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Propositions en débat
Pour un Communisme par hégémonie de la classe ouvrière.
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1/ Souvenons-nous de l'histoire !...
Le communisme est un courant aussi riche et varié que le sont le libéralisme, le socialisme, les religions voire la laïcité etc.
Rien à nos yeux ne justifie la capitulation devant l'objectif humain de construction d'une société sans classe et sans Etat : une société communiste.
A la charnière des XIXème et XXème siècles, la classe ouvrière s'est accrue en liaison avec le développement du capitalisme, surtout industriel;
corrélativement à l'universalisation de ce mode de production, la classe ouvrière se généralise et, en Europe, devient désormais une puissance sociale. La doctrine de Marx s'y répand, avant de le faire sur d'autres continents, mais c'est presque toujours sous des formes abâtardies et des "révisionnismes", néanmoins elle commence à être considérée comme une idéologie non négligeable.
Cette doctrine s'est enracinée surtout dans les pays germaniques, Allemagne, Autriche, De nombreux noms en sont restés célèbres, mais ce n'est pas l'objet de cet article; l'essentiel, c'est qu'à travers des polémiques elle s'est orientée vers une critique de la réalité sociale, d'un point de vue de classe, et qu'elle visait à éveiller les masses à la pratique révolutionnaire, praxis qui rejette l'opposition non-dialectique, donc non marxiste, entre le "physique" et l'"intellectuel" (sous toutes leurs formes, mais toujours dualistes, que ce soit un idéalisme ou un matérialisme mécaniste quelconque).
Les marxistes de cette époque n'ont que tardivement aperçu l'importance de l'impérialisme et du colonialisme et ainsi de nouvelles divisions se sont produites à l'intérieur du mouvement sur ces questions et donc, en conséquence, sur celle de la Nation.
Il existe suffisamment d'activité au sein même du communisme pour que l'on puisse procéder à la rectification des démarches douteuses quant à Ses objectifs : une société sans classe et sans Etat une société communiste
Un communiste peut toujours participer à réévaluer, de façon dialectique et révolutionnaire, l'apport d'une autre vision du mouvement. Aujourd'hui, après la crise du " socialisme ayant réellement existé" et la pratique stalinienne du déroulement de l'histoire, peut et doit s'ouvrir un débat démocratique de réévaluation de tous les apports révolutionnaires afin de déboucher sur une réunification dialectique du mouvement communiste.
Les camarades qui se sont posé des questions en rapport avec ces objectifs ont été regardés comme une " extrême gauche ", alors que les solutions politiques mises en place ont été recherchées à " droite ", par exemple, par la vision sociale démocrate ou le recours à l'Etat républicain. L'avancée maximale de ces politiques a été atteinte avec " l'Etat de droit " et les " droits de l'homme " ; si ces questions sont importantes, elles ont surtout permit de constituer un rempart au développement du communisme, en éternisant l'État bourgeois ; pour ce faire les chantres réformistes en ont rendu neutres les Institutions, les principes, les valeurs, les catégories idéologiques chargées de le servir.
Comme des réalisations du socialisme menées au 20° siècle se sont écartées des objectifs révolutionnaires de construction du communisme, les sociaux-démocrates, du parti communiste ou du parti socialiste concluent qu'il n'y a désormais qu'une voie et une seule : l'atemporalité des Institutions et de l'État, pour accompagner un aménagement " humain " du capital. Peut-on y croire ? Ces principes ont été mis en œuvre dans les Etats dirigés par des socialistes sans résultats positifs définitifs pour la classe ouvrière, même dans les pays nordiques, mais ils sont restés positifs pour le capitalisme ; on voit bien aujourd'hui que toutes les avancées sociales peuvent être remises en cause par la droite, au service du capital, à partir du moment où la classe ouvrière baisse sa garde !
Autrement dit, on nous demande de courir après le mirage de la " démocratie bourgeoise ", chimère salvatrice selon tous les humanistes réformistes, avant qu'elle ne recoure aux bras armés de l'Etat de droit.
Nous militons pour l'émergence de ce que l'on pourrait nommer un " communisme par hégémonie de la classe ouvrière ".
Cette orientation ne nie pas le rôle de l'Etat dans la phase de construction du socialisme, il affirme clairement qu'il ne peut y avoir de société Communiste sans passage à une société sans classe et sans Etat, où aura disparu la propriété privée des moyens de production.
Il y a débat au sein du mouvement pour savoir quel type d'alternative et de renaissance du " Mouvement Communiste International " doit surgir après la disparition " du socialisme ayant réellement existé ". Un grand nombre de nos camarades cherche à reconstruire le " Marxisme - Léninisme ". Vouloir cela revient à considérer que le marxisme -léninisme n'a pas engendré la crise des formations sociales des pays de l'Est et qu'elle n'en serait que son dévoiement.
2/Courte visite à Lénine :
En Russie, les adversaires les plus coriaces des communistes furent les populistes pour qui le pays resterait une exception sociale conduisant à un socialisme paysan. La réponse marxiste, en particulier celle de Lénine et de Boulgakov, montrait que la plus-value pouvait se réaliser sur le marché national accru par le développement du capitalisme et les nécessités de son fonctionnement ; on ne peut totalement détacher la production de la consommation (là encore, en totalité dialectique) et le capitalisme est constitué en une totalité, son fonctionnement autarcique ne peut être que temporaire.
Le début du XXème siècle russe vit une récession importante conduisant à une transformation et à un durcissement des luttes qui amenèrent l'ensemble des marxistes à repenser le jeu du déterminisme historique. Certains refuseront encore de lier luttes nationales, en Europe, et luttes de la classe ouvrière, ce sont ceux-là qui ne comprendront pas le caractère impérialiste de la 1ère Guerre Mondiale mais cela conduisit Lénine à élaborer sa conception du parti révolutionnaire.
Il insistera, toujours en pensant la totalité dialectique, sur la nécessité d'un parti intimement lié aux masses, ne leur imposant pas de schémas préconçus de comportements révolutionnaires et séparés de la pratique du prolétariat. Par exemple, il reconnut la validité de la création prolétarienne des soviets, malgré leur caractère apparemment spontané et imprévu; toutefois il relèvera que le parti ne peut être un simple reflet de classe mais bien qu'il était un organisme agissant dans lequel des luttes partielles, polymorphes et confuses manifestent sa situation interne et son dynamisme de manière claire mais aussi ses objectifs à atteindre : le parti doit s'organiser à l'image d'une formation de combat, capable d'entraîner les masses à des mouvements tactiques et stratégiques efficaces et au moment opportun.
On a là l'origine de la scission entre bolchéviques et menchéviques, attachés à une conception social-démocrate, bourgeoise, d'organisation. Même Trotsky et Rosa Luxembourg virent dans cette conception léniniste du parti un " radicalisme bourgeois " qui opposait, de manière radicale, parti et classe. Or Lénine ne voyait pas la bourgeoisie russe achever ses tâches révolutionnaires, particulièrement sur la question agraire où elle était liée à des groupes d'intérêt visant le
maintien rural du régime de propriété; il prévoyait l'accord de la bourgeoisie et du pouvoir tsariste dès que des soulèvements populaires mettraient en cause le régime politique et les classes possédantes: la tactique menchévique conduisait donc à une impasse alors qu'une tactique révolutionnaire aurait été nécessaire.
Sans s'attaquer au fondement russe du capitalisme, peu développé, Lénine proposa une alliance nouvelle, celle de la classe ouvrière et de la paysannerie, la faucille et le marteau sur le drapeau rouge, conduisant, pour un temps indéterminé, à "une dictature démocratique du prolétariat et de la paysannerie". Cette alliance nouvelle détruirait les anciennes et imposerait aux classes possédantes des transformations politiques et sociales permettant au prolétariat d'asseoir, de manière dialectique, des positions de force tant en Russie qu'en Occident et même en Asie Cette mondialisation de la vision révolutionnaire des bolchéviques se développa progressivement dès 1906, c'est à dire à partir de l'échec de la révolution de 1905
[...] Après 1917 et L'effondrement de le 2ème Internationale, en 14, amène Lénine à approfondir sa réflexion. Déjà en 1907, reprenant une expression de ENGELS, il avait dénoncé la formation " d'une aristocratie du travail " tirant bénéfice de l'exploitation impérialiste des travailleurs les pratiques bourgeoises, capitalistes (certains aujourd'hui n'ont rien inventé mais d'autres auraient dû s'en souvenir et prendre des mesures).
Le marxisme russe, sous la forme du bolchevisme, bouleverse non seulement la situation politique et sociale à l'échelle internationale, mais aussi celle du socialisme, rejetant la social-démocratie, accrochée à ses illusions pacifistes et légalistes, vers la " droite". Il se fait immédiatement remarquer pour avoir démontré, par la pratique, l'efficacité possible de l'organisation de la violence par la classe ouvrière et la fragilité des conceptions centrées sur les grandes nations européennes, point de vue de la 2ème Internationale.
La lutte des classes a dès lors été comprise comme un processus mondial structuré qui a reçu, en Russie, une expression historique réelle et qui impose de penser concrètement toute politique révolutionnaire capable de vaincre les pratiques bourgeoises, capitalistes, et sociale-démocrates mais surtout de les remplacer
En 1916-17, Lénine et Boukharine s'attaquent à la théorie de l'impérialisme; la concurrence modifie le capitalisme par la formation de monopoles, c'est un moment du développement de la dialectique capitaliste: les contradictions, surgissant au sein d'un système mondial, d'un tout cohérent, n'autorisent pas à penser, pour l'avenir, un ralentissement et un blocage général de la croissance économique, ni celle d'une autodestruction du système.
Tant que la lutte des classes n'abolira pas l'exploitation de la force de travail pour la production d'une plus-value, exacerbée par l'élaboration concurrentielle des monopoles, le système capitaliste se transformera, non en dépassant mais en surmontant ses contradictions, dans la préparation de nouvelles.
Nos deux communistes envisagent donc le passage à un capitalisme d'Etat comme forme d'adaptation provisoire du capitalisme, dans sa phase impérialiste confrontée à une lutte des classes intense. Les contradictions et leurs évolutions constituant un levier révolutionnaire pour ceux qui exercent une praxis. C'est ce que, les socio-démocrates n'ont pas voulu voir, lors de la 1ère Guerre Mondiale; bernés par les illusions du pacifisme progressiste, ils se sont faits complices du système, de ses tueries, de l'échec des révolutions possibles à ce moment-là.
Lénine s'attaqua dès lors à l'esquisse des traits fondamentaux d'Etat prolétarien. L'appareil de l'ancien état ne peut être utilisé, n'étant pas adapté au nouveau fonctionnement, il faudra donc l'abolir, abolir son caractère permanent, fermé, séparé de la classe ouvrière et des autres travailleurs: il faudra détruire l'ancienne superstructure administrative, politique, juridique, etc. (celle dont nous faisons l'expérience intensive actuellement chez nous) une dictature capitaliste ou bourgeoise, pour la remplacer par une démocratie la plus large possible (une dictature du prolétariat s'imposant aux anciens exploiteurs et à leurs larbins idéologiques), démocratie qui devra permettre à tous les travailleurs de s'initier aux tâches de direction de la vie publique et de la production.
Mais ce sont là des perspectives à long terme, il faut d'abord que les ouvriers apprennent non seulement à gérer l'économie mais à en maîtriser toute la praxis dans une totale collaboration, nous aurons alors un capitalisme d'Etat sous contrôle et direction des ouvriers.
Mais ne serait-ce pas là, de manière souterraine, la mise en place d'une bureaucratisation de l'Etat prolétarien?
3/ Le Marxisme-Léninisme…
Pourtant, si on excepte la période où vécut Lénine, l''exercice du pouvoir par Staline a imposé la domination d'un parti Etat contre le mouvement communiste lui-même ; il a conduit à une impasse. Le " socialisme ayant réellement existé " n'a pas quitté en fait le stade du capitalisme d'Etat, il a été accompagné de " procès ", de collectivisations forcées, il a éteint les embryons de socialisme, tout s'est terminé plus tard que ce que les " gauches historiques " avaient prévue mais en conformité avec ce qu'elles avaient annoncé : la restauration d'un capitalisme privé sans que les masses ne se sentent concernées. Dans les années 90, ces masses n'ont pas cherché à défendre la société qui s'effondrait ni à combattre celle qu'on leur imposait.
C'est l'histoire de la fin de l'URSS et c'est peut être le même aboutissement qui menace aujourd'hui la Chine populaire et demain Cuba, sans parler de la Corée du nord.
L'idée de créer un Marxisme-Léninisme est née au moment du 5ième Congrès de L'I.C (1927), avant il n'était question que de marxisme. Zinoviev avait lancé l'idée qu'il existait désormais un " léninisme " représentant les analyses de Lénine dans l'expérience réelle de la révolution, en effet son talent pratique lui avait permis de conduire, avec d'autres, le processus révolutionnaire de manière efficace dans un sens conforme aux intérêts du prolétariat.
La question de situer un point de vue pour construire une conception unifiée des pratiques, idéologiques et réelles, issues de l'expérience russe, parut s'imposer alors que tous les révolutionnaires d'Octobre cherchaient d'abord à défendre le marxisme en action et la nécessité de l'extension mondiale de la révolution.
S'il y a une particularité dans l'invention du Marxisme-Léninisme, c'est bien de transformer l'expérience en modèle puis le " Modèle " en théorie unifiée, c'est-à-dire en une orthodoxie, ce qui permit l'élaboration d'un cercle de dirigeants autour de Staline, gardiens de l'orthodoxie et ayant autorité. Le parti communiste au pouvoir s'est transformé, sous domination idéologique des staliniens, en instrument de domination sociale sur les classes ouvrières et les peuples.
Un capitalisme d'Etat, s'était mis en place, après la NEP, avec ses apparatchiks (les nepmen) dont l'influence ne fera que croître tout au long de l'histoire de l'URSS, restaurant des pratiques bourgeoises, la propriété privée et finalement un capitalisme privé , assorti de nationalismes, pour leur plus grand profit.
Cette orientation de créer des partis marxistes-léninistes a donc aboutit à restaurer un capitalisme avec un Etat coupé de la participation politique et économique de la classe ouvrière. On voit donc que le capitalisme des années 90, dans la Russie nouvelle, contenait en lui-même les conditions d'émergence qui remontaient de bien loin.
La constitution d'un cercle dirigeant autour de Staline, dont nous avons parlé, a engendré aussi l'idée du " socialisme dans un seul pays ", de manière rigide, empêchant ainsi la dialectique des confrontations entre les différents partis communistes et aboutissant au raidissement de l'orthodoxie et à l'abandon du caractère historique du marxisme.
La conception économique qui fut mise en place, privilégiant l'industrie lourde, n'a pas permit de rivaliser avec les Etats-Unis. Ceux-ci se sont surtout enrichis à l'occasion des deux guerres mondiales, sur le dos de leurs " alliés ".
L'erreur soviétique d'appréciation de la réalité économique et technologique, ainsi que de la stratégie politique et économique internationale a été le signe d'un manque d'autonomie des pays communistes dont on peut rendre responsable les apparatchiks et ceux qui partageaient leur vision et leurs intérêts.
Le marxisme -léninisme a permis néanmoins une aide économique, sociale et militaire à de nombreux pays pour les aider à sortir de la misère et à devenir " émergents ", comme on dit aujourd'hui. Mais là aussi l'autonomie et la dialectique ont malheureusement fait défaut pour la création d'un internationalisme prolétarien efficace.
4/ Le mouvement communiste en France dans les années 2010
Depuis 60 ans la baisse de notre influence parmi la population a été continue mais elle s'est accélérée a partir de la disparition de l'URSS. Quelles en sont les principales raisons ?
-En tout premier lieu, la bataille idéologique menée par le capitalisme mondial avec l'aide des religions et des médias aux ordres.
-Les transformations de la société en particulier par la politique des capitalistes nord américains qui, à compter du " new deal ", qui ont choisi de multiplier les possibilités de la consommation en acceptant de meilleurs conditions salariales, multipliant alors les possibilités de profits, cette tendance est devenue mondiale et s'est donc répercutée dans notre pays ceci a aboutit a ce que l'on a nommé les 30 glorieuses.
-La mutation du travail manuel vers les emploies du tertiaire depuis plusieurs décennies a permit le renforcement des couches moyennes, le niveau général de vie parvenant à s'élever, il a facilité d'autres comportements (accélération de la consommation, accès à la copropriété, extension des loisirs etc.).
-Mais dans le même moment la diminution des activités industrielles ont crée une accélération du chômage qui favorise la concurrence entre les salariés. Nous voyons à présent se développer un appauvrissement général des couches populaires et une nouvelle prolétarisation des classes moyennes.
-Les orientations politiques du PCF ont été entrainées, de plus en plus, sur le terrain du réformisme ; pour aboutir a l'abandon du marxisme et des tentatives de saborder le parti crée en décembre 1920 ;
Toutes ces raisons et bien d'autres ont concouru a l'amoindrissement de la notion de communisme comme société d'avenir. Le marxisme passant sous un silence complice dès les années suivantes de la disparition de l'URSS.
Aujourd'hui face à la situation de reculs enregistrés par les travailleurs ces notions révolutionnaires reprennent de la force
Nous contestons l'attitude de la direction réformiste française actuelle qui se bat seulement pour les droits démocratiques, la seule vertu d'un tel combat est d'offrir la possibilité à chacun d'intervenir, quel que soit son niveau de conscience. Mais nous savons fort bien que ce retour aux vertus " sociales " de la démocratie, se fait également par une domination et une soumission complète à l'idéologie social-démocrate. Que les directions actuelles aient décidé, une fois de plus sans l'exprimer, que la seule solution serait de s'insérer dans le jeu " démocratique " occidental ", on peut l'entendre, mais nous ne l'acceptons pas !
Cette orientation réformiste nous conduit à nous soumettre aujourd'hui de façon " éternelle " à la domination du capital privé et à n'offrir à la classe ouvrière qu'un pâle jeu de l'alternance politicarde, alors que la situation actuelle du capitalisme mondialisé pousse à ouvrir une alternative socialiste.
C'est pourquoi une aile " gauche " du communisme est aujourd'hui en renaissance dans le PCF et à l'extérieur du PCF. Il est souhaitable que ce regroupement des communistes soit capable, à la différence de tous les gauchistes d'hier et d'aujourd'hui, d'ouvrir la voie de la révolution socialiste.
Créer un programme pour la sensibilité que nous représentons voilà ce qu'il conviendrait à terme de produire. Mais ce n'est pas en créant un groupuscule de plus que nous résoudrons la question.
Ce qu'il nous paraît plus important de réaffirmer, c'est que la lutte des classes est tendancielle, elle ne s'exprime clairement que dans de trop rares occasions et dans ces moments là tout les communistes en France savent se mobiliser.
La lutte des classes est rectification, pôle antagoniste au sein des contradictions de société. Elle tient souvent de la serpe plus que de la dentelle. Puisque exprimer un tel positionnement est ce que nous savons faire le mieux, faisons-le, et supportons de reconnaître que s'il n'est que peu dialectique, il est d'abord fruit d'une volonté de redressement d'une déviation qui exige que : " L'on torde violemment le bâton dans l'autre sens " (Louis Althusser).
5/ Pour l'autonomie et pour l'hégémonie de la classe ouvrière, vers le Communisme :
Nous saluons la mémoire de ceux de l'Opposition Ouvrière en URSS qui ont été critiques sur les orientations Etatiques du socialisme, Kollontaï et Chliapnikov (Ce vétéran du parti lâchement assassiné en 37), par le stalinisme.
Nous réaffirmons avec eux que :
-L'avènement du Communisme appartient à la classe ouvrière, et passe par une société intermédiaire " le socialisme "
- L'émancipation des travailleurs ne peut être que l'œuvre des travailleurs par eux-mêmes.
- Le moment politique voit d'abord la victoire des travailleurs sur la bourgeoisie capitaliste
- Le moment économique prépare la construction hégémonique de la classe ouvrière.
- La Dictature du Prolétariat se substitue à la Dictature du Capitalisme Privé, à son État, sous lesquels nous vivons aujourd'hui. Cette nouvelle forme de dictature de classe se place dans la période du socialiste l'État, dirigée par les travailleurs avec leurs organisations, il est donc primordial que les travailleurs soient en position pour contester, améliorer, corriger les orientations prises par leur Etat.
- L'Hégémonie ouvrière, se construit sur les ruines de l'Hégémonie bourgeoise ; mais l'Hégémonie ouvrière ne doit pas se transformer en pouvoir d'Etat, à la différence de l'hégémonie bourgeoise.
-L'hégémonie de la classe ouvrière doit se construire par le contrôle puis la disparition de cet État.
-Le Socialisme est la phase de transition entre le capitalisme et la société communiste.
-Le socialisme étatique marxiste est un capitalisme d'État démocratique (nationalisation et socialisation), cette socialisation doit être obtenue par l'action ouvrière qui déconstruit l'Etat. Il abouti à la naissance d'une société communiste sans classe et sans Etat.
-Le Parti au pouvoir construit son déclin, Il s'auto-saborde en transférant le pouvoir de l'avant-garde ouvrière vers toute la classe.
-Il utilise les formes d'organisation du prolétariat devenant au fur et à mesure prolétariat-ouvrier (les Conseils et les Syndicats), pour transférer le pouvoir réel de la minorité à toute la société socialiste en construction du communisme.
- Il annihile la propriété privée des moyens de production, il supprime le capitalisme.
- Il détruit la division du travail et fait disparaître la bourgeoisie.
Une bourgeoisie rouge ne peut être évitée, tant que l'État existe, et l'État existe parce que son rôle économique de redistribution, de planification, de création de biens et services socialisés, dépasse largement ce qu'une unité volontaire d'entreprises pourrait produire. Mais il ne peut y avoir d'avancée vers le communisme tant que cette bourgeoisie d'État n'a pas disparue progressivement par des transferts de responsabilités et d'organisation.
Faire disparaître les rôles, les fonctions, les statuts, conduisent à rendre cette ancienne classe, en productrice de plus value. C'est une nécessité.
Maintenir la démocratie n'est pas seulement nécessaire pour des raisons humanistes et des droits de l'homme. Maintenir et développer la démocratie ouvrière, c'est s'assurer que le rôle, les fonctions les statuts de l'ordre capitaliste et de l'ordre bourgeois, ne se retrouveront pas assumés par ceux-là mêmes qui entendent les combattre
6 / Nous combattons :
- Pour la victoire du prolétariat sur les capitalistes, donc contre la propriété privée des moyens de production et d'échanges.
- Pour la victoire de la classe ouvrière contre la bourgeoisie, contre l'exploitation et la division technique et sociale du travail.
- Pour la transformation et le déclin de l'État et du droit s'y rapportant.
- Pour l'avènement de la classe ouvrière en classe dominante portant les valeurs qu'elle incarne comme formes modernes de patriotisme national, (non du patriotisme d'État). Sans négliger les formes de solidarités internationales nécessaires à l'épanouissement de l'ensemble de l'humanité
- Pour l'Ecole Prolétarienne Publique contre l'école privée bourgeoise.
- Pour l'Ecole Ouvrière du Travail contre la spécialisation, la division du travail bourgeoise,
- Pour la renaissance de l'Education Populaire Révolutionnaire, contre l'étatisation des valeurs éducatives.
- Pour la renaissance d'une conscience de classe dès l'enfance, contre l'infantilisation débilitante des âges de la vie : enfance, jeunesse, adolescence (qui est une machine à produire du sociologue, du psychologue et de l'assistance sociale dont Makarenko a tout dit).
-Pour l'exigence d'un travail, contre le marché du travail (expression capitaliste démontrant le caractère concurrentiel existant entre tous les travailleurs). Pour la fin de la division du travail contre l'explosion incontrôlée des métiers
-Pour l'obligation que les fonctions électives soient de courtes durées, contre La professionnalisation des élus.
-Pour l'obligation d'assurer que les salariés assument des fonctions de gestions courtes en vue de l'extinction du patronat
-Pour la disparition de la professionnalisation des dirigeants politique et syndicaux
-Pour l'exigence de droits prolétariens contre l'existence des droits capitalistes.
-Pour les devoirs prolétariens contre l'imposition des devoirs aux capitalistes.
La bourgeoise, c'est la contrainte bourgeoise par et pour le profit privé.
La société nouvelle, doit être le devoir prolétarien envers la collectivité.
7/ Les phases de l'avènement du communisme. (En s'aidant des résultats de l'histoire)
-Une première phase progressiste porte sur les nationalisations, sur la socialisation et surtout vers la disparition de la propriété privée, la socialisation qui a lieu tout au long du processus.
-Contre l'Europe capitaliste pour des unions, des échanges entre peuples indépendants
Cette phase est progressiste elle doit comporter des transformations de la représentation démocratique avec : Des élections à la proportionnelle, l'abolition du " Sénat ", qui était inscrite dans la première proposition de constitution de 1946 et qui a été refusée par le premier vote populaire (a courte majorité).
-La suppression de l'élection du Président au suffrage universel en vue de sortir de la bipolarité politique actuelle.
-La constitution d'une chambre de représentants des salariés (élus pour de courtes périodes), organisée sur la base des collèges ouvriers/employés comme lors des élections professionnelles.
Cette première étape permettrait de passer à la naissance d'un État socialiste sous direction des travailleurs.
- L'étape du socialisme : doit pratiquer sur le plan économique un développement national de l'industrie et des services avec sa répartition sur le territoire, poursuivre l'appropriation des entreprises et les socialiser en transférant les compétences de direction aux travailleurs, s'attaquer a la division sociale et technique du travail, mettre en place de nouvelles formes d'organisation sociale (développements des pouvoirs et contre pouvoirs dans tous les domaines) etc.
Enfin la société communiste, société sans classes antagonistes.
La définition du communisme par Marx est à rapprocher d'un texte de Hegel, extrait de la préface à la "Phénoménologie de l'Esprit", comme illustration d'analyse dialectique:
" L e bouton disparaît dans l'éclosion de la floraison et l'on pourrait dire
qu'il est réfuté par elle, de même le fruit dénonce la floraison comme fausse
existence de la plante. Ces formes ne font pas que se différencier les unes des
autres: elles se refoulent comme mutuellement incompatibles. Mais dans le même
temps, leur nature fluide en fait aussi des moments de l'unité organique où non
seulement elles n'entrent pas en conflit mais où l'une est aussi nécessaire que
l'autre, et cette nécessité en fait la vie du tout."
Ce point sera présenté et étudié dans un article à paraître sur notre site unitecommuniste,"Dialectique marxiste et dépassement du capitalisme", où seront repris les notions dialectiques de totalité, contradiction interne, évolution interne dans le temps, histoire, etc.
Le texte de la préface a été édité en livre de poche de manière bilingue ( GF n° 953, 1996 ) par J-P Lefebvre (à ne pas confondre avec l' homonyme agité du bocal gouvernemental ).
Nous ne sommes pas dogmatiques et nous sommes loin d'avoir une vision complète de cette nouvelle société, cependant nous pensons que le rôle de l'État devra s'amoindrir jusque disparaître ne laissant subsister que des fonctions utiles a la société nouvelle (L''État veilleur de nuit décrit par Antonio. Gramsci), ces fonctions seront assurées par courts mandats délégataires. Dans cette société débarrassée de l'utilisation privée du profit, mais ou le travail restera nécessaire pour le bien collectif et le libre épanouissement de la personne.
Une classe ouvrière universalisée ayant réconcilié travail manuel et travail intellectuel soumettra les processus scientifiques en vue de créer, par exemple, des biens de production de façon non à les subir, mais à les orienter vers la réduction du temps de travail, l'élimination de la pénibilité, mais aussi vers le plein exercice des capacités individuelles. Le produit du travail ne sera plus de la marchandise, mais le fruit d'une œuvre individuelle et collective, (nous pourrons donc, notamment, développer ainsi efficacement un monde qui protégera son environnement).
8/ Conclusion : Nous avons exposé ce qui peut être envisagé pour parvenir à nos fins vers la société communiste et nous avons montré que ce chemin passe par la pleine appropriation de notre avenir par les travailleurs (manuels, intellectuels et paysans travailleurs) c'est cette orientation que nous nommons le " Communisme ouvrier ou Communisme par l'hégémonie ouvrière ". Nous ne sommes pas dogmatiques ni idéalistes car nous considérons que tout est à réaliser pour parvenir aux fins de cette société communiste dont nous ne supposons que ses contours, les échecs passés appellent à la prudence et à beaucoup de réflexion, celle-ci doit échapper aux " spécialistes " et devenir le bien de toute l'humanité. Une société communiste doit être conçue dans une stratégie mondiale, mais ne peut faire l'impasse sur les intérêts des peuples. L'ensemble des peuples représentant une classe ouvrière mondiale en devenir.
Pour notre réflexion sur le devenir du communisme rappelons :
Nous relevons dans l'analyse de K. Marx sur l'idéologie Allemande, les réserves qu'il y fait concernant une étape du communiste (contrairement aux théories mécanistes) :
"Le communisme n'est pour nous ni un état qui doit être crée, ni un idéal sur lequel la réalité devra se régler. Nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l'état actuel. Les conditions de ce mouvement résultent de la présupposition qui existe actuellement "
Nous défendons cette orientation du communisme par l'hégémonie ouvrière au sein du parti communiste et au sein de sa " gauche " (interne ou externe), pour en reconstruire la base révolutionnaire, Si nos thèses correspondent à vos orientations, militons ensemble pour développer efficacement ces idées. (Quelques soient vos engagements dans les organisations communistes existantes), Développons ensemble toutes sortes de rencontres : Des réseaux, des groupes de réflexions, des universités populaires, pour combattre le réformisme ambiant.
Groupe de réflexion unitecommuniste (sept 2010).
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Une question:
Est-on communiste parce que:
1) on n'arrive pas à dépasser, à SURMONTER des moments dialectiques et historiques (pour les hommes c'est quasiment la même chose) du processus révolutionnaire multiforme (ex :.le PCF, l'URSS, ...) (cf. la définition du communisme par Marx dans "l'Idéologie Allemande" et l'illustration par Hegel qui l'accompagne à la fin de l'article sur "l'hégémonie de la classe ouvrière");
ou parce que:
2) on s'attache SERIEUSEMENT à la praxis de Marx (PRAXIS:parcequ'on ne divise pas l'homme en manuel ou intellectuel, pour illustrer simplement) et COLLECTIVEMENT
(pas de division là non plus en atomes humains isolés;et personne n'a le privilège de dénier à un autre sa singularité, ses différences personnelles , ni de les transformer en inégalité, cf. Rousseau: discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes); on s'attache à cette praxis ICI et MAINTENENT, nouveau moment dialectique lié nécessairement aux précédents ,non pour s'y ensevelir mais pour permettre au processus de se poursuivre, POUR INVENTER
L'AVENIR, pour l'avenir il n'y a pas de nécessité (sinon il n'y aurait qu'à attendre) mais on ne peut faire n'importe quoi, il y a des conditions qu'il faut maîtriser, si nous ne le faisons pas d'autres le feront, c'est ce que nous vivons aujourd'hui avec ce que certains appellent pudiquement " un mouvement social",
REVOLUTION, camarades, ou parlons comme les capitalistes: c'est la
CRISE.
J.C. Lanvin.
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