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Les communistes et l'Etat
L'Etat, forme d'organisation juridique de la nation, reflète toujours les rapports sociaux.
Notre pays, industriellement développé, est composé de classes sociales antagonistes. L'une d'elles est dominante, la grande bourgeoisie capitaliste.
Antagonisme bourgeoisie / classe ouvrière
L'antagonisme qui existe entre cette bourgeoisie et la classe ouvrière est de plus en plus exacerbé, les principales raisons en étant " l'accumulation de plus en plus importante du surplus capté sur le travail ". En regard, le développement de la conscience et de la lutte de la classe ouvrière : dans la période de 1936 à1968, elle a réussi par ses combats (également aidée par la présence d'une force anticapitaliste mondiale) à conquérir des droits sociaux très importants tels que la sécurité sociale, la retraite par répartition, les droits du travail, les conventions collectives, les comités d'entreprises, les congés payés, les 40 puis les 39 et 35 heures, et les nationalisations (même si, échappant au contrôle des salariés, elles n'ont pas réellement servi à la socialisation de la société).
En 1945, ces nationalisations ont été acceptées par la bourgeoisie, incarnée par le gaullisme, pour redresser l'économie d'après-guerre. Elles ont transformé l'Etat en " Etat patron ". Les comités d'entreprise ont manqué de droits de contrôle sur la gestion et les orientations industrielles des entreprises nationalisées. Des droits plus étendus auraient dû inclure des représentations actives, ateliers par ateliers, pour étendre le pouvoir des salariés et s'attaquer à la division technique et sociale du travail. Egalement donner aux usagers des services publics, " nationalisés ", des droits de regard et de pression.
La duplicité avec le pouvoir Gaulliste d'alors sous les recommandations de Staline lui-même, n'a pas permit d'aller plus loin dans la socialisation de notre pays.
Renforcement du pouvoir policier de l'Etat
L'Etat, dans cette période, a renforcé son pouvoir, notamment policier, pour réagir contre la montée " en force " des luttes sociales. Il est devenu producteur de sécurité, ce qui parait nécessaire en regard de la violence qu'il fait naître, causée par l'accroissement de la misère, du chômage, de l'urbanisation de classe. En contrepartie, ceci engendre un ordre public qui, tout en réprimant les classes sociales opprimées, tend alors à pacifier la vie sociale. Par exemple, la création par Jules Moch (ministre socialiste) des " Compagnies républicaines de sécurité " (CRS), ont servi en tout premier lieu à la répression des mineurs en grève. Les CRS sont utilisés aujourd'hui pour " karchériser " les banlieues. Notons la quantité toujours plus importantes des interdits de ceci ou cela, le fichage prévu par le programme " Edwige " tout ceci aboutissant a une société liberticide
Les communistes préconisent le dépérissement, puis la disparition de l'Etat en tant qu'appareil de domination de classe pour le remplacer (selon l'expression de F. Engels) " par le gouvernement des choses ".
Selon Gramsci, ce dépérissement pourrait se faire par le renforcement politique des masses " autogouvernées " en mettant en place des formes multiples d'interventions citoyennes dans la société civile, l'Etat devenant le " veilleur de nuit ", c'est-à-dire le gardien de la nouvelle structure sociale, jusqu'à perdre sa raison d'être et disparaître en tant qu'appareil de domination
Renforcement de l'idéologie bourgeoise dominante de l'Etat
Depuis les années 80/90 suite aux difficultés puis l'effondrement de l'URSS, la bourgeoisie a redoublée ses manœuvres idéologiques afin de laisser penser qu'un régime socialiste ne pouvait apporter le bien être du peuple. Dans cette entreprise idéologique les tenants de la grande bourgeoisie ont utilisé les moyens dont ils disposent, bien entendu la presse, la télévision, mais également les pouvoirs religieux ; la part donnée aux religions est d'ailleurs inégalée depuis les lois sur la laïcité de 1905
Cette bataille idéologique a des effets pervers jusque dans le mouvement ouvrier " dans les organisations syndicales avec notamment l'influence importante de la CFDT et dans les partis de gauche, même dans le PCF ou la notion de laïcité n'est plus défendue qu'épisodiquement "
Ce sont ces problématiques qui doivent être analysées pour aboutir a une partie de programme politique qui nous fait tant défaut aujourd'hui
M.Mélinand Septembre 08
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