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11 thèses sur le marxisme et le Pcf du 21e siècle Un nouveau congrès extraordinaire du PCF va se dérouler dans les conditions ( internes et externes) que nous connaissons, après les échecs cuisants des dernières consultations électorales. Ces échecs sont dus, certes, à une bipolarisation engendrée par la 5ème république, mais également aux erreurs grossières et assassines d'une direction qui n'a en perspective que durer dans un appareil de parti et qui a abandonné la lutte de classe ainsi que l'analyse marxiste de la société capitaliste, cette direction n'est plus au service des travailleurs. Contre le risque de voir disparaître notre parti, je propose une dizaine de thèses pour la réflexion des militants, qui certes peuvent non seulement être discutées, mais amendées et complétées par tous les camarades qui le souhaitent. Nous publierons cet échange d'idées 1/ Capitalisme et Libéralisme a) Le capitalisme est la forme économique, et par là sociale, dont les buts sont d'accumuler les richesses libérées par les surplus générés par le travail au profit des tenant du pouvoir économique (usines, banques, bourses, etc.) b) Le libéralisme économique est la phase politique pour parvenir à la forme d'organisation du capitalisme tendant à dominer le " marché ". La mondialisation est un aspect de ce libéralisme qui, donc, est intimement lié au capitalisme générateur de misères pour le peuple. En luttant contre le libéralisme, on attaque bien sur le capitalisme, mais le doute est semé dans les esprits quant à la responsabilité de cette misère alors qu'elle est uniquement le fait du système capitaliste Le libéralisme a toujours deux facettes attachées au régime économique : Le libéralisme économique et le libéralisme politique Le libéralisme politique, en dehors du système économique, était une conception libératrice issue de la révolution française prenant son inspiration dès l'antiquité dans la Grèce et n'a rien de commun avec le libéralisme actuel, celui-ci n'étant " que la liberté du renard dans le poulailler " sic K.MARX Le libéralisme de la révolution Française possédait bien les deux facettes (politique et économique) L'économie d'alors étant La naissance de la bourgeoisie capitaliste 2/ Les contradictions du système capitaliste se font essentiellement, entre le capital et les peuples exploités, par la recherche , toujours plus grande, du profit maximum d'une part et d'autre part entre les forces du capital lui-même. Ceci mène notre société à des ruptures, qui se manifestent par des crises économiques, des révoltes, ou des guerres et hypocritement à des collaborations de classe. Cette société est donc en perpétuelle crise économique et sociale. 3/ A cette société capitaliste, nous opposons la possibilité d'une autre forme de vie qui tendrait à mettre en commun les richesses produites par l'activité du travail, et par ce moyen, à supprimer les antagonismes de classes (le capitalisme disparaissant). Cela ne résout pas d'un coup de baguette les problèmes inhérents à toutes sociétés en régime capitaliste. Pour mémoire, la première tentative de socialisme reste à analyser, pour éviter les erreurs alors commises. 4/ Le rôle d'un parti communiste est de mener la bataille politique d'explication sur la nocivité du capitalisme et de formuler des propositions pour parvenir à sa suppression, dans le cadre national mais en liaison étroite avec les mouvements populaires dans le monde, donc la recherche d'une internationale nouvelle échappant a tout dirigisme. Son orientation est sans cesse de préparer concrètement la transformation révolutionnaire, sans attendre la spontanéité des masses Qui reste plus qu'aléatoire 5/ Pour parvenir à battre définitivement le capitalisme, plusieurs écoles sont avancées : a) La voie réformiste qui peut satisfaire des revendications momentanées, mais qui sans cesse, sont remises en cause dès que le capitalisme relève la tête. car ces réformes ne touchent pas au fondement du capitalisme qui est la propriété privée des moyens de production et d'échanges. Ce peut être une voie utile pour aguerrir la classe ouvrière, à condition de ne pas sombrer dans une telle orientation " comme fin en soi. " Le capitalisme garde toute sa nocivité et ses désirs de revanche, tels les attaques actuelles sur toutes les conquêtes du front populaire et de l'après guerre. b) La voie de rupture révolutionnaire est l'unique possibilité pour passer du capitalisme au communisme, via les phases du socialisme. (L'aboutissement du marxisme, c'est le communisme, société sans classe supprimant l'aliénation, alors que le socialisme n'est qu'une phase transitoire et doit être la plus courte possible La voie de rupture est le premier pas à franchir pour mettre en place un socialisme, Ce n'est pas l'appel à un conflit armé, mais à des conquêtes, sous la pression des masses qui leur permettront de mieux combattre puis de prendre le pouvoir économique par la socialisation des grands moyens de production et d'échanges, des banques etc. La violence révolutionnaire est toujours la responsabilité de la bourgeoisie c'est toujours une violence contre révolutionnaire C'est donc là toute la tâche d'un parti communiste. (Tout en traduisant les intérêts exprimés par les masses en lutte et montrer le chemin possible pour une société communiste passant par des étapes socialiste). 6/ Les moyens théoriques, pour combattre le capitalisme, nous sont apportés par le marxisme, adapté dans ces formes à notre époque et au visage actuel du capitalisme. Celui-ci, dans ses racines, n'a pas changé d'objectifs qui sont, nous le rappelons, le pillage, pour son profit, des ressources du monde et du profit maximum tiré du travail humain. Depuis les thèses de Marx, le capital a sans cesse adapté ses formes d'exploitations. Aujourd'hui, le libéralisme est une de ces adaptations voulues par la montée en puissance de l'impérialisme qui semble être sa forme suprême d'organisation mondialisée. L'organisation Européenne ayant la charge d'un secteur de la planète 7/ La politique et le fonctionnement d'un parti communiste. La philosophie communiste est vivante, c'est une philosophie de l'histoire ; elle ne peut que prendre en compte sans cesse les conditions d'exploitations du capital et elle doit se servir de ses erreurs et de ses victoires pour aboutir. Les révolutions soviétique, chinoise, et autres ont été porteuses de grands espoirs. Nous devons analyser toutes les raisons qui ont permis, notamment en URSS, au recul et au rétablissement du capitalisme. Ce travail doit être exécuté aussi par nos instances dirigeantes qui se sont réfugiées, jusqu'alors, dans l'idéologie dominante, discréditant par avance toutes possibilités de changement socialiste de société, vers le communisme 8/ Nous avons des approches différentes sur ce problème comme sur d'autres Il est donc nécessaire de pratiquer des échanges de vues démocratiques et cette démocratie, qui fait tant défaut au sein du parti, doit être protégée par des règles. Les votes en finalité des débats sont insuffisants. La démocratie doit être présente lors de l'élaboration des débats d'idées et des choix de luttes; la représentation des courants ou sensibilités qui traversent le parti doit pouvoir, non seulement s'exprimer, mais avoir les moyens de faire partager leurs vues sans interdit , dans un esprit de camaraderie Par contre, tout débat sanctionné par le vote des militant doit interdire des positions publiques opposées, et ces votes devenant des lois temporaires pour tous sans pour autant ôter la liberté de pensée de chacun. Il ne s'agit pas de rétablir l'ancien centralisme qui n'a jamais été démocratique, mais de parvenir à des positions communes, librement consenties, mais aussi librement discutées et construites. Le centralisme prôné par Lénine n'avait d'autre but que de resserrer les rangs des révolutionnaires de la révolution soviétique.Ce centralisme " dit démocratique " que nous avons connus n'était qu'une vue stalinienne mise en place, dont le but dans la réalité, fut le pouvoir personnel a tout les niveaux. Disparition du rôle du peuple par une démocratie directe initiée par les soviets qui furent réduits en chambres d'enregistrements et non en contre pouvoir 9/Le parti doit être porteur de propositions pour la disparition de la société capitaliste vers le communisme via le socialisme. Il n'est cependant pas la seule force politique qui puisse y prétendre. Notre force politique doit proposer au peuple les chemins possibles, mais toujours agir pour le peuple et par la volonté du peuple, car sans ce peuple décideur de son devenir, le parti n'est rien ! Nos directions sont avant tout préoccupées de leur reconduction en places, tout notre passé le démontre. Il y a lieu de repenser nos institutions et le rôle que doivent remplir nos dirigeants, nos élus, nos permanents etc. 10/ Depuis plusieurs décennies, la culture politique et historique a été mise de côté. Les écoles de bases n'existent plus, la formation politique de nos cadres n'est plus assurée, ceci étant explicite par la volonté de dévoiements de l'identité communiste avec dans la dernière période, la prétendue " mutation " qui n'est qu'un glissement réformiste vers la droite et un abandon de la politique de classe. Il y a donc lieu de former a nouveau politiquement nos adhérents et nos cadres, avec un programme théorique sérieux , basé non seulement sur les écrits de Marx , mais également avec les apports des innombrables auteurs marxiste contemporains ainsi que l'histoire de luttes populaires tant nationales qu'internationales 11 les alliances Nous avons besoin d'alliances pour l'ensemble de nos combats, dans les milieux de la classe ouvrière, mais aussi avec des forces venant des autres couches de la population, (techniciens, cadres moyens, enseignants) etc. La classe ouvrière ne pouvant a elle seule en finir avec le capitalisme Ces alliances ont deux orientations Alliances pour des conquêtes sociales immédiates (réformistes mais entraînant au combat de classe) les résultats peuvent avoir des conséquences positives sur le niveau de vie ; c'est résultats, ces conquêtes sociales resteront toujours éphémères, le capitalisme cherchant sans cesse a les remettre en question. Nous en avons la démonstration sur les attaques faites sur l'ensemble des conquêtes acquises depuis 36. Alliances nécessaires également pour la conquête du pouvoir par le peuple en effet le prolétariat doit être la force motrice du changement mais il ne peut a lui seul y parvenir Dans tout les cas ces alliances doivent donc avoir de fortes assises dans la population et ne peuvent aboutir par la seule volonté des sommets des partis ; nos réussites passées le démontrent. En 1936 le front populaire a été construit par les travailleurs sur la base d'idées émise par le PCF d'un front " pour le pain, la paix, la liberté " c'est ce programme qui a contraint la SFIO et les Radicaux a se rallier En 1945 C'est le peuple en lutte contre l'occupant qui a constitué une force considérable et par là a obtenu que le programme du CNR soit signé Les conditions de 68 sont, elles différentes, mais c'est bien la poussée immense des travailleurs qui abouti aux accords de grenelles Par contre le programme commun s'est effondré car il fut crée aux sommets sans réelle participation du peuple Depuis la recherche du PCF est orientée vers des forums qui ne concernent qu'un nombre limité de participants loin de l'action de masse (d'ailleurs nous avons détruit nos organisations dans les usines) Enfin la création d'un nouveau parti lié aux sociaux-démocrates est contraire à l'objectif qui doit être le notre " la disparition du système économique capitaliste " les socialistes ne sont que des réformistes et le changement ne peut s'opérer que par des poussées de ruptures révolutionnaires Michel Mélinand
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