres (les camarades intéressés par leur recensement trouvons aisément sur Internet de quoi satisfaire leur appétit) Tous ces groupes à un moment ou à un autre ont entretenu avec la mouvance trotskiste des liens plus ou moins permanents, allant jusqu'à des tentatives d'organisations communes qui n'ont pas perduré. Il existe encore aujourd'hui des résidus de ses liens, par exemple dans des organisations micropusculaires, ou dans certains comités de reconstruction de la 4ième internationale trotskiste sous influence de la Gauche Communiste (L'U.R.S.S envisagée comme Capitalisme d'Etat et non comme " Etat bureaucratiquement dégénéré ") à l'opposé certaines mouvances de la Gauche Communiste considèrent Trotski comme un théoricien à mettre sur un pied d'égalité avec leurs théoriciens traditionnels. Un mot sur la Gauche Communiste (Historique) française : elle s'est déclinée en 2 groupes principaux l'un relevant de la branche syndicaliste " La Révolution Prolétarienne " Monatte et Rosmer, l'autre de la tentative de création d'un nouveau parti : Treint, Suzanne Girault " Le redressement Communiste ". Elles se sont donc inscrites dans la logique d'affrontement qui a eu lieu entre ces 2 approches que sont, à l'échelle internationale, d'un côté le communisme relevant principalement du syndicalisme, de l'autre celui relevant principalement du parti, la branche purement conseilliste n'ayant pas eu en France de partisans à l'origine. Compte tenu de la faiblesse de leurs représentations, ils ont tous essayé d'établir une passerelle avec Trotski. Cela donnera lieu à des tentatives de fusion avec ses partisans (Naville et Molinier) qui éditent à l'époque " La Luttes des Classes ", pour déboucher sur une éphémère Ligue Communiste, qui finira par éclater. En France l'absence sérieuse de période révolutionnaire depuis la Commune de Paris a conduit le mouvement " révolutionnaire " dans l'impasse des déviations de gauche (ultra Gauche des C.C.I) comme de droite (l'actuel P.C.F). L'absence d'une théorie et d'une pratique issue d'une approche révolutionnaire originale de l'histoire de la formation sociale française, qui aurait pu s'incarner dans un parti ou un leader révolutionnaire a fait le reste. Quels intérêts peut-il y avoir aujourd'hui à s'intéresser à l'apport théorique et programmatique de la Gauche Communiste (Historique), quels liens et quelles passerelles peuvent exister entre cette Gauche Communiste et la Gauche Communiste du P.C.F ? D'abord la réaffirmation pleine et entière que la seule solution à la crise de l'humanité qui soit aujourd'hui fiable, s'incarne dans la construction d'une société communiste. Que c'est donc en partant de cette finalité que doit être résolu la question du chemin qui y conduit. Aux partisans du révisionnisme réformiste affirmant " le but n'est rien, le chemin est tout ", la Gauche communiste (historique) a eu le courage de répondre " le chemin n'est rien, le but est tout ", même si comme nous le verons, cette réponse est tout aussi idéaliste que la précédente. C'est pourquoi dès le début, ils se sont posés la question de la contradiction en acte qu'est la volonté de vouloir construire un " Etat " " Socialiste ". Car qui dit : " Etat " dit classes et luttes de classes, et qui dit " Socialiste ", doit d'abord en définir la nature. S'agit-il d'une société appelée à perdurer, un nouveau " mode " de production ? Qu'elles doivent - être les moteurs de résolutions des contradictions, conduisant vers la société sans classes et sans Etats ? C'est sur tout cela que s'est engagée la polémique avec Lénine, qu'elle s'est poursuivie avec Trotsky. Dans nos précédents articles, nous avons cherché à mettre en avant que l'un comme l'autre ne nous aide pas dans les définitions qu'ils donnent du socialisme à rompre avec son " anti-chambre " : le capitalisme d'Etat. La définition du socialisme, comme socialisme " d'Etat ", ne rompt pas significativement avec ce que la conjoncture historique oblige le mouvement ouvrier à réaliser savoir : le capitalisme d'Etat " anti-chambre " du socialisme. Le socialisme se " confond " avec le résultat objectif de la socialisation mécanique contenu dans le capitalisme d'Etat, ce que met bien aujourd'hui en avant la théorie " droitière " de l'actuelle direction du P.C.F : " le dépassement ". Dès lors, il devient logique que les nationalisations deviennent les lieux où se concentrent les contradictions d'une pensée qui ne trouve plus la voie du communisme. C'est autour des nationalisations, leurs contenus, leurs formes, que se joue aujourd'hui l'affrontement en aile droite et aile gauche du communisme. La droite du mouvement communiste y voit les effets mécaniques d'un système qui conduit au bureaucratisme et prive l'individu de ses capacités d'initiatives autant que de son statut de sujet de droits. Si les nationalisations se révèlent inefficaces à satisfaire les besoins du sujet consommateur, il n'est pas inepte de vouloir réinjecter de l'espace privé en leurs seins, puisse qu'elles se révèlent incapable d'assurer sur leurs fonds propres, l'élargissement de leur auto- reproduction, et dans leur mode de gestion, la mise ne place d'un procès de production apte à générer de la profitabilité. Pour la droite " communiste ", le point ultime de libération de l'individu a été atteint au moment de la Grande Révolution Française ou la codification du sujet de droit comme sujet apte à s'approprier (les biens, les idées, la culture etc..) a été poussé à son maximum, (la droite est " psychologiste ", l'Homme se définit par ses capacités appropriatives). Il faut qu'on le veuille ou non maintenir et préserver cet " âge d'or ", l'âge des droits de l'Homme. Dans ce cadre, il existe de fait des satisfactions de besoins biens et services qui sont indivisibles (socialisation objective) ils justifient l'existence de services publics. De là à dire qu'il faille des entreprises qui produisent des " biens " publics, il y a un pas qu'ils ne veulent plus franchir. C'est pourquoi, la droite " communiste " n'a élevé qu'une protestation de principe quand on a privatisé Renault ainsi qu'un certain nombre de groupes industriels nationalisés après 1945 ou après 1981. La seule justification à l'opposition à un tel retour au privé mise en avant a tenu à la dimension de socialisation objective contenu dans l'utilisation massive d'un certain nombre de ses biens. Exemple : l'automobile et ses effets induits sur l'aménagement du territoire (autoroute, transports collectifs, pollution), sinon elle n'y a vu aucun inconvénient, elle l'a même favorisé comme Gayssot avec le transport aérien. Comme toutes les tendances du mouvement ouvrier gangrenees par l'idéologie bourgeoise, la droite " communiste " se place dans son approche du capital au niveau de la circulation. C'est pourquoi la justification des nationalisations comme services publiques liant intérêt du consommateur, des salariés de l'entreprise (uniquement perçu comme ressource concourant à cette tâche) et de l'Etat, leur suffit amplement. Le compromis de 1945 est le point ultime d'une avancé sociale, qu'ils n'hésitent plus à qualifier de " socialiste ". Pour la Gauche du parti, le point de vue est tout autre. L'étatisation des moyens de production est un élément incontournable de l'avancée vers le socialisme, mais c'est un élément insuffisant. Certes la nationalisation en posant les deux sujets économique que sont le consommateur et le salarié comme co élaborateur du projet de " service " public constitue une avancée par rapport au pure capitalisme d'Etat, qui fait de l'autorité public le seul décisionnaire, mais là encore, l'avancée est insuffisante pour ouvrir la voie à un socialisme conduisant au communisme. Car si la droite se place du côté de la circulation, pour rechercher des solutions de sorties de crises du système. La gauche, elle choisit clairement de se placer du côté de la production. La nationalisation ne peut déboucher sur le collectivisme que si elle prend en compte le pouvoir du travailleur sur ses moyens de travail et sur son objet de travail. C'est pourquoi la transformation de la division du travail qu'elle soit technique ou sociale, joue un rôle important dans cette approche. C'est cette question que nous militants de la Gauche Communiste moderne devons aujourd'hui résoudre. Mais, jamais nous n'aurions pu la pressentir s'il n'y avait pas eu une Gauche Communiste (Historique), pour de façon "conceptuelle" maintenir l'interrogation, de la nature du communisme. " Le socialisme que les auteurs (les partisans de la révolution prolétarienne au moyen du parti avant-gardiste léniniste ou social-démocrate révolutionnaire et la construction d'un Etat révolutionnaire) se révèle donc être une économie étatisée. Associée à la planification économique, à l'élimination de la concurrence, source des crises, et du profit, et au plein emploi des forces productives, elle est conçue comme le moyen d'élever le niveau de vie des masses dans son ensemble. Puisque que la propriété privée des moyens de production s'oppose à la rationalisation de l'économie -et qui plus est, en cas de crise durable empêche tout emploi des forces productives - l'abolition de la propriété privée apparaît comme l'objectif immédiat. De là découle la nécessité de concentrer l'économie sous l'autorité centrale de l'Etat. A ce stade, revient aux savants, aux statisticiens, aux ingénieurs d'organiser effectivement l'économie. Ainsi conçue, la construction de l'économie socialiste apparaît comme un problème organisationnel (Lénine), comme une généralisation et un accomplissement de la tendance déjà amorcée par le capitalisme sous forme de trusts et de cartels. L'Etat devient un trust titanesque qui, grâce à son hyper organisation renverse les obstacles s'opposant à une plus grande expansion de la production. L'évolution russe a prouvé qu'une telle étatisation de l'économie n'est rien d'autre que le capitalisme d'Etat. L'ouvrier demeure salarié, désormais rivé au travail par la contrainte étatique. Il travaille dans des entreprises d'Etat et vend sa force de travail à l'Etat, qui la paie sous forme de salaire. Ainsi l'Etat joue - t'il le rôle du capitaliste privé exproprié. C'est lui qui dirige le travail salarié, c'est lui qui par conséquent commande et exploite les ouvriers. La force de travail devient une marchandise, tout comme dans le système du capitalisme privé…. Mais l'exemple russe ne prouve pas seulement que le socialisme officiel n'est en réalité qu'un capitalisme d'Etat et que la production étatisée n'est pas la production en fonction des besoins mais bien la production ordinaires de marchandises. Il a aussi révélé la formation d'un nouvel élément dirigeant qui dispose à sa guise de la propriété étatique et en arrive à occuper une position privilégiée. Cet élément à tout intérêt à voir s'accroître le pouvoir d'Etat, puisque c'est précisément ce dernier qui garantit sa position sociale privilégiée. Comme il concentre entre ses mains tous les moyens matériels et politiques de la société, c'est lui qui dirige l'orientation du développement ultérieur. Comment s'étonner alors qu'il lutte exclusivement pour accroître la propriété étatisée et pour magnifier le pouvoir d'Etat…. Les ouvriers salariés ne peuvent se satisfaire d'un tel socialisme même s'il devait les inonder de bienfaits (ce qui de plus reste douteux) ; L'abolition du capital : tel doit être le but de leur lutte. Le sens de leur combat, c'est d'en finir avec les rapports capitalistes afin qu'ils ne soient plus achetés comme force de travail et, en tant que force productive ravalés au même niveau que les machines dans le procès de production, sous le commandement de nouveau maîtres. Ils doivent s'emparer des moyens de production, afin de les gérer et les administrer au nom de la société devant laquelle ils sont responsables. Ils doivent parvenir à assurer eux-mêmes la direction et le management de la production, l'administration et la distribution des biens produits, s'ils veulent réaliser l'unité de l'humanité dans la société sans classe, et éviter de retomber dans l'esclavage…. De nouvelles conceptions s'élaborent concernant la régulation des rapports humains dans la production sociale ; des conceptions qui, aux yeux des intellectuels, semblent incompréhensibles et passent pour utopiques ou irréalisables. Mais ces conceptions se sont déjà concrétisées d'une puissante manière lors des soulèvements ouvriers salariés. Elles se sont exprimées pour la première fois sur grande échelle pendant la commune de Paris, qui cherchait à renverser l'autorité centralisée de l'Etat par l'auto- administration des communes.. …C'est l'auto-activité des larges masses travailleuses qui se manifeste dans les conseils ouvriers…. Avec les conseils ouvriers le prolétariat a élaboré la forme organisationnelle appropriée à la lutte qu'il mène pour sa libération. Ainsi, il ne s'agit nullement d'une utopie, d'une théorie vide, lorsque ces conseils ouvriers, partout où ils se regroupent sur la base de la production, dans les usines, en organisations d'usines, visent à s'emparer eux-mêmes des moyens de production et à diriger la production. C'est une exigence formulée au cours des événements par de larges masses travailleuses. Les intellectuels devront mettre fin à ce combat par la force s'ils veulent imposer le contrôle dans l'économie d'Etat. Du point de vue des conseils ouvriers, le problème de l'organisation économique ne revient pas à savoir comment la production doit être dirigée, et organisée au mieux dans ce sens, mais bien comment les rapports entre les êtres humains seront réglés en fonction de la production. Car, pour les conseils, la production n'est pas un processus objectif, dans lequel l'homme se trouve séparé de son travail, et donc de son produit, un processus que l'on dirige et que l'on calcule comme si il s'agissait de matériaux morts ; pour les conseils, la production devient fonction vitale des ouvriers. La production -fonction vitale des êtres humains lorsque chacun est obligé de travailler- est dès aujourd'hui socialisée. On peut donc imaginer facilement que la participation des êtres humains à cette production puisse, elle aussi être régulée socialement sans qu'ils soient ravalés au même niveau que les instruments de travail ni soumis à la domination d'une classe ou d'une couche spécifique… " - Les Conseils ouvriers et l'organisation communiste de l'économie, avril 1935 in I.C.C Journal de la Gauche Communiste Conseilliste (Mattick, Pannekoek, Ruhle, Wagner) Reproduit dans " La contre révolution bureaucratique édit : 10/18 1973 p 60. Ce texte de 1935 produit de la réflexion des anciens militants du K.A.P.D ou de la Gauche Conseilliste met en avant un certain nombre de thèses qui aujourd'hui nous semblent essentielles pour comprendre, les mécanismes contribuant à maintenir objectivement l'existence de classes sociales dans tout " Etat " dit " Socialiste ". Le marché, le salariat, la division du travail, le non dépérissement de l'appareil d'Etat ( quand ce n'est pas son développement dans des proportions inusités) sont autant de mécanismes objectifs qui expliquent, le blocages des sociétés socialistes dans leur avancé vers le communisme. Lénine n'a cherché systématiquement qu'à les discréditer en caricaturant leurs excès gauchistes dans " La maladie Infantile du communisme ". Dans son célèbre ouvrage " sur l'infantilisme de Gauche " emporté par la nécessité de reconstruire et l'économie et l'Etat soviétique, il devient lui même caricatural en se faisant le chantre absolu du capitalisme d'Etat, comme forme progressiste parachevant le capitalisme privée (théorie du dépassement), sans pouvoir anticiper les effets à terme, d'une remise au pas des premières tentatives de dépassement de la division du travail. Il se déchaîne contre tous ceux qui voient les dangers contenus dans l'affermissement sans nuances de cette tendance, ce qui constituait un net recul par rapport aux formes embryonnaires de collectivisme que la révolution avait apporté et créé spontanément (soviets ouvriers, gestion collective..). Incapable de définir concrètement ce qu'est le socialisme comme procès de production (plus exactement comme procès de travail au sein du procès de production) en quoi il doit obligatoirement se distinguer de ce qui existe dans l'entreprise étatisée, Lénine restera a jamais (à son corps défendant) celui qui a restauré théoriquement puis instaurer pratiquement en le généralisant, le capitalisme d'Etat en Russie, en renforçant sa bourgeoise bureaucratique, au nom de la nécessité de sortir le plus rapidement possible la Russie soviétique du sous- développement. Le procès de travail tayloro-fordiste, l'importation de technologies, de lignes de production, " directement " des Etats capitalistes, le salaire aux pièces, la division technique du travail (renforcement du pouvoir des directeurs des entreprises, remise en place d'une ligne hiérarchique) etc. etc. Sont au cœur de la stagnation socialiste soviétique, dans son anti-chambre, le capitalisme d'Etat. Avoir restaurer et perpétuer la division technique, au nom de l'efficacité économique, est la cause motrice de la déviation interne du socialisme, car cette division est à l'origine de la division des société en classes. Créer, ou recréer : des manœuvres, des O.S des O.Q, des contremaîtres, des ingénieurs, des cadres dirigeants et des directeurs d'usines c'est politique. Refuser de mettre au centre de la construction du " socialisme " le procès de production, la division du travail qu'il engendre, l'accumulation du travail intellectuel d'un côté et du travail manuel de l'autre, c'est politique. Avoir découpé de façon idéaliste forces productives et rapports de production, alors qu'ils s'enchevêtrent c'est politique. Cela est le produit de la situation historique de l'histoire du socialisme ou se sont des intellectuels déclassés (Marx, Lénine, Trotski, Rosa Luxemburg, Mao etc.) c'est à dire sans lien direct avec le processus de production qui ont construit la doctrine. Pourtant, cette situation n'a pas empêché certains d'entre eux d'approcher la vérité, ce fut le cas du grand scientifique Anton Pannekoek, l'un des principaux théoriciens de la Gauche Communiste Conseilliste. Nous ne reviendrons pas non plus sur ce que dit Alexandra Kollontaï, tout ce qu'elle dénonce et analyse dans son célèbre ouvrage " L'Opposition Ouvrière " dès 1920. Tout ce que Trotski fera semblant de découvrir 4 ans plus tard, est déjà présent sous Lénine et Trotski. La grande différence est que Staline pour asseoir définitivement ces rapports sociaux fera se déchaîner la terreur policière. Contrairement à ce qu'affirme Natalia Trotski, désavouant le peu de conséquence théorique de son époux dans sa caractérisation de l'U.R.S.S comme " Etat bureaucratiquement dégénéré ", le capitalisme d'Etat n'a pas été introduit par Staline, c'est Lénine et son mari qui l'ont institué. Reste à savoir, pour nous actuels continuateurs de la Gauche Communiste, si ces 2 éminents révolutionnaires pouvaient faire autrement ? Trotski semble penser que non, puisqu'il attendait tout d'une mondialisation de la révolution, via une internationalisation spontanée des forces productives, dont on ne voit pas bien, chez lui, en quoi elle favorise vraiment les objectifs révolutionnaires de la classe ouvrière, sinon à être le pure résultat mécanique quantitatif, de la réalisation pleine et entière des objectifs de la bourgeoisie capitaliste. Pour notre part nous considérons avec Alexandra Kollontaï, et l'Opposition Ouvrière, qu'en attendant une hypothétique révolution mondiale, il y avait suffisamment à faire en Russie, sur des bases de classe claires, pour que la progression du mouvement vers le socialisme puisse se poursuivre. Rien n'empêchait d'entreprendre le déclin du capitalisme d'Etat, sous les coups de boutoirs de forces productives révolutionnées par l'instauration de nouveaux rapports de production. Pour cela il s'agit aujourd'hui de reconnaître et admettre, qu'un tel processus ne dépendait pas mécaniquement de l'état technique des forces productives, cela dépendait aussi de la volonté politique d'instaurer d'autres rapports sociaux dans les lieux de production, de mettre fin autant que faire ce peut de façon " volontariste " à la division technique, par exemple entre travail manuel et travail intellectuel et à la division sociale qui y est liée. Ce sur quoi la Gauche Communiste de l'époque a tenté d'attirer l'attention. C'est pourquoi, le débat sur les moyens objectifs d'unifier la classe ouvrière, par exemple au travers des syndicats à constituer à l'époque un véritable enjeu. Entre l'étatisation de ceux - ci préconisé par Trotski, le rôle de pure défense des intérêts économiques des travailleurs et le respect de leur autonomie vis à vis de l'Etat et du parti préconisé par Lénine (vis à vis d'un Etat dont - il prétend par ailleurs qu'il est leur " instrument ", se protège t'on de soi même ? Ce qui explique la position de Trotski ) et une transformation du rôle des syndicats en instrument du bouleversement du procès de production, tel que l'envisageait Kollontaï, l'histoire aurait sans doute pu être tout autre. Si la liquidation historique du point de vue de la Gauche du mouvement communiste, autre que sous la forme trotskiste, a eu des conséquences désastreuses pour l'avancée du mouvement , nous ne pouvons passer sous silence ce que nous estimons malgré tout être ses limites. " L'utilisation dans la vie économique de la comptabilité par le temps de travail se traduit en politique par la direction de la classe ouvrière sur la société. Les deux phénomènes sont indissociables. Si la classe ouvrière n'est pas capable d'imposer la comptabilité par le temps de travail, cela signifie qu'elle ne peut éliminer le salariat ni assurer l'administration de la vie sociale. Si le temps de travail ne devient pas la mesure de la consommation individuelle, alors il ne reste que la solution du salariat. Dans ce cas on admet qu'il n'y a aucun rapport direct entre les producteurs et la richesse sociale. Ce qui revient à considérer que la séparation créée par le salariat entre les ouvriers et le produit social est devenue un fait irréversible. En d'autres termes ; la direction du procès de production ne peut incomber aux ouvriers. Elle est donc transmise aux " statisticiens " et aux autres savant responsables de la distribution du " revenu national ". L'alternative est donc celle-ci : d'un côté, abolition du salariat avec adoption de l'heure moyenne sociale comme pivot de toute l'économie, sous le contrôle direct des ouvriers ; de l'autre le travail salarié au profit de l'Etat. En conséquence : Les slogans que nous revendiquons immédiatement pour le pouvoir ouvrier sont les suivants, les ouvriers placent sous leur contrôle direct toutes les fonctions sociales, ils nomment et révoquent les fonctionnaires. Les ouvriers prennent en main la direction de la production sociale en s'associant dans les organisations d'usines en conseils ouvriers. Ils font entrer eux-mêmes leur usine dans la forme communiste de l'économie en calculant leur production d'après le temps de travail moyen social. Ainsi c'est la société toute entière qui passe dans le circuit de la production communiste ". Suite de : - Les Conseils ouvriers et l'organisation communiste de l'économie, avril 1935 in I.C.C Il n'est pas question pour nous de construire un modèle utopique, substituant une comptabilité en temps de travail à l'existence du salaire, de même que de faire disparaître la marchandise. Tout ceci est une façon archaïque bureaucratique de vouloir résoudre les contradictions d'une société qui l'est déjà passablement. De même que la mort de la propriété privée réside dans la propriété publique, la mort du salaire productif marxiste réside dans sa généralisation. La déviation de gauche, de la Gauche Communiste (Historique), en mettant en relation directe le travailleur et son produit, en vient à affirmer que la production est en rapport directe avec la consommation, derrière une unité commune : la comptabilité en temps de travail social. La déviation gauchiste " imagine " une société utopique ou tout ce qui serait produit serait consommé directement, ou indirectement par le travailleur. Si la production est aussi un phénomène objectif, c'est qu'elle doit également satisfaire des agents économiques qui ne sont pas en liens directs avec les conditions de productions (ex : les enfants, leur scolarité, leur santé etc.) C'est la vieille projection archaïque du communisme " primitif " ou dans les sociétés qui ont précédé les sociétés de classes, tout ce qui était produit était essentiellement consommé. Or le progrès civilisationnel des sociétés de classes, c'est qu'elles font du dégagement du surproduit et de son accroissement, leur tâche principale. De même que l'erreur de nos camarades conseillistes, n'est d'envisager le rôle des " Conseils Ouvriers " que sous leur forme économique, les rapports de production étant rabattus sur la sphère de la répartition, dès lors la question central devient l'abolition du salariat. Pour nous membres de la Gauche Communiste (Léniniste), nous voulons que la piste léniniste, qui posait de façon juste la question des Conseils d'usine et d'atelier (la division du travail, le travailleur collectif) soit porté à hauteur des Conseils d'Entreprise. Laisser la question de la remise en cause de la division du travail au simple niveau d'une unité concrète de production, c'est placer la recherche fondamentale en externalité de la recherche technique, c'est perpétuer en l'idéalisant, la recherche intellectuelle. En mot c'est faire de la prétendue révolution scientifique et technique le moteur des forces productives, seules capables, un jour, au bout de leur développement autonome, de révolutionner les rapports de production. Or nous l'avons montrer la prétendue neutralité des sciences et des techniques et le masque sous lequel, la bourgeoisie " rouge " du stade du capitalisme d'Etat, tente de sauver son " cul " et son existence en cherchant à échapper au procès d'ouvriérisation généralisé ( Le procès de prolétarisation ayant déjà eu lieu sous le capitalisme) ou plus exactement comme nous l'appelons au procès de " travailleurisation " car il est claire que s'il n'est plus question pour nous de nous soumettre à la division du travail, pour approfondir la recherche scientifique et technique. Cette même recherche doit être développée, non pas comme phénomène objectif extérieur au collectif de base du travail, mais comme son phénomène moteur. C'est à ce prix, que le niveau général des connaissances pourra s'élever pour tous, c'est à ce prix que la pédagogie de la découverte, pourra subvertir la pédagogie de la transmission, qui aujourd'hui est l'arme idéologique de la petite bourgeoisie, pour justifier sa reproduction dans une sphère autonome " L'Etat laïque et républicain et ses Appareils Idéologique : l'Ecole, la Recherche Scientifique etc. etc. ". La crise de l'institution scolaire, n'a qu'une porte de sortie, l'Education Populaire Révolutionnaire, qui est tout le contraire de ce que les directions capitulardes du P.C.F et de la C.G.T en ont fait, une pure activité de loisirs, dépendant du hors temps scolaire, alors qu'elle devrait être le lieu effectif de réappropriation du procès de production, sur un mode subvertif. Un lieu plein et entier de l'application conséquente de la dictature du prolétariat. Camarades de la Gauche Communiste (Historique), ce qui est réactionnaire dans les sociétés de classes, ce n'est pas la production d'un surproduit, c'est son accaparement, par une minorité, qui le détourne de ses tâches de protections des improductifs naturels (femmes, enfants, vieillards etc. ) de ses tâches progressistes d'investissements, renouvelant et plus fondamentalement élargissant, les capacités productives dans des zones ou des secteurs économiques, que les unités éclatées de production " autocentrée " que sont les entreprises, n'imaginent même pas, ou ne veulent pas réaliser. C'est pourquoi, la planification, l'aménagement du territoire, sont des instruments indispensables pour construire un " 'Etat' 'Socialiste' " mais aussi un " Monde communiste ". L'abolition du salariat, tel que l'envisage l'aile conséquente de la Gauche Communiste du P.C.F, ne passe pas par une démonétarisation de l'économie, et la distribution en " nature " des biens nécessaires à la reproduction de la force de travail, pas plus que la mise en place de tickets ou de colliers de perles, correspondant à une comptabilité en temps de travail. Elle passe par l'extension généralisée de La forme " tous " salariés et du Fond " tous " productifs, de toute révolution communiste authentique. C'est pourquoi comme membre de la Gauche Communiste (Léniniste), nous croyons à l'objectivisme de la socialisation (nous considérons que l'ouvrage de Lénine " Matérialisme et Empiriocriticisme " qui fonde l'objectivisme absolu, est un progrès, contrairement à Anton Pannekoek qui le dénonce comme un ouvrage bourgeois). Parce que nous ne fuyons pas de façon " gauchiste " nos responsabilités historiques, avec les partisans d'Urbhan, nous combattons consciemment pour l'instauration du capitalisme d'Etat en France, nous combattons pour les nationalisations, pour l'aménagement du territoire, pour la planification. La production de catégories hiérarchiques, intellectuelles et techniques, tout comme les fonctionnaires, doivent certes dépendre et être rattachés aux conseils ouvriers, mais l'histoire du développement industriel, montre combien l'apparition de nouveaux produits dépend de la socialisation objective de nombreuses forces productives, non liées a priori entre elles. On ne peut donc pas faire de l'existence de ces catégories, le résultat mécanique de l'action de l'Etat, tout comme de la disparition de celui-ci, ne conduira pas à un pur transfert mécanique aux unités de production décentralisées Nous avons entrepris, à travers différents articles consacrés à la question du socialisme et du capitalisme d'Etat, un essai de clarification lexicale et conceptuelle, de 4 définitions essentielles du marxisme. (-Capitaliste-, -Bourgeoisie-, -Prolétaires-, -Ouvriers-) Ceux - ci utilisés en opposition de couples, connaissent chez nombre d'auteurs marxistes un phénomène de dérive par substitution (métaphore ou métonymie) d'un terme à un autre (bourgeoisie pour capitaliste, prolétaire pour ouvrier, ou inversement) la confusion au sein de leur rapport dialectique, à déboucher sur une incapacité conceptuelle, à définir les contradictions qui conduisent et minent tout Etat en situation de transition : Bourgeoisie/ Capitaliste - Ouvrier/ Prolétaire. Le concept antinomique de Capitaliste est Prolétaire, ce qui les oppose relève du droit, droit de propriété ou absence de ce droit. Ces 2 formes d'institutionnalisation renvoient à l'existence d'une topique super structurelle où domine l'Etat. C'est l'Etat qui codifie le juridictionnel en instituant le sujet de droit, premier moment de la mise en place d'une représentation de la propriété (même dans le cas ou c'est un Appareil Idéologique périphérique à qui ce pouvoir est dévolu, comme l'appareil clérical, durant une période historique) . Prolétaire signifie privé de " droits " " Prolétaire " a souvent été utilisé par extension, pour désigner au sein de la classe ouvrière, ceux qui ne possédaient rien, non seulement ceux qui ne possédaient pas les moyens de production, mais également tous ceux qui n'étaient même pas propriétaires de moyens de consommation susceptibles de se transformer à un moment ou à un autre en capital productif. (Par exemple : leur habitation, en bénéficiant, d'une des formes de rémunération de la bourgeoisie, la rente foncière). Dès lors ce concept a essentiellement désigné les fractions les plus pauvres et les moins qualifiés de la classe ouvrière. Mais il a là un abus de langage, car il s'agit bien plus d'un procès tendanciel, que d'un état que tous les salariés auraient atteint. Etre un prolétaire, à savoir un exclus de toutes formes de propriétés, ne se rencontre qu'à l'état de paupérisme absolu, souvent dans la main d'œuvre des pays en voie de développement, cependant dans les Etats capitalistes modernes même les chômeurs ont des droits. Marx dit bien que ce qui caractérise un membre de la classe ouvrière c'est qu'il vend sa force de travail contre un salaire. Il est donc propriétaire de sa force de travail. Il n'y a donc pas et ceci par essence, sous le capitalisme, absence de propriété pour le salarié exploité. Ceci explique l'une des causes de la déviation de gauche qui atteint nombre des organisations, de la Gauche Communiste (historique), quand ce n'est pas de l'ultra gauche ; elles transforment le marxisme en ricardisme (David Ricardo). Partant d'une incompréhension du passage de la définition du salaire comme rémunération du travail à celle comme rémunération de la force de travail. Les revenus y deviennent dès lors le résultat d'une " allocation " des facteurs de production, pour ne pas dire d'une location (servage : le serf se loue au seigneur) et non d'une vente. La dimension de citoyenneté du travailleur salarié est niée, la lutte pour les droits sous-estimés. Les théoriciens de ces mouvements veulent tellement démontrer que la situation de " prolétaires " est une situation d'exclusion, qu'ils la rapprochent de celle du servage voire de l'esclavage (Il est souvent fait mention dans leurs textes de " l'esclavage " salarié que subirait le travailleur) Ils en viennent à nier l'essence même de la révolution bourgeoise, qui est d'avoir transformé chaque individu en sujet de droit. Ils finissent par rater ce qui constitue l'essence de la révolution bourgeoise, l'accès à l'égalité " formelle " pour tous, par la mise en place généralisée de la figure du citoyen - propriétaire. C'est sur cette figure que se construit l'Etat Capitaliste, l'institutionnalisation de la Nation moderne. Dès lors, comme nous allons voir dans un paragraphe suivant, le pas est aisément franchissable de confondre Etat et Nation. A l'opposé, le stade monopoliste, en généralisant la propriété par actions, réussi a donner l'illusion que la propriété, devient inessentielle pour caractériser la forme exacte de L'Etat de droit sous le capitalisme. Le capitaliste peut ainsi se dissimuler en bourgeois, en " technicien " du capital, en " manager ". C'est pourquoi, la théorie de l'allocation de facteurs que l'économie politique libérale classique " le marginalisme " a récupéré du ricardisme, constitue un masque essentiel des rapports capitalistes de production, nourrissant les 2 tendances dénoncées ci-dessus le volontarisme gauchiste( l'école ricardienne en France : Cartelier et Benetti - P.U.G) et le technicisme bourgeois. L'autre antinomie est : Bourgeoisie / Ouvriers : elle porte sur la création de la richesse et sa répartition. Qui produit, qui profite, qui est exploité, qui ne l'est pas. Il ne faut pas confondre les lois de population. Celui qui n'est pas exploité, n'est pas forcement un exploiteur. Un bourgeois n'est pas forcement un capitaliste, l'immense majorité même. Par contre, la fonction d'exploitation liée au statut de capitaliste, elle, a pour finalité de pérenniser le statut de bourgeois (on met en mouvement un capital, pour dégager un revenu : le profit, qui est une des formes de revenus qui produit la bourgeoisie. Il n'est pas le seul, la rente, le "traitement " du fonctionnaire, en sont d'autres (l'expression "salaire " comme l'expression "ouvrier ", n'ont pas le même sens dans le marxisme que dans la sociologie spontanée bourgeoise, en fait il ne s'agit pas pour un marxiste de " salaire ", seul peut -être appelé salaire la part du surproduit créé par un membre de la classe ouvrière, qui ne se traduit pas en plus-value avant qu'elle n'apparaisse sous la forme d'un taux de profit). La Gauche Communiste (Historique) et ses continuateurs actuels ne sont donc pas exempts non plus de critiques. Ce qui caractérise selon nous, la Gauche Communiste (Historique), c'est qu'elle souffre de la déviation inverse des partis communistes de la 3ième Internationale. Cette déviation est le résultat du combat mené des le début contre les insuffisances et les contradictions de la nouvelle société, en cherchant à défendre de façon " pure " et idéaliste les concepts et pratiques de la doctrine communiste. Les P.C traditionnels ont tendance à rabattre la classe ouvrière à un sous produit du prolétariat, c'est à dire l'immense armée des non - propriétaires des moyens de production capitalistes. A considérer, que si le premier moment de la révolution est réussi, s'il y a révolution prolétarienne, par disparition de la propriété des moyens de production (dépendant du capital), par exemple, par nationalisations (rendre à la nation ses moyens de production), le deuxième moment de cette révolution qui pose la question de l'antagonisme entre classe bourgeoise et classe ouvrière, se résoudra de surcroît. Comment ? Tout simplement, parce que la dictature du prolétariat qui a pour objectif de mettre en place un autre " Etat " " socialiste ", est bien le fait de l'immense majorité au profit de l'immense majorité (les non propriétaires des moyens de productions capitalistes). Cet Etat nouveau ayant résolu la question du capitalisme classique (ie : privé) deviendra progressiste et " socialiste " par sa dimension sociale redistributive, le surproduit n'étant plus réservé à une minorité, il devrait " naturellement " atteindre l'ensemble de la population. La question de l'existence de l'Etat comme contradiction dans l'évolution vers le communisme, devient dès lors inessentiel, elle se résout par son extinction lente, non pas par disparition de ses fonctions, mais par extension à tous, c'est la mise en place de l'Etat de droits, qui doit étendre sur tous ses biens faits. Si l'Etat est partout, il n'est nulle part. A l'opposé La Gauche Communiste ne veut entendre parler que de confrontation entre ouvriers et bourgeoisie. Elle nie la dimension révolutionnaire, parfois même plus révolutionnaire que la classe ouvrière elle même, du prolétariat non ouvrier (paysans pauvres sans terres, petite bourgeoisie réduit à la misère etc..), dans sa lutte contre le capitalisme, particulièrement dans les pays du tiers - monde. Elle développe un rapport idéaliste aux expériences européennes, devenant victime d'un véritable ethnocentriste, réduisant la révolution prolétarienne à sa simple expression ouvrière. (D'où son incompréhension de la révolution Chinoise ou vietnamienne, tout comme de la révolution cubaine, méconnaissance de l'expérience Titiste Yougoslave etc. etc.). Elle réduit pour cela le statut de prolétaire, au statut de sous fraction de la classe ouvrière, à savoir les ouvriers les plus démunis, ceux qui ne peuvent même pas vivre du rapport capitaliste de la vente de leur force de travail, qui leur assure un statut de fait dans le droit capitaliste, de propriétaire d'un des moyens de production. Elle a donc tendance à faire des travailleurs peu qualifiés et sans droits, des chômeurs, des exclus, le noyau dur du projet révolutionnaire, en opposition aux partis " communistes " classiques qui eux emportés par leur dérive droitière ont tendance à considérer que c'est l'unité de la petite bourgeoisie (non propriétaire du capital) et de la fraction de la classe ouvrière qui lui est le plus proche (l'aristocratie ouvrière) qui assure, de fait, un rapport majoritaire dans le processus de changement. Pour les partis communistes classiques, appeler " dictature " un rassemblement " sociologique " de fait majoritaire, n'a pas grand sens, on peut sans regret abandonner un terme qui effraie (22ième congrès) et choisir, la voie électorale, plus " démocratique ".Pour cela il ne s'agit plus que de convaincre, d'" annoncer " à un peuple sous informé qu'il est déjà potentiellement majoritaire. C'est le socialisme de la " communication ", ou il ne s'agit que de gagner les consciences de bienheureux attendant la révélation. Voilà à quoi se réduit aujourd'hui, l'activité d'un militant communiste, dans un P.C traditionnel, il doit devenir le Ségala du changement. Si les travailleurs " savaient " ils " feraient ", malheureusement pour la direction actuelle du P.C. cela ne fonctionne pas du tout comme cela. Nous l'avons déjà démontré dans nos précédents articles, les rapports sociaux, ne se résolvent pas dans les relations sociales. L'instauration du socialisme ne dépend pas d'une bonne politique de " com. ", même quand celle-ci véhicule des messages " vrais ". Ou encore, version trotskiste, le socialisme ne résulte pas prioritairement, d'une classe ouvrière se conformant à son " être " par prise de conscience. Le psychologisme produit des ravages dans le mouvement ouvrier, la désaliénation même progressiste est loin de pouvoir résoudre à elle seule la question de l'exploitation comme phénomène objectif. Ne serait- ce que parce que toute société a besoin de dégager un surproduit. La question que pose la classe ouvrière au mouvement socialiste historique est beaucoup plus fondamentalement celle-ci : montrer nous par quels mécanismes vous entendez - mettre fin sous le socialisme, à la domination de la bourgeoisie ? La Gauche Communiste " historique " fait donc jouer au concept de " dictature du prolétariat ", son principe plein et entier. Il s'agit bien ici d'une " dictature " puisqu'il s'agit d'imposer le point de vue d'une ultra minorité à la majorité. Point de vue d'autant plus ultra minoritaire que la révolution a lieu dans un pays en voie de développement. La possibilité qu'une telle situation puisse avoir la chance d'exister dans ces formations sociales étant nulle, il devient essentiel que la révolution ait un caractère d'amblé mondial. Ceci rétabli l'équilibre, la classe ouvrière étant plus importante dans les pays développés, elle seule peut aider à contre - balancer, le poids du non - ouvrier dans les P.V.D. Ceci reste cependant insuffisant, il est impératif que la révolution soit aussi immédiatement communiste, c'est à dire, que l'on ne cherche pas à faire perdurer la phase de transition, le " socialisme ", sur une très longue période. Pour cela, il devient objectivement contre-révolutionnaire de vouloir construire des " Etats " socialistes. Pour empêcher cela, le combat essentiel devient le combat objectif contre tout ce qui peut maintenir des liens entre classe ouvrière et bourgeoisie, par exemple, de se représenter la population d'une formation sociale donnée en terme de " Peuple ", d'accepter qu'il y est des valeurs communes partagées, la culture, la défense de la civilisation, voir l'anti-fascisme. Pour la gauche Communiste (historique), il s'agit donc de lutter sous toutes ses formes contre l'exploitation, cependant là aussi, la simplification peut conduire à l'abus. Dire des gens qui cherchent à exploiter uniquement pour profiter si cela est conceptuellement juste, dans la réalité peut se heurter à des contradictions. Les petits artisans, petits paysans, les petits propriétaires personnels individuels, s'auto - exploitent ; souvent de façon importante, ils ne comptent pas leur temps, peut-on dès lors considérer que ce sont des bourgeois, qui ne cherchent qu'à 'profiter', cela est abusif. Ce petit raisonnement basique, pose déjà un problème d'importance à nos amis, c'est que l'on voit bien qu'il n'est pas simple d'être simplement antibourgeois ou anticapitaliste, on ne peut pas traiter de la même manière un gros rentier (un boursicoteur de la finance) et un petit fonctionnaire, ceci même si tous les 2 sont des bourgeois. De même, un maître des forges et un artisan plombier, bien que tous les 2 soient des capitalistes. C'est pourquoi le mouvement ouvrier révolutionnaire de tradition léniniste a accepté de reprendre à son compte le concept de " peuple ", la révolution socialiste concerne aussi le peuple et pas seulement la classe ouvrière. Simplement, il s'agit de s'entendre sur ce que l'on appelle, le " peuple ". Dans la tradition de la Gauche Communiste (historique) une telle filiation est inacceptable, il n'est pas question de se revendiquer du peuple. Dans la tradition de la Gauche Communiste (Léniniste), celle que nous essayons de construire, il s'agit au contraire de mieux saisir comment se construit un groupe social dominant, une classe, qui ne peut prétendre assumer son rôle dirigeant que dans son unification et par là même mettre en situation de subordination, les catégories sociales les plus proches (Pour la classe ouvrière le procès de prolétarisation des couches et fractions de la petite paysannerie et bourgeoisie en voie de prolétarisation. D'ou la situation d'échec objectif de l'histoire du mouvement communiste jusqu'à aujourd'hui : l'unification de la classe ouvrière. L'imprécision conceptuelle, peut aller jusqu'au confusionnisme absolu, quand elle est reprise par une organisation politique. Prenons comme exemple, un cours extrait d'une brochure éditée par l'une des organisations actuelles de la Gauche Communiste (historique). Courant Communiste International " Nation ou Classe " brochure 2- 1972. " En effet l'internationalisme constitue, de façon indiscutable, une des pierres angulaires du communisme. Depuis 1848, il a été bien établi dans le mouvement ouvrier que " les prolétaires n'ont pas de patrie " et les derniers mots de ce même manifeste " prolétaires de tous les pays unissez-vous " ont constitué un véritable cri de guerre repris par les différentes générations ouvrières dans leurs combats successifs. Quant à elle, la nation constitue par excellence le cadre dans lequel se développe la société capitaliste, à tel point que la lutte révolutionnaire de la bourgeoisie contre la féodalité s'est souvent confondue avec la lutte nationale. Mais si le capitalisme a trouvé dans la nation le cadre le plus approprié à son développement, le communisme ne peut s'instaurer qu'à l'échelle mondiale : la révolution prolétarienne détruira les nations. C'est pourquoi tout soutien du prolétariat à une lutte nationale, apparaît d'emblée comme une sorte d'anomalie et n'a eu de sens que dans des circonstances très particulières du mouvement ouvrier, lorsqu'il y avait encore des révolutions bourgeoises et que la révolution communiste n'était pas encore à l'ordre du jour. " On passe ici de l'expression d'un point de vue sociologique géo historique à un autre. Ainsi est-il affirmé, le mouvement socialiste a fort justement démontré que " les prolétaires n'ont pas de patrie " mais aussi que les ouvriers ont un cri de guerre " prolétaires de tous les pays unissez-vous ! ". L'imprécision conceptuel aboutit ainsi à une contradiction antinomique : Si les prolétaires n'ont pas de patrie, ils ont quand même un pays ! Problème ? Qu'on ne vienne pas nous dire, que par " pays " il s'agit uniquement d'indiquer une origine géographique, car alors pourquoi avoir maintenu ce terme, où est l'intérêt ? il aurait été beaucoup plus simple pour Marx de dire " prolétaires, unissez-vous " ou encore " prolétaires du monde entier, unissez-vous ". Dans la même veine, " En effet l'internationalisme constitue, de façon indiscutable, une des pierres angulaires du communisme " puis plus loin " La révolution prolétarienne détruira les Nations ". Question, qu'est-ce que cet internationalisme (qui signifie littéralement " entente entre les Nations ") peut bien à voir à faire avec des prolétaires qui rêvent de détruire les Nations ? Cette petite contradiction simple consiste déjà à remarquer que nos amis de la G.C (historique) ne sont pas des internationalistes, mais des " transnationalistes ", pour être plus exact encore, des " a-nationalistes " ce qui est déjà un peu plus juste pour comprendre leur point de vue. Pour eux la Nation est inessentielle. Cependant, le simple fait de nier la Nation les met dans une situation inextricable, car la logique voudrait pour être cohérents avec eux-mêmes, qu'ils n'attachent aucune valeur à ce qui la constitue: langue, coutume, culture. Pourtant ils s'expriment en français, et dans le cadre de la polémique qui les opposera entre eux, au cours de l'histoire, ils iront jusqu'à s'appeler Gauche Communiste de France, par rapport aux autres sections de leur petite " transnationale ". S'ils avaient été conséquents avec eux mêmes, outre le fait que le mot France ne devrait jamais apparaître dans leur texte, ils auraient du écrire leur texte dans une autre langue, pourquoi pas d'ailleurs, une langue universelle, inventée, qui ne corresponde à aucune base nationale, une langue sans saveur, sans odeur, sans particularité, c'est à dire sans Histoire, (au hasard Balthazar :l'Espéranto!?). En réalité, nos amis les confusionnistes révèlent eux-mêmes l'origine de leurs confusions " La révolution prolétarienne détruira les nations " est une pseudo- antinomie, ce n'est pas les nations que l'on détruit avec le prolétariat, ce sont les Etats. Chaque fois que nos amis disent " Nations " ils pensent " Etats ". " La révolution prolétarienne détruira les Etats " est conceptuellement juste, car ce qui codifie le sujet de droit en sujet propriétaire ou non, c'est l'Etat. C'est pourquoi le communisme est une société sans classes ni Etats. Cependant si elle est une société sans classes, elle n'en reste pas moins une société avec des Nations (cultures, langues, coutumes) et nous le verrons plus loin avec un système économique qui ne dépend pas du concept de Nation, mais plus justement de celui de Formation Sociale. Nous, nous souhaitons que les Nations restent les plus nombreuses et les plus divers possibles, car le communisme est internationaliste. C'est aujourd'hui un terrain de lutte important en cette période d'uniformisation culturelle à la sauce anglo-saxonne. Autre type de confusion dans la brochure produite par cette mouvance : " la Nation constitue par excellence le cadre dans lequel se développe la société capitaliste, à tel point que la lutte révolutionnaire de la bourgeoisie contre la féodalité s'est souvent confondue avec la lutte nationale ". N'en déplaise à nos amis, mais la Nation est tout autant " le cadre " par excellence où se développe l'absolutisme, le pouvoir central royal, qui est le véritable premier concepteur du fait national. Cela évite, comme dans ce raisonnement, de sauter des étapes et de mettre directement en rapport féodalisme et capitalisme, en passant par dessus le monarchisme. Car durant toute une période, la période féodale justement, la bourgeoisie est essentiellement marchande, c'est parce qu'elle souhaite devenir majoritairement industrielle qu'elle a besoin de changer l'Etat, mais pas forcément de Nation, la France n'a pas bougée, ou peu, entre la fin du XIV siècle et le XXI siècle, mais l'Etat français oui, la nature du système économique, oui. C'est le monarchisme qui a permis de mettre en place la fraction de bourgeoisie qui va sortir victorieuse de sa confrontation avec le féodalisme agonisant, la bourgeoisie- industrielle. Car la bourgeoise a toujours existé, elle existe depuis Athènes, depuis Rome, et comme nous nous efforçons dans chacun de nos articles de le démontrer elle existe sous le socialisme. Elle perdure donc au travers de plusieurs modes de production, mais aussi durant cette phase de transition qu'est le socialisme. Si on osait un raisonnement abrupte, nous affirmerions que ce qui caractérise les modes de production d'exploitation, qu'elle y soit dominante (capitalisme et socialisme) ou non (esclavagisme, servage) c'est la bourgeoisie. Que ce qui caractérise l'existence des Etats, c'est la bourgeoisie. Il ne peut y avoir de construction de société sans classes ni Etat, tant que perdure la bourgeoisie. En fait nos amis de la Gauche Communiste confondent 2 choses, le concept de " Nation " et le concept de " Formation Sociale ". Mais cette confusion provient aussi de ce que nous avons déjà dénoncé, dans la tradition marxiste courante, qui est de glisser d'un concept à un autre pour pratiquer une approche théorique dialectique qui balaie le champ conceptuel, recouvrant le réel concret d'une Formation Sociale. En faisant de la " Nation " un concept ou se mêle la culture, la langue, les mœurs etc en même temps que l'économie, alors que par ailleurs, il avait lui même initié un concept performatif ; celui de " Formation Sociale ", Marx a contribué à embrouiller, chez nombre de marxistes la question " nationale ", et à produire des déviations, allant de " à mort la Nation " ! à " vive ma Nation ! ". Il a d'autre part contribué à économiser des champs qui relevaient soit de la linguistique " la langue ", soit de l'histoire ou de la sociologie " le peuple ", " la nation ", " la culture ". Cette déviation sert aujourd'hui encore le courant néo-libéral bourgeois qui dans ces champs d'études, pratique lui volontairement pour des raisons idéologiques " l'économissisme ", c'est particulièrement le cas pour la culture, ou aujourd'hui domine le point de vue néo-libéral bourgeois. Marx à travers le concept de " Formation Sociale " : comme tout relevant de l'application réelle et concrète des concepts relevants du champs économique (Modes de production, classes sociales, système économique et social, institutions, droits etc..) avait pourtant à sa disposition le concept adéquat. Car L'Etat comme produit d'une société de classe est le résultat de la nature d'une Formation Sociale, bien plus que d'une Nation. Il a existé à travers l'histoire nombre de Nations sans Etats, il en existe encore des traces, de moins en moins, chez les peuples du grand Nord, chez les indiens d'Amérique du Sud etc. ce qui était primitif chez eux ce n'était pas leur Nation comme l'on brillamment démontrés les anthropologues et Ethnologues progressistes, ce n'était pas leur culture, ni leur langue, mais leur mode de production, c'est pourquoi ils se sont fait absorber par des Formations Sociales plus puissantes, le Canada, Le Brésil etc. La Nation aujourd'hui se retrouve le plus souvent victime d'un mode de production, bien plus qu'elle en est l'initiatrice. Résumons : les communistes, qui ne sont pas des communistes de la phrase, aiment les Nations parce ils aiment les cultures, les langues et même les coutumes (pas sans critiques, pas sans limites, " mais dans la joie sereine du matérialisme " pour pasticher, notre ancien camarade, le philosophe, André Comte- Sponville). Autrement dit, dans l'expression moderne que prend une Formation Sociale, aujourd'hui dans le capitalisme, sous la forme d'" Etat - Nation ", les communistes ne rabattent pas l'un des termes sur l'autre, ni ne les confondent. C'est pourquoi, s'ils aiment la Nation, à l'opposé ils détestent les " nationalistes " parce que ceux-ci aiment d'abord leur Etat, c'est à dire tous ses moyens d'action, tout ce qui définit un " cadre " qui " institutionnalisent ", " codifient ", etc. assure une domination effective de classe. Par exemple, ceux qui transforment les formes culturelles naturelles en formes symboliques absolues, ceci afin de leurs faire jouer un rôle de distinction et d'opposition, vis à vis des autres cultures. Pour un communiste, une culture nationale, vaut une autre, ce qui ne veut pas dire qu'ils ont une vision abstraite, voir " trans " ou même " a - culturel ", de ce qu'est une culture nationale. Or beaucoup des gauchistes d'hier et d'aujourd'hui, en s'accrochant à cette vision " trans " voir " -a- " finissent par haïr leur propre culture, leur propre peuple et se retrouvent sur des positions politiquement intenables. Cependant bien qu'il soit d'abord conçu comme des slogans politiques ; " Les prolétaires n'ont pas de Patrie ", " Prolétaires de tous les pays unissez-vous ", sont des mots d'ordre beaucoup plus pensés et construits qu'il n'y paraît. " La patrie " constitue un concept opératoire qui se situe dans un rapport fonctionnaliste entre les deux topiques que représentent L'Etat et la Nation. Mon " patriotisme " consiste à imaginer une expression étatique à la nation dans laquelle je vis ou à laquelle j'aspire. Dès lors, il devient évident qu'il est contradictoire voir antinomique pour un courant qui désire construire une société sans classes et sans Etat, de donner une forme institutionnelle et donc de droit, à un espace géographique culturel et social. Etre patriote oblige à la mise en place d'un sujet légal (je suis Français, Allemand, etc.), ayant des droits (de propriétés, de personnalité " ma subjectivité " comme appropriation ( " je suis ma pipe etc.. " tout ce que je possède et qui fait trace dans l'histoire (dixie Jean-Paul Sartre), c'est à dire à définir la citoyenneté comme une forme de propriété symbolique générant toutes les autres formes possibles. Tout ceci doit poser question à un communiste, alors que lui- même, aspire à la domination des non propriétaires " les prolétaires " et à l'avènement d'une société sans classes et sans Etat, ou dominera le statut universel d'ouvrier productif. A moins de considérer que le patriotisme auquel j'aspire c'est à dire que " le bloc hégémonique dominant " que je veux construire à un caractère temporaire, appelé naturellement à disparaître au fur et à mesure que le communisme se construira. Lénine a conscience de ce que représente l'Etat et toutes les sociétés de classes qui ont existé depuis le début de l'humanité. Même celles qui se sont construites sur une antinomie conceptuelle ,l'égalitarisme de propriété, notamment la Grande Révolution française et son aspiration à une société basée sur une tentative de mise en œuvre du " tous " Citoyens- propriétaires (Ce que les sans culottes les plus radicaux tenterons de subvertir en imaginant une propriété idéale indivise où tous pourraient vivre ensemble :Babeuf). C'est ce qui justifie, selon lui, qu'on puisse leur rendre hommage, en restant des patriotes, des jacobins, c'est à dire en aspirant à construire un Etat. Quel Etat ? Un Etat de non- propriétaires : Un Etat Prolétarien. Mais ce n'est pas possible, puisqu' Etat veut dire : Constitution, Citoyenneté, Espace historico- géographique et donc, par la mise en place d'un sujet de droit : propriété ! Oui, tout a fait, on va donc envisager un Etat ou la propriété puise être une non - propriété personnelle- tout en étant une forme d'appropriation personnelle- C'est la mise en place de la propriété publique : les nationalisations. L'entreprise nationale est à la fois à tout le monde (et donc à personne) et à moi (dans la mesure ou je suis une partie de ce " tout le monde ") Sauf que, sauf que maintenir un Etat, un Etat de droit, c'est maintenir un rapport à la propriété (même si celle-ci se définit ici, essentiellement pas sa négation : la propriété " publique ", voir la propriété " collective " comme on disait à l 'époque). C'est donc qu'on le veuille ou non, maintenir les classes sociales. " L'Etat apparaît " dit très clairement le marxisme " avec les classes sociales et disparaît avec elles. " Mais où est l'antagonisme, si l'opposition Capitalistes / Prolétaires n'est plus le mode opératoire explicatif de l'opposition qui existe dans ces sociétés ? L'opposition devient, selon nous : classe bourgeoise/ classe ouvrière. Il faut continuer de créer un surproduit pour permettre à la Nation d'exister (ses jeunes, ses vieux, ses inactifs, ses besoins d'investissements) et il existe un risque que ceux qui sont aux postes de commande s'ils ne sont pas productifs, cherchent à s'approprier ce surproduit, tout au moins une fraction importante, à leur profit. En se servant du simple fait que la division du travail technique (dont la division : intellectuelle/manuelle est une des parties, mais pas la seule), et la division sociale nourrissent un tel phénomène. C'est pourquoi, il est illusoire, parce qu'impossible, contrairement à ce que pense Lénine, de pouvoir construire " un Etat bourgeois sans bourgeoisie " comme il souhaite vouloir lui-même le bâtir dans son célèbre ouvrage " L'Etat et la Révolution ". Lénine comme Trotski et Staline considèrent qu'une classe par essence renvoie à un droit et donc sous une forme ou sous une autre à la question de la propriété, ce qui est parfaitement exacte. Dès lors la " bourgeoisie " ou exprimé sous forme fonctionnaliste " l'appropriation " ne peut exister qu'accompagner de son suffixe historique. " Bourgeoisie commerciale ", " bourgeoisie- industrielle ", " bourgeoise financière ". Mais où est celui-ci quand la propriété est une non propriété, une propriété publique ? L'histoire nous montre qu'elle est dans l'utilisation de cette dernière. De même qu'un bourgeois qui ne met pas en mouvement son capital (d'abord commercial, puis industriel, enfin au stade l'impérialisme : financier) n'est pas un capitaliste, un bourgeois qui le met en mouvement sous sa forme de capital " public " et voit la possibilité de ses revenus augmenter, son poste se renouveler, ses avantages se maintenir, utilise les moyens mis à disposition par l'Etat, comme capital, à son profit. On est donc habilité à parler de capitalisme d'Etat. Ceci non comme simple parasitisme comme le pense Trotski (La bureaucratie, serait comparable à l'église, une couche parasitaire, mais pas une classe) mais bien par fonctionnalisme, par maintien de la division du travail. C'est pourquoi nous tenons pour essentielle la question de la résolution : Productif/improductif, qui pose la question du travail simple et du travail complexe, du travail abstrait et du travail concret, ce qui va bien au delà de la question exploitée/ inexploité, que véhicule le recours au seul terme de " prolétaire " tel que l'entendent les Gauches - Communistes Historiques. Car elle attaque frontalement la question irrésolue de la division technique et de la division sociale du travail, seule capable d'en finir, avec le fonctionnalisme organisationnel qu'elle engendre, " l'institutionnalisme " qu'elle produit et son corollaire, le droit. Comme nous l'avons montré dans notre article " Syndicalisme et Communisme ", le sujet de droit est bourgeois. la Liberté, l'Egalité, la Fraternité sont bourgeoises (Pas capitalistes, mais bourgeoises). Or maintenir la bourgeoisie, c'est maintenir la possibilité de renaissance du capitalisme. L'histoire nous a montré que le capitalisme est né de la bourgeoisie (la bourgeoisie gréco-romaine marchande) maintenir la bourgeoisie en maintenant " l'Etat ", fut-il " Etat de droit ", c'est maintenir la possibilité de restauration du capitalisme privé. C'est ce que ne voit pas les bordigistes qui rêvent d'une disparition du droit, une disparition de tous les propriétaires (et donc du prolétaire qui vend sa force de travail) tout en maintenant, l'institutionnalisation produit de la division du travail, au premier rang duquel le parti, dont ils font un absolu. " La plupart du temps, au sein du communisme, des idées toutes faites héritées de l'idéologie dominante entachent la pleine et entière compréhension du programme révolutionnaire. Sur de nombreuses questions essentielles, ce qui est retenu n'est pas la tradition communiste confirmée par de multiples expériences ouvrières, mais la tradition social-démocrate, lasalienne (radicalisée ou non sous le vocable léniniste), la compréhension qu'à la bourgeoisie elle même du mouvement révolutionnaire. Ainsi, sur la question fondamentale de la démocratie les grands mythes de la révolution française, l'archétype de la révolution bourgeoise -Liberté-Egalité-Fraternité- se retrouve intégralement repris par de pseudos marxistes : considérant que la bourgeoisie aurait trahi ses propres idéaux, ils donnent pour tâches au prolétariat de les réaliser et de voir nos gauchistes se battre pour la complète réalisation des droits démocratiques, pour la " parfaite " démocratie. Pour tous ces messieurs la démocratie ne serait qu'une forme de gouvernement qu'il faudrait enfin appliquer pour retrouver l'âge d'or. Reste à ces sycophantes à démocratiser l'enseignement, à démocratiser la police, à démocratiser tous les appareils d'Etat, bref, à démocratiser la démocratie. La démocratie y est présentée comme l'idéal à atteindre et tous nos malheurs, toute l'oppression capitaliste se résumerait à une non intégrale application de cette sacro-sainte démocratie. Mêmes pour les pseudo - marxistes (les trotskistes jusqu'au conseillistes) la démocratie est la pure forme mythe dite de la démocratie ouvrière. Et d'opposer donc à la démocratie bourgeoise (limitée et trahissant l'idéal) l'idéal réalisé la démocratie ouvrière (version trotskistes, conseilliste) , la démocratie populaire (version stalinienne) ou encore, la démocratie directe (version libertaire) ! Voilà encore une fois en action les éternels réformateurs du monde qui après avoir défini préalablement l'idéal à atteindre, le pôle positif du capital- Liberté- Egalité- Fraternité ne voient dans la réalité d'aujourd'hui qu'un manque d'application de cet idéal dû au méchant capital, son pôle négatif. Tous ces gens ne comprennent pas qu'il n'existe pas d'" idéal démocratique " ou plus exactement que l'idéal démocratique n'est que l'image idéelle de la réalité de la dictature capitaliste. De la même manière que la solution de la famille céleste se trouve dans la réalité terrestre de son application, c'est à dire dans la réalité terrestre de la dictature mondiale du capital. Contrairement à tous les apologistes du système (même et surtout dans sa forme réformée), le marxisme s'attaque à la démocratie non pas en tant que forme de gouvernement plus ou moins bien appliquée, mais en tant que contenu, en tant qu'activité de gestion- La politique du mode de production capitaliste. La démocratie n'est donc, quelle que soit sa forme- parlementaire, bonapartisme, … que la gestion du capitalisme. Comme l'a défini depuis toujours Marx, la bourgeoisie a définitivement réalisé la liberté (de vendre sa force de travail ou de crever), la Fraternité (entre citoyens atomisés) et l'Egalité (entre acheteurs et vendeurs de marchandises) c'est la démocratie pure qui se trouve réalisée. Courir, comme le font tous les démocrates (mêmes " ouvriers ") derrière le mythe de la " bonne " démocratie, c'est en fait renforcer dans l'idée et donc dans sa réalisation, la bonne gestion " possible " du capital, que cela soit sous sa forme parlementaire ouvrière fasciste, monarchiste…. C'est renforcer le fondement du système : l'esclavage salarié; en effet, comme nous le développons dans ce texte, la démocratie n'est pas l'une " la meilleure " des formes de gestions du capital, mais est le fondement la substance, de toute gestion capitaliste et ce du fait du contenu commun entre la substance du mode de production capitaliste- le double caractère de la marchandise force de travail- et la substance de la démocratie- présenter l'homme individuel et donc sa force de travail comme marchandise- le mode de production capitaliste est donc le premier mais aussi le dernier mode de production à devoir présenter l'homme individuel, le citoyen totalement isolé, atomisé, extraénisé face à la société civile- la communauté de hommes atomisés c'est à dire une communauté déshumanisée, non générique - car le mode de production capitaliste a besoin, pour se développer, du prolétaire (libre de toute attache à la glèbe) n'ayant comme seul propriété que sa force de travail et étant donc toujours prêt à sa vendre en échange d'un salaire (dont la valeur est déterminée comme n'importe qu'elle autre marchandise par le temps moyen socialement nécessaire à sa reconstitution). C'est l'ensemble de ce processus d'atomisation et subsomption de l'homme qui produit l'un des symptômes les plus puants du capitalisme : l'individualisme. Le contenu de tout Etat bourgeois (quelque soit sa forme) est donc la démocratie car la démocratie car la démocratie est l'organisation capitaliste des prolétaires atomisés afin de leur faire cracher toujours plus de valeur. Marx déjà avait pressenti ce contenu fondamental qu'est la démocratie lorsqu'il critiquait les conceptions d' Hegel sur l'Etat… " " COMMUNISTE CONTRE DEMOCRATIE " Extrait d'un texte Bordigiste publié sur le site : Le Communiste.19 La réduction des rapports de production, aux rapports de propriété, permet dans ce texte au camarade bordigiste, d'exiger l'abolition immédiate du statut de salarié productif, de salarié exploité. Là aussi la déviation gauchiste conduit à considérer que les rapports de production sont complètement extérieurs à la structuration et au développement des forces productives (Ce que nous avons déjà dénoncé chez Trotski) Dès lors pour les bordigistes, la bourgeoisie (la répartition par division du travail) comme catégorie sociale se trouve complètement contenue dans la catégorie de capitaliste (la possession par existence d'un droit privé), de même que le statut d'ouvrier au sens marxiste du terme (qui n'a rien à voir avec la catégorie sociologique " Ouvriers " type I.N.S.E.E ou autre) c'est à dire en tant que classe productive cesse à partir du moment ou disparaît totalement le statut de prolétaire. On comprend mieux dès lors, comment s'impose cette vision ultra - politique du sujet économique. Si le statut d'ouvrier productif au sens marxiste du terme est entièrement contenu dans le statut de prolétaire de même que le statut de bourgeois est contenu dans celui de capitaliste, alors la résolution des sociétés de classes passent entièrement par la disparition des Etats et du droit qui sont à l'origine de la mise en œuvres de ces statuts ( " Capitaliste " et " prolétaire "). La question étant purement politique et donc essentiellement non économique, le levier de résolution des contradictions, de toute contradiction, c'est le " Parti ". Le " prédicat " institutionnel devient un absolu, ici, le " Parti ". Mais ce peut-être de façon tout aussi idéaliste le " Syndicat " chez les communistes libertaires, ou " les Conseils " chez les conseillistes. Comme chez les conseillistes, l'erreur consiste à confondre sociétés de classes et sociétés engendrant un surplus économique. Il est exact que les sociétés primitives, société où l'existence d'un surplus économique était aléatoire voir inexistant, ont été appelées sociétés " communistes " primitives par Marx et Engels. Mais cette appellation a été beaucoup plus le fait d'une volonté d'explication par analogie à caractère pédagogique, que la volonté d'affirmer que ces sociétés constituait un modèle à imiter, voire un âge d'or à retrouver. Or, c'est pourtant consciemment ou inconsciemment à ce type de sociétés que les " Gauchistes ", pour reprendre l'expression de Lénine, font références. L'humanité ne reviendra pas en arrière, l'humanité a besoin aujourd'hui, et elle en à les moyens, de dégager en permanence un surplus économique, un surproduit. Imaginer une société, où le travailleur, ne devrait pas plus produire qu'il ne consomme, c'est vouloir revenir à l'âge des cavernes. La " civilisation " consiste à créer une société où l'on puisse protéger, les êtres en situation de faiblesses ou en incapacités de rejoindre ceux qui travaillent (Les inactifs par nécessité), mais elle ne se cantonne pas à cela. Elle dégage un surproduit dont la nature doit - être d'emblée socialisée, toute société, toute Nation, à besoin d'aménager son territoire, de planifier son devenir, de construire des routes et des écoles, toute production à besoin de réaliser des investissements, qui dépassent, et de beaucoup, le simple raisonnement basique d'un individu en lien direct avec ses moyens de production. En quoi la société imaginée par les communistes du " Parti ", des " Conseils ", du " syndicat " est-elle moins bureaucratique, si ces trois sujets deviennent le lieu de concentration de toutes les missions (prédicats) qui sont dévolues par nécessité fonctionnaliste à la bourgeoisie ? Le " Sujet ", est indispensable à toute construction théorique cherchant à résoudre les contradictions au sein d'un champ de connaissances. Mais comme nous aide si brillamment à le faire la révolution copernicienne althussérienne, on ne fait que la moitié du chemin quand en" institutionnalisant " un prédicat. Il faut " tuer " le sujet dans l'objet, " l'Histoire est un procès sans Sujet ni Fin " que le " Sujet " soit " l'Homme " et ses droits, le Parti , le Syndicat ou le Conseil Ouvrier, quand ce n'est pas le Prolétariat . Tout ceci sent le 'cureton' à plein nez : Dieu ou le Parti , le Prolétariat , etc. etc. " sait " et par la connaissance à " le pouvoir ", malheureusement nombre de marxistes - révolutionnaires sont des 'curetons' qui s'ignorent. C'est pourquoi le marxisme-léninisme déstalinisé est une avancée décisive dans l'histoire du mouvement ouvrier. Le marxisme-léninisme ne se réduit pas à cette vieille crapule de Staline. " Pour nous, comme pour Marx, au contraire, la période de transition est et ne peut-être autre que la dictature du prolétariat pour l'abolition du travail salarié, c'est à dire un processus d'ensemble détruisant les bases fondamentales du système capitaliste (la valeur, l'argent, le capital, le salariat, …) pour immédiatement, dans et par ce même processus, affirmer de plus en plus massivement et consciemment, la communauté humaine, l'être humain collectif. La période de transition ne peut être comprise que comme procès unitaire, un mouvement totalitaire, de destruction/ affirmation positive, destruction - négation- en ce qu'elle sape dictatorialement les fondements du capitalisme- extraction de la survaleur basée sur la différence entre travail nécessaire et surtravail - et affirmation - négation de la négation au plus le processus de destruction se généralisera et cessera d'exister, au plus apparaîtra pleinement un nouveau mode de vie communautaire communiste " " COMMUNISTE CONTRE DEMOCRATIE " suite de l'extrait. Il faut avoir beaucoup de courage pour appeler ouvertement, à la mise en œuvre d'une société totalitaire. Ce camarade l'a, rendons lui hommage. Il dit tout haut ce à quoi est obligé d'aboutir une société idéalisée, qui ne veut pas s'inscrire dans une stratégie de dépassement révolutionnaire du capitalisme. Ce camarade peut-il nous expliquer comment il entend dégager un surproduit civilisationnelle, si tout le travail nécessaire absorbe le surtravail. Enfin dans la société totalitaire que ce camarade appelle de ses vœux, par quel mécanisme espère -t'il pouvoir se protéger du parti devenu " Dieu ", si par malheur celui-ci faisait fausse route ? La Question que tous les communistes doivent se poser est donc la suivante : comment parvenir au communisme, c'est à dire à la société universelle sans classes et sans Etats ? D'abord en dépassant le capitalisme, mais attention, il y a des dépassements qui, parce qu'ils sont conduits sur des bases fausses, laissent en place les mécanismes qui conduiront à une stagnation puis à un retour en arrière. Ce fut le cas de la première vague révolutionnaire communiste. Ce dépassement là ,nous a conduit à l'avoir dans le dos. Comment peut-on dépasser le capitalisme : En détruisant la bourgeoisie. La nationalisation généralisée de l'ensemble des rapports de propriétés soumet le capital et le travail au mécanisme unique de l'Etat propriétaire (du capital et de la force de travail), les communistes travaillent ouvertement à l'instauration du capitalisme d'Etat, ce ne sont pas des gauchistes. Et c'est parce qu'ils savent clairement ce qu'ils instaurent, qu'ils ne se cachent pas derrière de pseudo -concepts droitiers type " démocratie avancée " ou autre. Les Etats vont continuer d'exister tant que l'ensemble des Nations (i.e : des Formations Sociales) ne seront pas passées au socialisme, et parce que les Etats existent les classes vont être maintenues. Cela veut dire que sous le " socialisme ", c'est à dire sous la phase de transition, ou dominent à l'échelle des Nations le capitalisme d'Etat, il y a, il y aura, classes et lutte des classes. Il est fondamental, non pas de détruire le salaire productif et le marché, comme le préconise les textes ci-dessus, mais au contraire de le généraliser. Tous productifs, voilà la seule façon de ne pas aboutir à l'élucubration gauchiste que nous propose les conseillistes, ou pour éliminer le marché et le salaire ils en viennent à imaginer une comptabilité en temps de travail moyen, dont on ne voit pas en quoi elle porterait atteinte, à l'institutionnalisation bourgeoise, puisqu'elle justifie la mise en place d'un centre de surveillance capable de la tenir. Ceci revient à préconiser la mise en place d'un autre bureaucratisme en remplacement de celui mis en œuvre de façon traditionnelle par la marchandisation de la force de travail sous économie de marché. La tâche des communistes est d'abord de s'en prendre à l'exploitation et il ne peuvent le faire quand la généralisant, c'est pourquoi, le mot d'ordre n'est pas " tous à l'Elysée ! ", le mot d'ordre est " Sarkozy à la chaîne ! " La seule solution réside dans la généralisation à tous les actifs, du double statut de salarié - productif. C'est la seule solution non utopique, qui n'a pas besoin d'imaginer la disparition de la monnaie, ni la disparition de la marchandise, dont on voit mal aujourd'hui par quoi, sinon une économie de science-fiction ,on pourrait les remplacer. Demain, chacun veut pouvoir choisir ce qu'il consommera, si un bien ne me convient pas, les camarades de la Gauche Communiste (historique) veulent-ils m'en imposer la consommation ? Ce système à existé en U.R.S.S et cela n'a pas marché, un producteur ne peut donc décider seul de ce qu'il va produire. La réalisation de la valeur, par le marché, au moyen de la monnaie lui est donc indispensable pour savoir si ce qu'il propose est socialement validé. Aujourd'hui 80 % de la population de la formation sociale française est salariée, le problème n'est pas dans la disparition du salariat, le problème est dans le fait que la majorité des salariés ne sont pas productifs. Autrement dit, il faut généraliser l'exploitation. L'Etat " capital " à chaque sortie d'argent, doit voir revenir dans ces caisses plus de valeur qu'il n'en a avancé, il en a besoin pour ses non - actifs naturels, pour ses investissements. Mais ceci est largement insuffisant, car le capital avancé, l'est par rapport à un secteur, une branche, une entreprise économique, souvent on ne sait pas en leur sein ou passe exactement la frontière entre productifs et improductifs. C'est pourquoi il est vital de s'attaquer le plus tôt possible à la division du travail, quelle soit sociale ou technique, quelle soit manuelle ou intellectuelle. C'est à cette condition essentielle, que pourra être institué le turn -over des postes et des fonctions. Turn - over qui seul garantit que nul ne pourra échapper à l'exploitation, qu'aucune niche d'appropriation du surproduit, ne pourra survivre de façon permanente engendrant une bourgeoisie par fonctionnalisme. Car camarades, il faut en finir avec cette caricature type du 19ième siècle (Daumier) consistant à assimiler les capitalistes et les bourgeois à de grosses " fainiasses ", le rôle qu'ils jouent résulte de la division du travail, ils bossent, ils bossent même beaucoup. C'est dur d'exploiter les autres. Ce qui est scandaleux ce n'est pas qu'ils se 'reposent' (le rentier cher au 19ième siècle), c'est qu'au nom du poste qu'ils occupent, au nom de la division du travail, ils s'approprient une fraction énorme du surproduit que la société engendre. Supprimons la fonction, supprimons les postes, supprimons les rôles, voilà la tâche des communistes. Mais supprimer fonctions, postes et rôles ne nous dispense pas d'avoir à engendrer un surproduit. Comment le créer, le mesurer, en reconnaître la dimension objective socialisée, si la monnaie n'existe plus, si la fonction sociale du capital est niée. Dans la réalisation de ces tâches a -t'on besoin d'attendre que les autres pays soient passés au socialisme ? Non, nullement, puisqu'il s'agit uniquement de développer pleinement et entièrement la socialisation objective contenu dans le capitalisme d'Etat. En ce sens le dépassement du capitalisme est contenu dans son extension et sa généralisation, puisse qu'il s'agit de le pousser à sa forme ultime qui est de liquider la bourgeoisie. Liquider la bourgeoise, c'est à dire devenir tous productifs, liquider la bourgeoisie, c'est à dire devenir tous polyvalents. Des lors le capitalisme d'Etat étant de plus en plus socialiste, si tout ce qui concourt à la reproduction de la bourgeoisie disparaît, le droit et son corollaire le contrat, et l'institution qui en surveille la réalisation " l'Etat " qui ne sert qu'à reproduire les classes, commenceront à dépérir. La bourgeoise d'abord historiquement marchande, s'est transformée pour survivre en bourgeoisie - industrielle, elle est aujourd'hui, au stade de la mondialisation impérialiste devenue, pour sa fraction dominante, bourgeoisie financière. Il faut lui couper les ponts, il faut lui interdire toute possibilité de se reproduire sous une autre forme, il faut interdire au stade du capitalisme d'Etat, que la mise en œuvre du capital social, soit l'œuvre par division du travail d'une minorité par spécialisation, qui s'assure une " rente ", qu'elle devienne ainsi bourgeoisie d'Etat, bourgeoise " Rouge ". Mais est-ce à dire que je n'ai plus besoin du marché, du capital pour investir dans toute la société et y dégager un surproduit, que je n'ai plus besoin de la monnaie ? Nullement. Durant la période d'existence des Etats, les fonctions improductives qui lui sont liées pourront être occupées sur le modèle de la Commune de Paris, par Turn-over. Mais ceci ne peut avoir lieu qu'à 2 conditions : tous productifs, et tous capables d'assumer les tâches. Autrement dit : liquidation de la bourgeoisie et liquidation de la division du travail. L'un ne va pas sans l'autre, l'un est lié à l'autre. Tout comme le capitalisme disparaît dans le prolétariat (les non- propriétaires), la bourgeoisie est soluble dans la classe ouvrière (les productifs). Le premier moment généralise le capitalisme d'Etat, le second universalise la classe ouvrière. Dépossédés de la propriété privée, les anciens capitalistes, ne trouverons pas dans le statut de bourgeois, la situation d'éternelle refuge, qui leur a permis à travers toute l'histoire des société de classes de se reproduire et de se transformer. En s'attaquant à la dernière justification fonctionnaliste de son existence, la division du travail, le salarié " ouvriérisé " détruira le dernier rempart de l'Etat en même temps qu'il fera disparaître la bourgeoisie. Nous préférons le terme de " travailleurisation " car il est évident que s'il n'est plus question que l'homme soit soumis aux sciences et aux techniques, " neutralisées " sous le pseudo concept " laïquard- républicain- bourgeois " de " progrès " des forces productives, l'existence de celles-ci (a travers toutes les découvertes réalisées) a bouleversé totalement le statut du travailleur moderne (et que dire de celui que nous souhaitons voir produit par fin de la division du travail !). il n'a plus rien à voir avec le travailleur productif du 19ième siècle. Une seule chose lui manque : contrôler les processus de fabrication et les processus d'affectation. Pour cela il devra se faire " bourgeois " lui-même, à un moment de son cycle de vie, ou bien par intermittence. Mais l'objectivisme de la production moderne, ne peut aujourd'hui se contenter de la simple appréciation subjective de la relation de l'homme en prise directe avec les processus de production et de répartition, que cet homme soit seul, membre d'un comité d'usine (ou de bureau), ou d'un Conseil Ouvrier. Les besoins des sociétés modernes vont au-delà de la spatialisation et de l'urbanisation "usinières " du siècle dernier. Ne pas tenir compte de la modernité serait rendre un bien mauvais service au communisme. Pierre Martin -
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